Décès du peintre Iba Ndiaye

Dakar — Le peintre Iba Ndiaye, considéré comme l'un des plus grands artistes sénégalais, est décédé à Paris à l'âge de 80 ans, a-t-on appris hier auprès du ministère sénégalais de la Culture.

«Le Sénégal et l'Afrique perdent un des monuments de la peinture africaine», a déclaré Abdoulaye Racine Senghor, directeur des Arts au ministère de la Culture.

Inspiré par la culture africaine et le modernisme européen de la première moitié du XXe siècle, Iba Ndiaye, mort samedi, est devenu l'une des figures majeures de la peinture sénégalaise grâce à des toiles mêlant le réalisme et l'abstraction, dans des scènes incisives aux tons chauds.

Ses sujets de prédilection sont, entre autres, la représentation de la Tabaski (le sacrifice rituel du mouton), le jazz et l'exil, pour cet homme qui a vécu en France la plus grande partie de sa vie.

Né en 1928 à Saint-Louis, dans le nord du Sénégal, Iba Ndiaye s'installe en France en 1948, où il suit d'abord des études d'architecture, avant de revenir au Sénégal en 1959, un an avant l'indépendance du pays.

Il avait enseigné à l'École des arts de Dakar, dont le but est d'accompagner la formation des artistes sénégalais, jusqu'en 1966. «C'est une figure extrêmement importante pour l'école. Son niveau exceptionnel et sa démarche ont marqué beaucoup de jeunes artistes», a indiqué le directeur de l'école, Daouda Diarra.

Installé définitivement à Paris à la fin des années 60, Iba Ndiaye, de plus en plus réputé sur la scène internationale, expose notamment en France, aux États-Unis et aux Pays-Bas.

La Biennale de Dakar lui a consacré une rétrospective lors de sa dernière édition, du 9 mai au 9 juin 2008. «C'est une grosse perte. Il est une référence et une fierté pour la communauté artistique sénégalaise et internationale», a souligné le secrétaire général de la Biennale, Ousseynou Wade.