Décès de l'écrivain Robert Mallet, ancien recteur de la Sorbonne

Abbeville - L'ancien recteur de la Sorbonne et poète Robert Mallet est décédé mercredi à Paris à l'âge de 87 ans, a-t-on appris hier par des proches en Picardie, sa région natale du nord de la France.

Spécialiste de littérature contemporaine, connu pour ses entretiens avec Paul Léautaud, il était également romancier, poète, dramaturge et essayiste. Il a publié plusieurs correspondances d'André Gide, Paul Claudel, Francis Jammes ou Paul Valéry, dont il a été l'ami.

Membre de l'Académie royale de Belgique, Robert Mallet s'est présenté quatre fois sans succès à l'Académie française, qui a pourtant reconnu ses talents de poète en lui décernant son grand prix de poésie en 1976. Il a publié une douzaine de recueils chez Gallimard, d'une poésie marquée par l'intellect.

Parmi ses recueils les plus connus, Silex éclaté, Lapidé lapidaire, Quand le miroir s'étonne.

Il a été doyen de la faculté des lettres de l'Université d'Antananarivo en 1959 et a publié un recueil de poésie, Mahafaliennes, et un roman, Région inhabitée, inspirés de ces années passées à Madagascar.

Après les événements de mai 1968, il a été chargé de présider les travaux de la Commission de la vie de l'étudiant. À cette époque, il a prononcé une phrase célèbre: «La meilleure façon d'éviter une révolution, c'est de la faire.»

Il arrive à la tête de l'Université de Paris (Sorbonne) en 1969, où il restera jusqu'en 1980. Durant ces années, il affirmait: «La liberté totale n'est pas une école.»

Attaché à la défense de la langue française, il avait été en 1961 le premier Français à présider l'Association des universités partiellement ou entièrement de langue française (AUPELF), créée à l'initiative de Québécois.