Église Saint-Vincent-de-Paul - Sauvetage accompli

La démolition de la façade de l’église Saint-Vincent-de-Paul menaçait le statut patrimonial accordé à Québec par l’UNESCO, selon la ministre Christine St-Pierre.
Photo: La démolition de la façade de l’église Saint-Vincent-de-Paul menaçait le statut patrimonial accordé à Québec par l’UNESCO, selon la ministre Christine St-Pierre.

La façade de l'église Saint-Vincent-de-Paul à Québec sera finalement intégrée à la nouvelle construction du promoteur immobilier Les Hôtels Jaro.

La ministre de la Culture, des Communications et de la Condition féminine, Christine St-Pierre, qui négocie depuis 20 mois, a conclu une entente mardi avec le promoteur. On ne sait toutefois pas si le futur hôtel quatre étoiles de 300 chambres qui sera érigé préservera la façade dans son intégralité ou si celle-ci sera transformée.

Située près de l'entrée du Vieux-Québec, l'église Saint-Vincent-de-Paul a été presque entièrement démolie en 2006 par le promoteur Jacques Robitaille, qui avait acquis le terrain des pères de Saint-Vincent-de-Paul en 1998.

Mme St-Pierre était alors intervenue pour empêcher la destruction complète de l'église, pourtant autorisée par la Ville de Québec. Elle estimait que la qualité patrimoniale de la façade suffisait à contraindre le promoteur de la sauvegarder. Sa démolition menaçait même le statut de ville du patrimoine mondial accordé à Québec par l'UNESCO en 1985, selon elle.

La ministre n'a toutefois pas jugé nécessaire d'imposer une amende au promoteur, qui détient plusieurs établissements dans la région. La Loi sur les biens culturels prévoit une amende de 625 $ à 60 700 $ pour ceux qui détruisent sans permis un bâtiment situé dans les limites de l'arrondissement historique. Mme St-Pierre estime que l'interdiction de construire l'hôtel pendant les 20 mois de négociation constitue une pénalité suffisante, puisque tout retard de chantier entraîne des coûts. Elle n'accordera par ailleurs aucune aide financière au promoteur pour la réalisation de son projet.

Les autorités et défenseurs du patrimoine de la capitale se sont réjouis de l'entente, encore à ratifier.