Le FMA tente de se refaire une santé financière

Le Festival du monde arabe (FMA) tente de se refaire une santé financière. Faisant face à une baisse majeure de ses recettes l'an dernier, le FMA, appuyé par la Ville de Montréal et le ministère des Communautés culturelles et de l'Immigration (MCCI), a présenté hier un plan de redressement qui devrait lui permettre de se remettre à flot.

Le Festival du monde arabe, dont la neuvième édition débutera le 20 octobre prochain, devra donc se contenter d'une programmation plus modeste cette année. Toujours en défaut de paiement à l'endroit de plusieurs fournisseurs, le FMA a essuyé l'an dernier une baisse de 74 % des recettes provenant de la vente de billets. Plusieurs artistes s'étaient plaints d'avoir été payés avec plusieurs mois de retard. L'hiver dernier, son directeur, Joseph Nakhlé, avait imputé ce désintérêt du public à la «vague anti-arabe» soulevée par la commission sur les accommodements raisonnables.

Or hier, ce dernier a convenu qu'une partie des déboires du FMA découlait des lacunes administratives de son équipe. Aussi, de pair avec la Ville de Montréal et le MCCI, le FMA a créé un comité de soutien, présidé par le conseiller Marcel Tremblay, membre du comité exécutif, qui veillera à remettre les finances de l'organisme sur les rails.

«L'adhésion du public québécois a fait défaut pour la première fois [en 2007]. Cette rupture ne peut pas s'expliquer que par les débats identitaires. À ces facteurs s'ajoutent nos propres erreurs et nos ambitions démesurées qui n'ont pas été suivies d'appuis financiers», a admis M. Nakhlé.

Le comité de soutien, qui se réunira deux fois par mois d'ici mars 2009, a le mandat de superviser toutes les prévisions budgétaires du conseil d'administration, de consolider les appuis de commanditaires et de bailleurs de fonds et de rechercher de nouveaux partenaires.

Un pari qui semble en partie relevé, puisque le maire de Montréal, Gérald Tremblay, qui présidera la prochaine édition du FMA, intitulée Liaisons andalouses, a annoncé que la Ville doublerait cette année le montant de sa subvention accordée au FMA, qui passera de 30 000 $ à 60 000 $. La ministre des Communautés culturelles et de l'Immigration, Yolande James, a aussi fait passer la subvention de son ministère de 14 000 $ à 40 000 $.

«Il y a ici une situation particulière. Cette somme n'est pas nécessairement récurrente, mais cela devrait permettre d'éliminer le déficit pour l'an prochain, où l'on fêtera la dixième édition du festival», a indiqué le maire, qui tient à assurer la pérennité de cet événement culturel, qu'il juge essentiel pour permettre «un rapprochement» entre la communauté arabe et les Montréalais.

La programmation de la neuvième édition du FMA sera dévoilée la semaine prochaine, mais l'on sait déjà que le nombre de spectacles en salle sera réduit de 40 à 25, et s'étendra sur 10 jours plutôt que 17. Cette année, le festival se déploiera autour du monde andalou, ce lieu de métissage entre les cultures espagnoles et arabes.

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