De la place Émilie-Gamelin, on verra grand !

Photos: Présence autochtone
Photo: Photos: Présence autochtone

Cette année, les organisateurs du festival Présence autochtone ont mis le paquet en ce qui a trait à la programmation extérieure. En plus de Richard Desjardins, la place Émilie-Gamelin accueillera plusieurs rappers et musiciens de différentes communautés culturelles de Montréal et des Premières Nations, dont Samian, révélé au grand public grâce à sa collaboration avec Loco Locass.

La grande fête extérieure de Présence autochtone commencera plus tôt cette année que lors des éditions précédentes. Les organisateurs ont ajouté un grand spectacle gratuit à la place Émilie-Gamelin, le vendredi 20 juin. «Nous aurons d'abord, en après-midi, des performances de chant: des chants sociaux abénakis, des chants contemporains, des chants de gorge inuits, des incantations, etc. Ensuite, à 19 heures, le grand spectacle Rythmes nomades commencera, avec entre autres Samian, qui s'est fait connaître grâce à la chanson "La Paix des Braves" qu'il a enregistrée avec Loco Locass. D'autres rappers et musiciens des Premières Nations et de différents quartiers culturels de Montréal seront présents sur scène pour faire lever la soirée. Ils seront aussi accompagnés de DJ», indique Sylvain Rivard, directeur du site extérieur de Présence autochtone.

N'est-ce pas ici un effort de la part des organisateurs du festival pour aller rejoindre davantage un public jeune? «Pas nécessairement jeune, mais certainement un public plus urbain. En fait, il est intéressant de voir que la musique des artistes des Premières Nations peut aussi être contemporaine et urbaine, sans toutefois renier ses origines. Et le pont se fait bien aussi entre eux et les artistes montréalais d'autres origines», se réjouit M. Rivard.

Ensuite, la fête se poursuivra comme à son habitude le samedi et le dimanche, avec les Boréades de la danse Loto-Québec, qui proposeront de nombreuses activités familiales à la place Émilie-Gamelin. Des artistes et artisans des Premières Nations, que ce soit des conteurs, des danseurs, des musiciens ou des sculpteurs provenant des trois Amériques, seront au rendez-vous pour divertir le public et partager leur savoir.

«Cette année, nous sommes bien heureux d'accueillir entre autres le sculpteur de pierre inuit Alec Lawson Tuckatuck, qui travaillera ses oeuvres devant les yeux des festivaliers, précise Sylvain Rivard. Nous accueillerons aussi des artistes atayals de l'île de Taïwan, comme invités spéciaux.»

Les Atayals sont l'une des six ethnies autochtones de Taïwan et ils vivent dans les régions montagneuses du Hualien. Deux membres de la communauté viendront partager quelques aspects de leurs traditions ancestrales avec le public.

Pendant tout le week-end, la place Émilie-Gamelin accueillera en somme une quarantaine d'artisans de diverses nations qui viendront partager leur savoir-faire avec le grand public. On y verra entre autres de l'art joaillier, de la vannerie, des instruments de musique ainsi que des vêtements et accessoires traditionnels.

La grande soirée de Richard Desjardins

Le samedi 21 juin, Jour national de solidarité des peuples autochtones, sera certainement la grande soirée du festival Présence autochtone avec, entre autres, Richard Desjardins qui foulera les planches de la scène de la place Émilie-Gamelin pour un spectacle extérieur gratuit. La première partie du spectacle sera assurée par Kathia Rock, auteure-compositeure-interprète innue. Jean-Frédéric Messier l'accompagnera à la guitare. Une fois que le ciel se sera bien assombri, la soirée se poursuivra avec la projection du documentaire de Richard Desjardins et Robert Monderie, Le Peuple invisible.

D'ailleurs, le film jouit maintenant d'une réputation internationale. Dernièrement, il a été diffusé à New York, lors de la septième session de l'Instance permanente des Nations unies sur la question autochtone.

Les cafés, un nouveau tournant

Si, l'an dernier, le festival Présence autochtone a commencé à organiser quelques événements dans des cafés, cette année, la tendance est encore plus marquée. Les cafés Volver et L'Escalier proposeront donc différentes soirées culturelles qui incluront de la musique, du cinéma, des contes ainsi que l'apprentissage de langues amérindiennes.

«En proposant des activités dans des cafés, nous nous trouvons à entrer en contact avec toute une jeunesse altermondialiste qu'on ne retrouve pas dans les circuits habituels des festivals. L'an dernier, nous avons tenté l'expérience et, vraiment, de belles rencontres se sont réalisées», explique André Dudemaine, directeur du festival Présence autochtone.

Les curieux pourront aussi découvrir Mike O'Cleary, auteur-compositeur-interprète de la relève, de Mashteuiatsh. «Il est jeune, mais il a déjà l'étoffe d'un grand. Venez le découvrir avant tout le monde, puisque dans quelques années il fera les palmarès! Il est particulièrement intéressant parce qu'il passe aisément de l'innu au français et arrive ainsi à faire le pont entre les deux cultures», ajoute M. Dudemaine.

Le Wapikoni mobile, studio ambulant de création vidéo et musicale destiné aux jeunes des communautés autochtones, proposera également une soirée spéciale le 17 juin, au café L'Escalier, où seront présentées ses réalisations les plus récentes.

Le Solstice des nations

Le festival Présence autochtone célébrera encore cette année la Journée nationale des autochtones le samedi 21 juin, au parc du mont Royal, avec le Solstice des nations. L'événement, à la fois protocolaire, symbolique et festif, a pour principal objectif de rapprocher les différents peuples qui vivent au Québec et de renforcer les liens d'amitié entre eux. Des représentants des communautés québécoises et autochtones seront réunis sur le mont Royal pour fêter le début du cycle solaire en allumant le feu de l'amitié.

«Nous transmettrons alors les braises de notre feu aux organisateurs de la Fête nationale du Québec qui, à leur tour, indique André Dudemaine, s'en serviront pour allumer le feu de joie du grand spectacle de la Fête nationale, le 23 juin, sur les plaines d'Abraham, à Québec. C'est un geste qui a une grande valeur symbolique.»

Pour plus d'info: http://www.nativelynx.qc.ca.

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Collaboratrice du Devoir

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