Huit millions en dépenses superflues

Québec — Protégées par un secret presque religieux, les erreurs de gestion de l'ancienne direction du 400e se sont un peu éclaircies hier quand le directeur, Daniel Gélinas, a dit avoir relocalisé pas moins de huit millions de dollars de l'ancien budget.

«Ces sommes-là, on les a réinjectées dans les contenus», a-t-il laissé entendre hier à l'occasion d'un point de presse bilan du spectacle de Paul McCartney, en précisant par la suite qu'il avait principalement coupé dans l'administration et la mise en marché. «Ce sont des salaires, notamment; il y avait des prévisions d'embauches qu'on n'a pas faites», a-t-il ajouté en refusant toutefois de chiffrer le nombre d'embauches annulées.

M. Gélinas soutient que lors de son arrivée, le budget de la Société du 400e s'élevait à 97 millions, soit 40 millions en provenance du fédéral, autant du gouvernement provincial, cinq millions de la Ville et la différence en commandites et autres revenus. C'est donc près de 10 % du budget total de l'organisation du 400e qui a été relocalisé.

En conférence de presse, M. Gélinas avait d'abord laissé entendre que jusqu'à 20 millions (soit le cinquième du budget) avaient goûté à une telle médecine. Puis, il s'est rétracté en indiquant qu'il avait plutôt réussi à amasser 14 millions supplémentaires pour la programmation, dont 6 issus de nouvelles sources de revenus en provenance, par exemple, des surplus du Championnat mondial de hockey.

Le directeur du 400e a dévoilé ces chiffres hier en réponse à des questions sur la programmation, mais à l'interne, on nous indique qu'il faudra attendre à 2009 avant d'avoir un examen plus serré des déboires administratifs de l'ancienne équipe. Fort de son succès à relancer l'organisation, Daniel Gélinas a d'ailleurs tendance à éluder toute question sur le sombre passé du 400e. Ainsi, à un journaliste qui le questionnait hier à ce propos, il a répondu à la blague qu'il ne se rappelait même pas ce qui s'était produit en janvier dernier.

Paul McCartney, no 400 des Nordiques

L'heure était plutôt aux bonnes nouvelles et aux félicitations hier, alors qu'on dressait le bilan de l'opération McCartney. «Merci, merci, merci à la foule de Québec qui est venue au spectacle. On a fait la démonstration que c'était possible de faire un grand show et que ce soit cool», a déclaré M. Gélinas en parlant de l'absence d'incidents violents. «Il n'y a pas beaucoup d'endroits dans le monde qui peuvent en dire autant.»

En se basant sur l'évaluation aérienne d'un réseau de télévision, l'organisation estime que 260 000 personnes ont assisté au spectacle, et ce, en excluant les milliers de personnes qui se sont réunies devant les écrans géants installés à Lévis, en banlieue sud de Québec.

Non seulement la soirée a été un succès, mais contrairement à ce qui s'est produit lors des célébrations du 3 juillet, les gens ont pu rentrer chez eux plus rapidement grâce à une offre bonifiée du réseau de transports en commun, qui dit avoir fracassé un record en desservant 50 000 personnes au cours de la soirée.

Les organisateurs ont également laissé entendre que la polémique linguistique de la semaine dernière ne les avait pas inquiétés outre mesure et qu'ils avaient fait en sorte que Sir Paul et son équipe ne se fassent pas de souci à ce propos. «On leur a fait comprendre que, dans le fond, ce n'est pas ce que les gens pensaient en général, que c'était une poignée de personnes qui pensaient ça.»

Toutefois, l'idée de défiler sur scène avec un drapeau du Québec viendrait de McCartney lui-même. «Il avait fait la même chose à Kiev avec le drapeau de l'Ukraine», a affirmé M. Gélinas, en soulignant que le chanteur avait aussi envisagé de se promener sur scène avec un gilet des Nordiques affichant au dos les inscriptions «400» et «McCartney».
2 commentaires
  • Claude L'Heureux - Abonné 23 juillet 2008 11 h 12

    Douze millions

    ... de commandites qui viennent d'où ? Pour monsieur Gélinas, le 400e c'est un gros Carnaval qui permet à la ville de se faire voir. C'est une réussite. Pour ce qui est de l'événement rassembleur de la nation reconnue, l'on repassera. À moins que la prestation de Sir McCartney aux couleurs de notre nation l'inspire pour la suite de la célébration de notre 400e? Ce serait surprenant car l'idée venait de McCartney !

    Claude L'Heureux,Québec

  • Roland Berger - Inscrit 23 juillet 2008 15 h 43

    De quoi payer Gilles Vigneault

    Ces huit millions auraient suffi à payer grassement notre chantre nationale lors d'une apothéose sans McCartney. Notre grand Gilles n'aurait pas eu à se pavaner avec le drapeau du Québec. Il est le drapeau du Québec.
    Roland Berger
    St-Thomas, Ontario