Éric-Emmanuel Schmitt, président d'honneur de Montréal en lumière - Ma vie avec Mozart sera le point fort d'une édition aux couleurs de Paris

Alors que Marie Chouinard ouvrira le festival, Pierre Lapointe reviendra avec Mutantès. Les voici  avec le président de Montréal en lumière, Michel Labrecque.
Photo: Jacques Grenier Alors que Marie Chouinard ouvrira le festival, Pierre Lapointe reviendra avec Mutantès. Les voici avec le président de Montréal en lumière, Michel Labrecque.

Le festival Montréal en lumière aura des airs de Paris l'hiver prochain, puisqu'en lieu et place des opéras mis en scène par François Girard, abandonnés faute de subventions, c'est le spectacle Ma vie avec Mozart, de l'auteur français Éric-Emmanuel Schmitt, et toute une volée d'artistes français qui sont présentés comme les temps forts de cette édition anniversaire.

Pour fêter les dix ans du festival hivernal, l'auteur à succès Éric-Emmanuel Schmitt vient d'ailleurs d'être choisi pour assumer la présidence d'honneur du volet consacré aux arts, présidence qui avait d'abord été offerte au metteur en scène François Girard. L'écrivain et dramaturge présentera ce spectacle créé dans la foulée du succès de librairie remporté par son livre Ma vie avec Mozart, qui raconte le rôle majeur qu'a joué le compositeur tout au long de la vie de l'auteur, le sauvant même du suicide et de la dépression.

Accompagné des musiciens d'I Musici et du jeune comédien Benoît McGinnis, Schmitt livrera des extraits de son texte sur la scène du théâtre Maisonneuve. Rappelons toutefois que cette production avait reçu en 2006 un accueil mitigé de la part des critiques français, Le Point déplorant que la musique et le jeu du comédien ne suffisent pas «à exhausser ces souvenirs sanctifiés de pâmoison et d'encens», alors que Les Échos qualifiait le texte de «béat et bêta».

Par ailleurs, comme l'annonçait hier Le Devoir, c'est la compagnie de danse Marie Chouinard qui donnera le coup d'envoi du festival le 18 février, en remplacement des opéras Le Vol de Lindberg et Les Sept Péchés capitaux, avec son oeuvre Orphée et Eurydice, déjà présentée à Montréal.

Dans un programme bleu-blanc-rouge signé Paris, Montréal en lumière recevra notamment l'humoriste français Guy Bedos, une sélection des meilleurs numéros du Festival du cirque de demain et Michel Fugain, Betty Bonifassi, Agnès Bihl, Thomas Hellman, tous réunis dans Paris pour moi..., un cabaret en chansons mis en scène par Monique Giroux, en guise de spectacle de clôture. La chanteuse Nathalie Lhermitte présentera au Gesù Piaf, une vie en rose et noir, une musicographie théâtralisée donnant voix aux différents personnages qui ont marqué la vie de la Môme, tout en reprenant ses plus grands succès.

À cette équipée française s'ajoutent plusieurs artistes québécois, dont Pierre Lapointe qui revient avec Mutantès, présenté l'été dernier aux FrancoFolies, Catherine Major, Alexandre Désilets et Giorgia Fumanti, ainsi que les formations Constantinople, Intakto et Rémi Bolduc Jazz ensemble.

Le collectif de cirque Les 7 doigts de la main proposera quant à lui, sur le site du Vieux-Port, une version gourmande de son plus récent spectacle La Vie, où acrobates et gueuletons se mêleront en un menu alléchant sous la tente.

Côté musique classique, l'OSM offrira une soirée toute française dédiée à Saint-Saëns et à Berlioz, I Musici fera renaître Le Boeuf sur le toit de Darius Milhaud, alors qu'Angèle Dubeau présentera avec La Pietà et Albert Millaire Gargantua et autres plaisirs. Le célèbre contre-ténor Daniel Taylor unira sa voix céleste à celle de dame Emma Kirby dans des duos sacrés de Handel, puis à celle de Suzie Leblanc et du choeur du Théâtre of Early dans Didon et Énée de Purcell.

Hier, le président de Montréal en lumière, Michel Labrecque, a soutenu que les finances de son organisme se portaient bien, même s'il a été décidé, au début du mois, d'annuler les deux opéras prévus pour l'ouverture. «Il n'y a aucun Bernie Ecclestone de ce monde qui peut nous retirer du calendrier, on est là, tenaces», a-t-il lancé à la blague. Cela dit, il reconnaît que le contexte financier actuel entraîne le choix de spectacles moins risqués, dont le budget ne dépasse pas les 75 000 $, alors que celui des opéras prévus s'élevait à un million. «Les commanditaires nous ont dit: il n'y aura pas de bonification pour le dixième», dit-il.

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