Une étude sur l'évolution de son financement - Le CALQ huit ans plus tard...

C'est la semaine des statistiques culturelles. Après le rapport général de Statistique Canada sur le financement de la culture au pays et l'analyse de l'impact des festivals et événements culturels, dévoilés plus tôt cette semaine, c'est maintenant au tour du Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ) de proposer des données sur l'évolution de son financement.

«Trois périodes ont marqué l'évolution du financement du secteur des arts et des lettres par le Conseil entre 1994-95 et 2000-01: les années de démarrage, de mise en place des politiques sectorielles [livres, diffusion des spectacles, etc.] et d'ajouts de crédits non récurrents de 12 millions», dit le document officiel diffusé hier.

Rappelons que sept millions, mais récurrents ceux-là, ont été ajoutés au budget en 2001-02, pour une légère baisse de cinq millions du budget du CALQ par rapport à l'année précédente. L'an prochain, une nouvelle tranche de sept millions supplémentaires étoffera l'enveloppe du CALQ.

L'analyse synthétique paraît dans le deuxième numéro (mai 2002) de la publication Constats du CALQ. Le premier rapport du genre, publié en janvier dernier, portait sur les artistes boursiers. Cette fois, le document présente «un regard» sur l'évolution du financement consenti par le CALQ depuis sa création, au milieu de la dernière décennie. «Il décrit l'importance du soutien financier octroyé à chacun des secteurs et des disciplines artistiques ainsi que la répartition des fonds selon les régions administratives», résume l'introduction du document d'une douzaine de pages, disponible sur le site du CALQ (calq.gouv.qc.ca).

Voici, en vrac, quelques constats des Constats.

- L'aide financière octroyée par le CALQ est passée de 36,6 millions en 1994-95 (sa première année de fonctionnement) à 58,5 millions en 2000-01. L'augmentation équivaut à une croissance annuelle de 8 % en moyenne, avec des nuances cependant puisque les budget ont surtout progressé au cours des deux dernières années.

- Le secteur des arts de la scène accapare la part du lion (78 % en 2000-01), le reste allant aux arts visuels (17 %) et à la littérature (4 %). À eux seuls, le théâtre et la danse drainent 64 % de l'ensemble des bourses et subventions. La musique a même connu une majoration de 52 % en moins de deux ans des sommes qui lui sont réservées, passant de 11,7 millions en 1998-99 à 18 millions l'année suivante.

- Montréal, la capitale économique et culturelle du Québec, attire évidemment la majorité de l'aide financière, soit 29 millions l'an dernier, sur un total de 58 millions, somme à laquelle il faut ajouter une bonne part des 13 millions réservés aux «organismes majeurs nationaux» (comme l'OSM). Québec en recevait alors sept millions et le RDQ (reste du Québec... ) près de neuf millions.

- Environ la moitié des revenus des organismes soutenus provient des gouvernements, l'autre part étant générée de manière autonome (par la billetterie et les commandites). En 1999-2000, les entreprises subventionnées par le CALQ employaient 11 000 personnes, surtout des travailleurs autonomes, en fait.

- Depuis la création du CALQ, le nombre de bourses distribuées a augmenté de 83 %, et les sommes distribuées, de 42 %. Plus de 34 000 demandes ont été traitées l'an dernier et 1130 bourses ont finalement été distribuées. Le volet «soutien à la recherche et à la création» représente maintenant 82 % (6,5 millions) de l'ensemble des sommes versées à des artistes professionnels. Mais dans ce cas, les arts de la scène en reçoivent moins (2,8 millions) que le secteur des arts visuels et médiatiques (3,9 millions).