À voir à la télévision le dimanche 14 septembre - L'homme «qui éclatait de bonheur»

Claude Messier possède tous ses muscles, mais ceux-ci sont «disposés comme une peinture de Picasso». Cette description d'un massothérapeute bienveillant, à la fois poétique et effroyable, décrit bien le corps désarticulé de cet écrivain prolifique, atteint de dystonie musculaire dégénérative et cloué à un lit roulant.

L'homme, un habitué des médias, a mené de nombreuses batailles pour la reconnaissance pleine et entière de ses semblables. À cela s'est ajoutée la lutte pour l'utilisation de la marijuana à des fins thérapeutiques.

Ce preux chevalier à la langue bien pendue, malgré ses difficultés d'élocution, sentait venir sa fin — à 35 ans, ses médecins lui en accordent deux de plus —, mais il n'allait pas quitter ce monde sans réaliser ses rêves et trouver quelqu'un pour en témoigner. Le cinéaste Yves Langlois suivra donc Claude Messier dans Le Dernier Envol, le temps qu'il puisse mettre la touche finale à son autobiographie, Confessions d'un paquet d'os, et goûter aux plaisirs grisants d'une chute, d'une magnifique chute en parachute. Pour celui qui a déjà fait du ski alpin, du traîneau à chiens et du camping, il n'y avait pas plus belle façon de conclure une vie jamais ennuyeuse, jamais misérable.

Son énergie débordante n'aura pas entièrement raison de sa maladie, ni même sa consommation bienfaisante de marijuana — quatre bouffées d'un bon joint suffisaient à remplacer 25 pilules par jour... Cet homme «qui éclatait de bonheur» devant la caméra du cinéaste a laissé en héritage un témoignage exemplaire de courage et de détermination. Les gens dits normaux de son entourage avaient bien raison de le trouver exceptionnel.

Docu-D / Le dernier envol Canal D, 19h

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