Compressions en culture - Le Fonds des nouveaux médias disparaît

Ce ne sont pas 45 mais bien 60 millions que le gouvernement fédéral a enlevés au secteur culturel au cours des six dernières semaines: Patrimoine canadien a confirmé hier au Devoir que le Fonds des nouveaux médias (FNM) et son enveloppe de 14,5 millions ne seraient pas renouvelés après mars 2009.

Jusqu'ici, le ministère avait toujours qualifié de «rumeur» le bruit courant depuis la fin août au sujet de la disparition de ce programme, le 16e programme amputé par le gouvernement conservateur. Mais selon ce qu'un porte-parole de Patrimoine canadien a indiqué au Devoir hier, «le Fonds ne sera pas renouvelé après l'échéance de mars 2009». Le «ministère songe [maintenant] à la meilleure façon de poursuivre son appui» envers le secteur des nouveaux médias, dit-on.

Un courriel récent émanant d'un fonctionnaire responsable du Fonds et obtenu par Le Devoir confirme aussi «qu'à ce jour, le Fonds des nouveaux médias du Canada n'a pas été renouvelé et ne reçoit plus aucune demande d'aide de la part des producteurs».

Mis sur pied en 2001, le FNM a été renouvelé pour la dernière fois en juin 2007, pour la période allant jusqu'en mars prochain. Il était doté d'une enveloppe de 29 millions (14,5 millions par année — dont environ cinq millions réservés à la production francophone) et était géré par Téléfilm Canada, où l'on ignorait hier que la suppression du programme était maintenant officielle. On ne savait pas non plus si le programme aurait ou non un remplaçant.

Pour l'instant, la ministre du Patrimoine, Josée Verner, n'a évoqué le remplacement que d'un seul programme amputé depuis l'été, soit Routes commerciales.

Le FNM servait à financer des projets de contenu «numérique interactif culturel» offert sur des plates-formes variées: cédérom, site Web, DVD, technologie sans fil... Le programme était très apprécié de cette industrie parce que c'était le seul qui permettait aux producteurs de développer des produits qui n'étaient pas liés à des émissions de télévision.

Dans un communiqué de presse datant de décembre 2006, Téléfilm Canada affirmait que le Fonds assurait «une présence canadienne forte dans les nouvelles technologies de la création et de la distribution», permettant la réalisation d'oeuvres qui «contribuent à rehausser la renommée du secteur des nouveaux médias au Canada».

Dans les derniers mois, Patrimoine canadien et Téléfilm Canada ont tenu une série de rencontres pour évaluer divers éléments, dont ce programme, dans le cadre du Forum 3.0 de l'industrie des médias interactifs. Selon un résumé des rencontres disponible sur le site Internet de Téléfilm Canada, plusieurs des participants avaient alors noté que le FNM a joué un rôle essentiel dans la structuration de l'industrie des médias interactifs au Canada.

Dans une lettre ouverte adressée à la ministre Verner le 23 septembre, le Regroupement des producteurs multimédia (RPM) du Québec indiquait déjà ses craintes de voir le FNM disparaître. Le regroupement mentionne par exemple que le Fonds «permettait de générer des projets novateurs et originaux, souvent très porteurs en termes de développement de marché et d'affaires». Le RPM calcule que les 30 millions investis depuis deux ans ont généré entre 60 et 70 millions en volume de production.

«Avec lui va sombrer un pan complet de l'industrie de la production indépendante de contenu multimédia au Canada», déplore le regroupement.
1 commentaire
  • Alain Audet - Inscrit 1 octobre 2008 08 h 40

    Et Moïse !

    Pas besoin d'un fond pour les nouveaux médias, Moïse a bien reçu les commandements sur des tables en roches, dirait Harper.