Liban - Découverte historique d'un cimetière phénicien à Tyr

Plus de 60 grandes jarres de 50 centimètres de profondeur et hermétiquement fermées ont été retrouvées sur le site, éparpillées sur une superficie d’environ 300 mètres carrés.
Photo: Agence France-Presse (photo) Plus de 60 grandes jarres de 50 centimètres de profondeur et hermétiquement fermées ont été retrouvées sur le site, éparpillées sur une superficie d’environ 300 mètres carrés.

Tyr, Liban — Un important cimetière remontant à l'époque phénicienne et qui pourrait aider à mieux comprendre cette civilisation a été découvert par une mission libano-espagnole à Tyr, ville côtière du sud du Liban, ont annoncé hier les responsables des fouilles.

«Cette découverte représente pour le moment la plus importante source d'informations pour mieux connaître l'histoire des Phéniciens en Orient», explique Ali Badaoui, archéologue et responsable pour le ministère libanais de la Culture des vestiges à Tyr.

Selon les premières estimations, le cimetière retrouvé presque intact à l'entrée est de la ville remonterait à une période allant du IXe au VIIe siècle avant Jésus-Christ.

«L'importance de ce cimetière est qu'il se trouve dans l'une des principales villes phéniciennes», affirme Maria Aubet, professeur d'archéologie et chef de la mission de l'Université Pompeu Fabra de Barcelone, qui a effectué les fouilles aux côtés d'archéologues libanais.

Selon M. Badaoui, plus de 60 grandes jarres de 50 centimètres de profondeur et hermétiquement fermées ont été retrouvées sur le site, éparpillées sur une superficie d'environ 300 mètres carrés, avec des os brûlés à l'intérieur.

«La tradition chez les Phéniciens était de brûler les cadavres et les os des morts», explique Mme Aubet.

Une quarantaine d'autres, plus petites, ont été également découvertes, entièrement vides.

«Pour les Phéniciens, il s'agissait d'un rituel symbolique qui consistait à enterrer le corps et l'âme ensemble, souligne de son côté M. Badaoui. Ainsi, les grandes jarres comprendraient les os, tandis que les petites renfermeraient l'âme» du défunt.

«Ces os vont permettre de mieux comprendre le régime alimentaire et le niveau social de ceux qui ont été enterrés ici», selon lui.

Le site a été découvert en 1997. Le dernier chantier, qui a débuté il y quatre ans, a été interrompu en 2006 en raison de la guerre entre le Hezbollah chiite et Israël, qui a dévasté le sud du Liban.

Les Phéniciens étaient un peuple antique de navigateurs et de commerçants.

Tyr était la principale cité-État du territoire de la Phénicie, qui correspond plus au moins au Liban actuel. Byblos, Sidon et Berytos (Beyrouth) figuraient parmi les autres grandes villes.

De nombreux vestiges antiques ont été mis au jour ces dernières années au Liban.