Symposium - Baie-Saint-Paul à l'heure des connivences et du graffiti

Sans titre, 2007. Peinture en aérosol, 900 x 900 cm; lieu: VamaVeche, Roumanie. Création: Saddo
Photo: Sans titre, 2007. Peinture en aérosol, 900 x 900 cm; lieu: VamaVeche, Roumanie. Création: Saddo

Les gens du Centre d'exposition de Baie-Saint-Paul, l'organisme derrière le symposium d'art, tenaient une conférence de presse hier, ici à Montréal, pour dévoiler la teneur de leur prochaine manifestation, la 26e. Avec le sourire, et pour cause: l'institution vient d'obtenir le noble statut de musée revendiqué depuis des années.

Après le faste de sa 25e édition de l'an dernier, le Symposium international d'art contemporain de Baie-Saint-Paul retrouvera cet été des couleurs plus à sa mesure, tant dans le nombre d'artistes invités (12) que dans le choix du thème, basé sur la rencontre avec le public.

Reste que l'événement d'août (du 1er au 31) sonnera la fin d'une époque: il sera le dernier piloté par un «petit» organisme. Dès septembre, le Centre d'exposition de Baie-Saint-Paul prendra l'appellation du Musée d'art contemporain de Baie-Saint-Paul.

Le ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine a officialisé le changement de statut mardi par voie de communiqué. En reconnaissant le centre de Baie-Saint-Paul comme «un acteur important du développement de la vie culturelle de sa région», la ministre Christine St-Pierre ouvre la porte pour «consolider son oeuvre de collectionnement et de promotion de l'art contemporain».

Jacques St-Gelais Tremblay, directeur de l'institution de Charlevoix, assure que la nouvelle donne n'apportera pour l'instant pas un sou de plus, l'institution devant fonctionner avec le même budget annuel (environ un demi million de dollars). Par contre, il aura plus de marge de manoeuvre.

«On fonctionnait déjà comme un musée, avec une collection, mais sans être reconnus. On aura désormais accès aux programmes de restructuration, d'expos permanentes, d'infrastructures», dit-il, radieux.

Le nouveau musée devient le deuxième de la région (après le Musée de Charlevoix), mais le seul de la grande région de la Capitale-Nationale à être dédié à l'art contemporain. Fort de sa collection héritée des nombreux symposiums et estimée à 3000 oeuvres, en plus de quelques pièces plus anciennes, il sera appelé à grandir. C'est du moins ce que souhaite son directeur, rêvant d'un édifice plus vaste et d'un programme de résidence d'artistes. Le nom «musée» devrait aider, croit-il, à convaincre de futurs investisseurs.

Le 26e Symposium

Piloté par Geneviève Pelletier, commissaire de la relève, selon ses propres termes, le 26e Symposium voguera sur le thème de la rencontre, à l'instar de la récente Manif d'art de Québec. Son titre, «Les Connivences», et ses choix, disait-elle hier, ont été mûris par la conclusion que ce sont «le processus et la rencontre des artistes et du public qui sont à l'honneur» à Baie-Saint-Paul.

À la fois plus internationale (deux artistes du Mexique, une de la France) et plus «locale» — exit le Montréal de 2007, place à Québec (cinq artistes sur les sept de la province) —, la manifestation confirme la teneur art contemporain mise en place depuis quelques années. La sélection est aussi plus jeune, avec quelques valeurs sûres déjà (Annie Baillargeon, Graeme Patterson), quelques méconnus (Howie Tsui, Josée Landry-Surois) et un seul artiste vraiment établi (Sylvain Bouthillette).

La principale singularité de cette édition, et chapeau à la commissaire d'y avoir pensé, c'est son volet graffiti. Il est notoire que la peinture de Bouthillette s'en inspire, mais c'est la présence du Canadien Derek Mehaffey (Other) qui donne le ton. La journée du samedi 9 sera d'ailleurs consacrée à ce genre souvent rejeté; Other et le collectif Ultra Flat Black Noir Mat s'attaqueront aux murs extérieurs de la patinoire qui accueille le Symposium.

Un programme cinéma à la belle étoile et une série de conférences sont aussi du menu.

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Collaborateur du Devoir