Compressions en culture - Pas d'explications en vue pour Québec

Le déclenchement de la campagne électorale fédérale risque de repousser aux calendes grecques la rencontre attendue de Christine St-Pierre avec son homologue fédérale, Josée Verner, visant à faire la lumière sur les compressions imposées ces dernières semaines au secteur culturel.

Toujours en attente d'explications de la part d'Ottawa, Mme St-Pierre comptait beaucoup sur la rencontre fédérale-provinciale des ministres de la culture — prévue le 25 septembre à Québec — pour demander des éclaircissements à Mme Verner. La responsable du Patrimoine canadien doit normalement coprésider cette rencontre.

Or, avec les élections prévues le 14 octobre, la présence de Mme Verner à cette réunion paraît pour le moins incertaine. Hier — comme c'est l'habitude au Patrimoine canadien dans ce dossier —, l'attachée de presse de Mme Verner n'a pas rappelé Le Devoir, qui demandait une confirmation des intentions de la ministre. Du côté québécois, on ignore aussi si Mme Verner sera présente.

Dès le 12 août, Christine St-Pierre avait sommé Josée Verner de justifier des compressions qu'elle estime «inacceptables». Les deux ministres se sont parlé une fois dans les jours suivants, sans pour autant aborder l'enjeu en profondeur. Christine St-Pierre avait ensuite laissé entendre son insatisfaction en réitérant ses critiques envers Ottawa.

La communication n'est pas facile entre les deux cabinets, apprenait-on la semaine dernière, lors d'une rencontre organisée par Mme St-Pierre pour les journalistes québécois. Les demandes répétées d'un entretien entre les deux ministres restent souvent sans réponse, indiquait-on alors.

Christine St-Pierre tablait donc sur la présence de Josée Verner à la rencontre fédérale-provinciale pour forcer la ministre à donner des explications consistantes. Mme St-Pierre avait à la mi-août indiqué au Devoir qu'elle ajouterait la question des compressions à l'ordre du jour. Tout indique qu'elle devra plutôt attendre la formation d'un prochain gouvernement avant d'obtenir les clarifications souhaitées.

Le gouvernement Harper a effectué des compressions dans au moins 16 programmes culturels depuis le printemps, et plus intensément depuis un mois. Au total, la Conférence canadienne des arts (CCA) calcule que des sommes de 60,59 millions ont été amputées, plus ou moins en catimini.

Pratiquement tous les secteurs culturels sont touchés, que ce soit la télévision, le cinéma, les nouveaux médias, l'édition, le théâtre, la danse... Artistes et commentateurs ont été unanimes à décrier les agissements d'Ottawa.

La CCA a d'ailleurs indiqué hier qu'elle relancerait les partis politiques fédéraux durant la campagne, pour obtenir leur position par rapport à la culture dans ce contexte particulier. La Fédération culturelle canadienne-française a aussi diffusé un communiqué annonçant qu'elle travaillerait à faire de la culture un enjeu important de la campagne qui s'amorce.

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