« Il s'investit vraiment ! »

Julie Brott et Lisa Doganieri, du Festival de musique de chambre de Montréal, Peter R. McAuslan, président et directeur général de la Brasserie McAuslan, et Denis Brott, directeur artistique et conseiller administratif du Festival de musique de chamb
Photo: Jacques Grenier Julie Brott et Lisa Doganieri, du Festival de musique de chambre de Montréal, Peter R. McAuslan, président et directeur général de la Brasserie McAuslan, et Denis Brott, directeur artistique et conseiller administratif du Festival de musique de chamb

Homme du monde, philanthrope, mécène, peu importe l'expression choisie, elle colle bien à la peau du généreux entrepreneur Peter McAuslan, président et directeur général de la Brasserie McAuslan. Le 3 décembre dernier, le Montréalais s'est vu remettre le prix Personnalité Arts-Affaires pour l'ensemble de son oeuvre auprès de la communauté artistique.

«Le prix Personnalité Arts-Affaires, c'est Peter McAuslan. Il incarne ce prix-là», lance d'emblée Jeremy Hechtman, producteur du Festival Saint-Ambroise Fringe de Montréal et l'un de ceux qui ont posé la candidature du mécène auprès du Conseil des arts de Montréal et de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.

Décerné à un individu qui a apporté son appui à des organismes artistiques et culturels montréalais, le prix Personnalité Arts-Affaires souligne la qualité, l'esprit novateur et la constance du soutien du récipiendaire. En guise de trophée, le gagnant remporte une oeuvre d'art créée par le collectif multidisciplinaire de design Rita, formé de Karine Corbeil, Stéphane Halmaï-Voisard et Francis Rollin. Seuls des organismes artistiques et culturels peuvent soumettre des candidatures: celle de M. McAuslan a été largement appuyée.

Un emploi à temps plein

«Peter McAuslan s'engage dans tellement de choses qu'on dirait que sa journée dure plus de 24 heures», affirme Denis Brott, directeur artistique du Festival de musique de chambre de Montréal, événement soutenu par M. McAuslan depuis maintenant 14 ans.

Il faut dire que le philanthrope cumule les engagements sociaux et artistiques, aussi diversifiés soient-ils. En 2008 seulement, il a occupé les fonctions de président des conseils d'administration du Festival de musique de chambre de Montréal et du Empress Cultural Centre, en plus d'être conseiller pour le English Language Arts Network ainsi que partenaire avec le Festival Saint-Ambroise Fringe et le Festival des films du monde. Tout cela en poursuivant ses activités au sein de la brasserie McAuslan!

Autant financièrement que personnellement, l'entrepreneur paraît très dévoué aux projets qu'il appuie. «Tout d'abord, il nous aide par ses conseils et sa sagesse comme homme d'affaires, explique M. Brott. Ensuite, au niveau monétaire, il nous soutient aussi beaucoup. Par exemple, chaque année, nous avons une campagne de financement. Il est toujours là, il donne des prix, il anime, il s'assure que les gens importants sont là pour nous appuyer... Il s'investit vraiment!»

Même son de cloche du côté du Festival Saint-Ambroise Fringe. «Pour nous, c'est très difficile de trouver des commanditaires. Au Québec, peu de gens veulent donner des sous pour faire de l'art. Peter McAuslan le fait et, en plus, il n'aide pas que nous. Il prend soin de sa communauté locale. Il n'est pas notre commanditaire pour vendre plus de sa bière. Il est notre commanditaire parce que c'est une façon de faire quelque chose de bien pour la population», soutient M. Hechtman.

Lorsqu'on lui rappelle son horaire chargé et qu'on le questionne sur sa façon de parvenir à tout accomplir, Peter McAuslan répond modestement: «Je n'ai pas tant de mérite. Tout ça me procure un grand plaisir parce que ce sont des choses que j'aime. Oui, je donne mon appui à certains projets, mais je crois que je prends plus que je donne!»

Aux dires de ses collaborateurs, il n'est pas surprenant que le mécène minimise la portée de son engagement.

«C'est un homme très approchable, qui ne se donne pas de faux airs, qui ne se prend pas pour quelqu'un d'autre. Peter McAuslan, c'est quelqu'un avec qui on a envie d'aller prendre une bière!», affirme Denis Brott, le sourire dans la voix.

Que des éloges

Partout où il offre son aide, M. McAuslan ne récolte que des éloges. «Il a été parmi les premiers à réaliser le potentiel de notre festival, malgré le fait que la musique de chambre n'était pas nécessairement son domaine, souligne Denis Brott. Il a vu comment le Festival de musique de chambre était un porte-parole pour la ville de Montréal, aux niveaux national et international. Il a toujours été là pour nous aider dans la mesure de son possible!»

Du côté du Fringe, on apprécie particulièrement le courage du mécène. Comme le festival fonctionne sans jury et ne pratique aucune censure, plusieurs spectacles présentés sont risqués et reçoivent parfois la désapprobation du public. Il n'est pas rare que des spectateurs offensés manifestent leur désaccord!

«Les commanditaires n'aiment pas être associés aux projets risqués. Mais Peter McAuslan est différent. Il défend toujours le festival et explique que ce qu'il commandite, ce sont l'énergie et l'intégrité de celui-ci. Il préfère nous soutenir et prendre le risque, parce qu'il croit en ce que nous faisons. C'est ce qui m'impressionne le plus chez lui», assure M. Hechtman.

Un grand honneur... à partager !

Pour Peter McAuslan, remporter le titre de Personnalité Arts-Affaires est un grand honneur. En 1991, dans le cadre du même concours, la Brasserie McAuslan avait remporté le prix PME. L'entrepreneur se souvient que, alors, Bernard Lamarre, PDG de Lavalin, avait été nommé Personnalité Arts-Affaires: «J'avais été très impressionné. Pour moi, aujourd'hui, c'est vraiment un honneur de recevoir le même prix que cet homme qu'on ne peut qu'estimer!»

Preuve que le mécène pense toujours à sa communauté, son premier commentaire concernant l'obtention du prix fut de dire que celui-ci l'aiderait à gagner en crédibilité pour défendre les dossiers de ceux à qui il apporte son aide... Comme quoi recevoir un tel prix ne fait pas que souligner les accomplissements du passé, mais stimule tout autant ceux à venir.

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