Belgique - La justice interdit un reportage qui écorne le mythe de Tintin

Bruxelles — Un juge des référés belge a interdit la diffusion prévue hier soir de «certaines séquences» d'un reportage, en partie tourné en caméra cachée, mettant en cause la gestion de l'héritage d'Hergé, le «père» de Tintin, a indiqué la chaîne belge RTBF.

«Vous ne verrez pas ce mercredi soir le reportage "Tintin a-t-il vendu son âme au diable?"», indique la chaîne publique, qui a décidé de déprogrammer l'ensemble de l'émission consacrée au plus célèbre héros de la bande dessinée franco-belge plutôt que d'en passer une version tronquée.

Nick Rodwell, l'administrateur délégué de la société Moulinsart et époux de la veuve d'Hergé, a «obtenu une ordonnance du président du tribunal de première instance de Bruxelles» qui interdit la diffusion de certaines séquences jusqu'à ce qu'un juge de fond ait pu se prononcer sur les griefs faits au programme, précise un communiqué de la RTBF.

Nick Rodwell reproche à l'équipe de la RTBF une séquence tournée en caméra cachée qui «mettait en évidence l'existence d'une liste noire de spécialistes d'Hergé que la société Moulinsart refusait de voir figurer dans le reportage», ajoute la chaîne en «protestant vivement contre ce qui constitue une censure contraire à la liberté d'informer».

La RTBF promet d'introduire les «recours nécessaires» pour permettre à ses téléspectateurs de voir cette émission dans son intégralité.

Depuis la mort d'Hergé, en 1983, l'héritage du maître de la «ligne claire» est géré d'une main de fer par la société Moulinsart.

Des tintinophiles et tintinologues reprochent à Nick Rodwell de privilégier les objets de luxe dérivés de l'oeuvre et d'ainsi nuire à la popularité du petit reporter à la houppe.

Nick Rodwell estime de son côté qu'il s'agit de diffamation et refuse de figurer dans des programmes qui leur donnent la parole.