ATSA en magasin

Ouvrir un magasin de produits dérivés pour dénoncer la mise en marché et, de facto, la surconsommation. Voilà l'idée que vient d'avoir le groupe de pression artistique ATSA, pour Action terroriste socialement acceptable, afin de souligner ses dix ans d'existence.

Formé d'Annie Roy et de Pierre Allard, ce consortium d'artistes engagés et revendicateurs va prendre possession dans les prochains mois d'un commerce du boulevard Saint-Laurent, à l'angle de la rue Marie-Anne, pour ce nouveau projet baptisé «Change» et qui prend son envol jeudi soir. L'expérience va se terminer le 20 décembre, soit dans les temps pour atteindre suffisamment de consommateurs pris dans la frénésie des emplettes de Noël. Des «collections d'objets, d'artefacts, de photographies d'archives et de bandes sonores et vidéo rattachées» aux différentes interventions artistiques d'ATSA vont leur être proposées dans ce commerce temporaire. Le tout «not made in China», assurent les nouveaux commerçants.

Le groupe a vu le jour en 1997 avec La Banque à bas, un projet de distributeur de bas chauds pour les sans-abri installé devant le Musée d'art contemporain de Montréal. Il a également créé dans les années suivantes un faux site archéologique pour dénoncer la société de surconsommation, mais aussi toute la futilité qui s'articule entre des humains en quête de biens de consommation non essentiels et le monde du commerce.