La campagne à la direction de la Guilde des musiciens - Masse affrontera Subirana

La campagne électorale à la Guilde des musiciens est officiellement lancée depuis hier. Les derniers mois mouvementés au sein du syndicat rendent la campagne déterminante pour l'orientation de celui-ci. Deux équipes s'affrontent. Celle d'Émile Subirana, actuel président de la Guilde, se présente contre celle de Gérard Masse, ex-vice-président récemment destitué, connu pour ses divergences d'opinions avec l'actuel président.

Pour résumer les positions des deux groupes, deux slogans: «Honnêteté - Transparence - Service» pour l'Équipe Masse et «Confiance, intégrité, réputation et jugement» pour Émile Subirana. L'élection se fait par la poste. Les votes seront compilés par la firme Raymond, Chabot, Grant et Thornton.

Pour répondre à l'Équipe Masse, dont les membres sont déjà connus, l'équipe Subirana a présenté hier ses candidats, dont Marcel Martel au poste de secrétaire-trésorier, Albert De Vito, vice-président à Montréal, et Marc Béliveau, Patrick Benoit, Léo Desmarchais, Richard Beaudet, Patrice Richer et Robert L'écuyer comme directeurs. Ces candidats ont tous accepté par procuration leur candidature. Par contre, Pierre Lessard a été nommé par acclamation vice-président à Québec.

Partie de main chaude

Pour Subirana, il est clair que son administration «a fait ses preuves en ce qui concerne la gestion financière». Il soutient qu'à son arrivée en 1997, la Guilde était en faillite et qu'aujourd'hui elle est prospère.

Les gestes «illégaux» et la «diffamation» des membres qui se présentent contre lui sont à retenir, selon M. Subirana. «La comparaison doit se faire entre l'intégrité et la destitution.» Malgré les derniers mois houleux, Émile Subirana ne croit pas avoir à rebâtir la confiance que lui portent ses membres puisque, dit-il, les accusations auxquelles il a dû faire face (mauvaise gestion, fraude, manque de transparence) relèvent d'une campagne de salissage.

Pour M. Subirana, les dossiers importants dans les mois à venir concernent la loi sur le statut de l'artiste, «qui n'a pas apporté les bénéfices souhaités», et la responsabilisation des producteurs pour de meilleures conditions de travail, que ce soit les petits bars, l'OSM, les hôtels ou le Festival de jazz.

L'Équipe Masse reproche à M. Subirana son manque de transparence concernant les états financiers de la Guilde. Estimant que tout a été dit à propos des manoeuvres du président en poste, M. Masse cherchera plutôt à «établir une communication constante entre les membres et les administrateurs».

En ce qui a trait aux petites salles, «un très gros dossier», M. Masse veut relancer un comité qu'il a fondé, qui ne s'est réuni que trois fois, pour prendre contact avec les musiciens alternatifs. Ainsi, le syndicat pourrait remplir son mandat d'aider au développement des artistes.

M. Masse ne craint pas que le bureau canadien de l'American Federation of Musicians, qui l'a destitué, lui mette des bâtons dans les roues. Il a obtenu du bureau canadien l'assurance que sa candidature était bien légale.