« Il transmet sa passion à ceux qui le rencontrent »

À 36 ans, Alexandre Taillefer n'a pas tout à fait le profil type du mécène. Depuis peu sauveteur d'opéra, grand amateur et collectionneur d'art, l'homme qui a fait fortune en créant une boîte de jeux vidéo pour sans-fil s'investit pleinement dans la préservation et la promotion de la culture. En jetant un rapide coup d'oeil à ses activités, on comprend vite pourquoi il était en lice pour remporter le prix Personnalité Arts-Affaires...

S'il n'est pas tout à fait à l'aise, semble-t-il, avec le terme de «mécène», Alexandre Taillefer consacre toutefois une bonne partie de son temps et de son argent à l'art. Passionné par la culture, il est particulièrement reconnu pour son engagement auprès de l'Opéra de Montréal, organisme qu'il a rescapé d'un déficit de deux millions en moins de deux ans.

Nommé président du conseil d'administration de l'opéra alors qu'il y siégeait depuis seulement deux ans, Alexandre Taillefer a profité d'un congé sabbatique, après avoir quitté son entreprise, pour installer ses bureaux à la Place des Arts et s'atteler à la tâche d'une importante restructuration.

«Quand un organisme culturel ne va pas bien, quand le bateau coule, ce n'est pas évident que des gens veuillent bien rester à bord, relever des défis et préparer la restructuration, souligne Pierre Dufour, directeur général de l'Opéra de Montréal. Ce n'est pas donné à tout le monde de prendre six mois de sabbatique et de s'engager 30 heures par semaine dans un organisme culturel. Même si certains ont les moyens financiers de le faire, ce n'est pas tout le monde qui décide d'agir de la sorte! Alexandre l'a fait et notre succès est en grande partie lié à son engagement.»

Des oeuvres aussi

Il n'y a pas que les gens de l'Opéra de Montréal qui sont ravis de l'engagement de M. Taillefer. Les amateurs d'art contemporain aussi. En plus d'investir largement à titre personnel dans l'achat d'oeuvres diverses, il soutient la communauté artistique par des dons et n'hésite pas à offrir son temps bénévolement. C'est d'ailleurs pour cette raison que Réal Olivier Lanthier, cofondateur de la galerie Art Mûr, a décidé de poser la candidature du philanthrope auprès du Conseil des arts de Montréal et de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.

«Ce qui est tout à fait louable, c'est que le travail que fait Alexandre, il ne le fait pas au nom d'une entreprise. Il ne le fait pas pour le pécule, ses impôts ou un quelconque avantage fiscal. Il le fait vraiment par passion. Il a de la "drive", il a le désir de partager. Il est un peu comme un virus, il transmet sa passion à ceux qui le rencontrent. Les collectionneurs qui sont invités chez lui sont ébahis par sa collection et développent souvent un goût pour des choix plus courageux et plus audacieux», souligne M. Lanthier.

Père de jeunes enfants, marié et toujours président d'une entreprise — cette fois, de karaoké — Alexandre est l'un des rares entrepreneurs de sa génération à investir dans la culture. Chose certaine, se démarquant par son penchant philanthropique avéré, son goût certain pour les arts et sa capacité à transmettre sa passion à quiconque l'entoure, dans le paysage montréalais, le mécène trentenaire fait plutôt exception que règle!

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