Cinéma - L'honneur d'ouvrir revient à Tracey Deer

Hope, le premier documentaire de Thomas Buchan et Stuart Reaugh. Photo: ONF
Photo: Hope, le premier documentaire de Thomas Buchan et Stuart Reaugh. Photo: ONF

Le cinéma occupe toujours une place importante dans le festival Présence autochtone. Cette année ne fera pas exception, avec des réalisateurs importants, de grandes oeuvres et de nombreux événements spéciaux.

C'est la cinéaste mohawke Tracey Deer (Mohawk Girls, 2005) qui a l'honneur d'ouvrir le festival en présentant son film Club native pour la première fois au Québec. La cinéaste braque sa caméra sur sa ville natale, Kahnawake, pour examiner les enjeux de l'identité autochtone. Elle pose un regard sur la douleur et la frustration que ressentent plusieurs membres des Premières Nations dans leur lutte pour obtenir leur droit d'appartenance.

Le cinéma de l'ONF projettera aussi le premier documentaire de Thomas Buchan et Stuart Reaugh, intitulé Hope. Les réalisateurs ont suivi l'artiste Ken Paquette et sa partenaire, Winnie Peters, ainsi que leurs cinq garçons lors d'une année difficile, marquée par la séparation du couple. La porte-parole de Présence autochtone, la comédienne Dominique Pétin, qui a déjà eu la chance de voir quelques oeuvres cinématographiques présentées lors du festival, a été marquée par ce film. «Hope réussit à faire parler un homme du rapport père-fils. C'est une oeuvre extraordinaire, bousculante», affirme-t-elle.

Autre coup de coeur de la comédienne qui a des origines huronnes: Hiro, réalisé par Nils Vernaudon, Jorge C. Diaz et Sophie Guenan. Le film, à travers la vie et l'oeuvre d'Henri Hiro (1944-1991), poète, cinéaste et militant maori, illustre la lutte des Tahitiens pour la sauvegarde de leur identité devant l'envahissement colonial et les essais nucléaires à Mururoa.

L'incontournable cinéaste Alanis Obomsawin y présentera également son film intitulé Gene Boy revient chez lui, qui raconte l'histoire d'un ancien combattant de la guerre du Vietnam traumatisé et perturbé, qui redonne un sens à sa vie en retrouvant sa communauté. La réalisatrice émérite de l'ONF de réputation internationale assistera également au lancement du premier coffret de ses oeuvres lors d'une soirée spéciale organisée en son honneur au Cinéma de l'ONF, le 18 juin.

Enfin, grand événement extérieur gratuit à la place Émilie-Gamelin, le samedi 21 juin: la projection du documentaire Le Peuple invisible, de Richard Desjardins et Robert Monderie.

D'Urban Nation à Via le Monde

Cette année, la Cinémathèque québécoise a décidé de souligner le travail d'Urban Nation, un couple de cinéastes formé par Gisèle Gordon et Kent Monkman. Leurs courts métrages et leurs vidéos ont été remarqués sur la scène internationale, notamment en étant présentés aux festivals de Sundance et de Berlin.

Pour sa part, la Grande Bibliothèque présente une soirée dédiée aux productions Via le Monde. L'événement présentera la rétrospective «40 ans de regards sur le monde autochtone», qui comprend des classiques comme Légendes amérindiennes et les toutes dernières oeuvres encore inédites de la série de films créés par de jeunes Amérindiens, La Course autour de la grande tortue, diffusée par le Canal D et APTN.

Pour l'horaire complet: www.nativelynx.qc.ca.