Pour un million et demi de dollars par année

En matière de mécénat, le Québec est souvent considéré comme le parent pauvre du Canada. Question de tradition ou de moeurs, peu de gens d'affaires québécois ont tendance à exploiter leur fibre philanthropique. La Montréalaise Phoebe Greenberg a choisi de faire autrement et, par le biais de la Fondation DCH/ART, elle contribue grandement au développement de la culture. Considérée comme l'une des femmes les plus engagées dans le milieu, elle était l'une des potentielles lauréates du prix Personnalité Arts-Affaires cette année.

Édouard Lock, le réputé créateur aux multiples talents et fondateur de La La La Human Steps, est l'un de ceux qui ont posé la candidature de la philanthrope auprès du Conseil des arts de Montréal et de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.

«Je pense que Mme Greenberg a affiché énormément d'engagement au niveau de la communauté, de ses projets architecturaux, des avenues et des conversations qu'elle a ouvertes entre l'art au plan international et la communauté montréalaise. C'est très bénéfique pour la ville et pour le milieu culturel en général», explique-t-il lorsqu'on lui parle de ses motivations à poser la candidature de la grande amoureuse des arts.

Actions directes

Il faut dire que, étant à la tête de la fondation de mécénat DCH/ART qu'elle a créée en 2007, Phoebe Greenberg finance de nombreux projets artistiques et soutient grandement la communauté. Que ce soit en commandant des oeuvres à des artistes ou en préparant des expositions dans son espace de diffusion du Vieux-Montréal, elle verse près de 1,5 million de dollars par année aux créateurs contemporains. Des artistes comme Sophie Calle, Marc Quinn, Nancy Davenport et Christian Marclay ont pu faire connaître leurs oeuvres au public montréalais grâce à la philanthrope.

Peu encline à se placer sous les projecteurs, Phoebe Greenberg a accueilli cette nomination avec modestie: «Je suis une personne gênée de nature et lorsque j'ai appris que j'étais en nomination pour ce prix, j'étais un peu mal à l'aise. Je pense qu'il est important de souligner non seulement mon rôle, mais aussi celui de tous ceux qui contribuent à nos efforts artistiques. Je suis toutefois très honorée d'être considérée pour recevoir un tel prix de la part de la communauté!»

Selon Édouard Lock, Mme Greenberg incarne tout à fait ce que devrait être la Personnalité Arts-Affaires. Heureux de souligner l'apport de la philanthrope montréalaise, il soutient qu'il est fort important de reconnaître les actions qu'elle pose par le truchement de sa fondation.

«Il ne faudrait pas commencer à prendre, prendre et prendre sans jamais redonner, confie-t-il. Il y a toujours un plaisir à recevoir une reconnaissance de ses pairs, des gens qu'on côtoie, avec qui on travaille, avec qui on partage une communauté. C'est important de reconnaître les gestes que des gens comme Mme Greenberg posent. Pour moi, c'est aussi un grand plaisir de le faire!»

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