Des festivals payants pour l'État

Subventionner les grands festivals sportifs ou culturels, c'est payant, même pour le gouvernement. Et pour appuyer cette position, le Regroupement des événements majeurs internationaux (REMI) rendait publics hier les points saillants d'une étude sur les retombées économiques, touristiques et fiscales de grands événements comme le Festival international de jazz de Montréal, le Carnaval de Québec ou le Grand Prix de Trois-Rivières.

Comme le révélait Le Devoir la semaine dernière, cette étude appuie la demande de renouvellement et d'augmentation de la première subvention versée par Québec aux événements majeurs internationaux. En 1999, le ministère du Tourisme a remis 30 millions au secteur. L'entente arrive à échéance le 31 mars prochain. Fort de son étude prouvant la rentabilité de l'investissement gouvernemental, le REMI demande une nouvelle enveloppe triennale, cette fois de 35 millions. Le REMI rassemble maintenant 21 membres.

L'étude de la firme KPMG utilise des données concernant onze événements de référence et compare les rendements de 1999 et 2001. Elle révèle que l'activité économique annuelle générée par ce lot est passée de 203 millions de dollars à 255 millions, tandis que son chiffre d'affaires combiné gonflait de 62 millions à 90 millions.

Les revenus fiscaux des dépenses de touristes ont également augmenté (de 36,4 millions à 42,6 millions) pendant que les revenus fiscaux des dépenses des événements montaient de 5,4 millions à 8,4 millions. Pourtant, les onze événements n'avaient reçu que six des dix millions annuels du programme gouvernemental. D'où l'idée que les subventions rapportent à l'État.

«Rien qu'en taxes, Québec retire beaucoup plus d'argent qu'il n'en met dans nos événements, a résumé Luc Fournier, directeur général du REMI, pendant la conférence organisée hier matin, à Montréal. En plus, tous les gouvernements se servent de ces événements pour promouvoir le Québec comme destination touristique.» Le fondateur du Festival Juste pour rire, Gilbert Rozon, a ajouté que l'argent versé depuis 1999 avait permis «une amélioration colossale de la qualité des programmations» des divers événements.

Le REMI a déposé son étude auprès du ministère des Finances. La conférence de presse s'inscrit dans la mise sous pression des élus. En fait, le REMI semble moins craindre la fin du programme qu'une réduction de son enveloppe, vu la logique étatique du «tout-à-la-santé».

Par contre, le moyen de distribuer l'éventuelle nouvelle subvention importe peu à ses futurs bénéficiaires. La première tranche a été transférée par l'intermédiaire d'un organisme sans but lucratif, la Société des événements majeurs du Québec (SEMIQ). La technique administrative a été critiquée par le Vérificateur général, parce qu'elle excluait la SEMIQ du périmètre comptable de l'État. «La méthode d'attribution peut être remise en question, mais pas la pertinence de nous appuyer», a résumé le directeur général.