Grandes entreprises - La STM a à coeur le développement culturel de la métropole

Manon Blanchette, directrice générale, et Madeleine Juneau, présidente de la Société des directeurs des musées montréalais, Claude Trudel, président de la Société de transport de Montréal, et Rose-Marie E. Goulet, artiste sculpteure
Photo: Jacques Grenier Manon Blanchette, directrice générale, et Madeleine Juneau, présidente de la Société des directeurs des musées montréalais, Claude Trudel, président de la Société de transport de Montréal, et Rose-Marie E. Goulet, artiste sculpteure

La Société de transport de Montréal (STM) a obtenu le prix Arts-Affaires dans la catégorie Grande Entreprise pour sa contribution au développement artistique et culturel de la métropole, le 2 décembre dernier. Ce prix est décerné annuellement par le Conseil des arts de Montréal et la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.

Le président de la STM, Claude Trudel, est enchanté de la reconnaissance que lui expriment la Chambre de commerce du Montréal métropolitain et le Conseil des arts de la métropole. «On est actif dans le domaine des arts et on le sera encore plus à l'avenir. Le fait de recevoir ce prix ajoute à la crédibilité de la STM comme partenaire du milieu culturel. Ça va être plus facile de développer des projets à l'avenir», croit-il.

Claude Trudel, qui déjà été sous-ministre adjoint aux Affaires culturelles à la fin des années 1970, ne peut s'empêcher de louer l'importance de l'art pour la société.

Selon lui, les entreprises publiques ou privées doivent faire leur part pour encourager la création. «Puisque nous sommes un joueur important dans la ville de Montréal, on pense que c'est aussi notre devoir comme citoyen corporatif de soutenir le milieu des arts.»

Reconnaissance des musées montréalais

La candidature de la STM au prix Arts-Affaires a été proposée par la Société des directeurs de musées montréalais (SDMM). Depuis 1987, la STM leur fournit gratuitement une quarantaine d'autobus lors de la Journée portes ouvertes des musées de la métropole. Ces navettes permettent aux visiteurs de voyager facilement et gratuitement entre les musées. Lors de la dernière édition, le 25 mai, on a comptabilisé 135 000 visites dans les 29 musées participants.

«La participation de la STM est essentielle dans l'organisation de la Journée des musées montréalais», note Manon Blanchette, directrice générale de la SDMM. Le but de cet événement est de démocratiser l'accès aux musées. L'aspect transport est essentiel.» Surtout que les établissements sont éparpillés d'un bout à l'autre de l'île, de Lachine à Saint-Laurent en passant par Pointe-Claire.

La STM participe à l'élaboration des circuits d'autobus et donne aussi un coup de pouce pour la publicité. L'événement est en effet annoncé à l'intérieur du réseau. «Le projet auquel la STM adhère devient le sien, remarque Manon Blanchette. C'est une clé essentielle du succès de notre collaboration.»

La Société de transport participe aussi au financement et à la promotion de la Carte musées Montréal, un passeport culturel qui donne un accès libre à tous les musées membres de la SDMM et au réseau de transport durant trois jours, pour une cinquantaine de dollars.

Fréquentation accrue

Selon Mme Blanchette, les musées bénéficient grandement de cette initiative. Depuis que le transport en commun a été ajouté à l'offre de la Carte musées Montréal, il y a cinq ans, les ventes ont quadruplé. Selon la SDMM, la STM favorise la vente de quelque 10 000 Cartes musées par année et contribue ainsi à près de 45 000 visites dans les musées de la ville.

«La STM nous a aidés à augmenter la notoriété et la fréquentation des 34 musées de Montréal, souligne la directrice de la SDMM. Pour nous, soumettre sa candidature était un moyen de lui montrer notre reconnaissance, de lui dire merci publiquement.»

En plus d'appuyer les musées montréalais, la STM commandite les événements métrOpéra, ces minirécitals offerts dans les stations de métro par de jeunes chanteurs professionnels qui participent au programme de perfectionnement offert par l'Atelier lyrique de l'Opéra de Montréal.

La Société de transport appuie aussi le festival Montréal en lumière. Depuis quatre ans, la STM collabore avec les organisateurs de la Nuit blanche afin d'offrir aux milliers de festivaliers un service de navettes entre les divers lieux d'activité, durant toute la nuit.

Trophée bien mérité

La STM a été choisie comme récipiendaire du prix Arts-Affaires catégorie Grande Entreprise parmi neuf finalistes, dont Aéroport de Montréal, le Mouvement des caisses Desjardins, la Financière Sun Life, General Motors, Rio Tinto Alcan, la SAQ, Telus et Technicolor.

Quatre aspects étaient notés par le jury, soit la pertinence du soutien, l'aspect novateur, la constance et les retombées pour l'organisme.

Selon Danielle Sauvage, directrice du Conseil des arts de Montréal, la STM s'est entre autres démarquée par la continuité de son engagement auprès des musées de la ville, qui dure depuis 22 ans.

L'originalité de sa commandite a aussi été prise en compte. Le jury a été séduit par le concept de la Carte musées Montréal, selon Mme Sauvage. «C'est une formule gagnante qu'on retrouve dans plusieurs grandes villes du monde.»

Le large soutien du milieu culturel a aussi pesé dans la balance, ajoute la directrice du Conseil des arts de Montréal. Une vingtaine de musées montréalais, dont le Biodôme, le Centre des sciences et le Musée d'art contemporain, ont écrit une lettre d'appui à la candidature de la Société de transport.

«On espère qu'on va encourager la STM à poursuivre ses initiatives dans le domaine des arts, dit Mme Sauvage. C'est un peu ça le but de ce prix: stimuler la générosité des commanditaires et les encourager à poursuivre en reconnaissant leurs bons coups.»

Aller de l'avant

Claude Trudel promet de travailler en ce sens. D'ailleurs, une nouvelle collaboration entre la SDMM et la STM est pour bientôt. Dès janvier 2009, les familles pourront bénéficier d'un rabais sur le prix d'entrée dans les musées montréalais en présentant un titre de transport valide, les dimanches et les jours fériés.

D'autres projets sont aussi à prévoir. En septembre dernier, la STM a créé son propre Comité des arts et de la culture. «Son rôle va être de fournir une orientation pour que l'entreprise prenne de plus en plus de place dans le milieu des arts et de la culture.» Les membres de ce comité seront nommés en janvier.

M. Trudel a déjà plusieurs idées en tête. La STM évalue actuellement la possibilité d'accueillir des artistes en résidence, en collaboration avec le Conseil des arts et des lettres du Québec, raconte-t-il. Ces artistes pourraient développer des projets personnels pour embellir le mobilier urbain de la STM.

L'entreprise veut aussi s'inspirer de sa collaboration avec l'artiste Rose-Marie E. Goulet, qui avait conçu une oeuvre visuelle et sonore dans une voiture de métro en 2007. Selon M. Trudel, cette initiative pourrait être imitée dans quelques-uns des nouveaux wagons que la STM compte acquérir d'ici six ans.

Claude Trudel songe aussi à instaurer des minibibliothèques dans les stations de métro de la métropole en 2009, en s'inspirant du modèle développé à Madrid. «Quand on sait que le passe-temps favori des usagers du métro est la lecture, l'idée d'une collaboration avec la Bibliothèque nationale du Québec semble aller de soi. Avec 350 millions de passagers par année, on peut rejoindre un large public.»

«Pendant plusieurs années, la STM a été très tranquille, dit-il. On commence à prendre notre place. C'est pour ça qu'on est ravi de recevoir ce prix. On veut vraiment être une entreprise qui participe à la vie montréalaise et être visible.»

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Collaboratrice du Devoir

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