Une manifestation est prévue pour samedi - L'Ermitage ne sera pas vendu

Les sulpiciens annonceront avant Noël qu'ils ne vendront pas la salle de spectacle L'Ermitage, à Montréal.

Selon les informations obtenues par Le Devoir, la haute direction de la communauté religieuse va alors déclarer publiquement qu'elle retarde pour encore quelques mois, voire quelques années, toute décision concernant la vente ou la transformation de ses propriétés sur l'île de Montréal, y compris L'Ermitage.

Des gens de théâtre et des amis du patrimoine s'inquiètent pour l'avenir de cette salle du centre-ville, toujours dans l'oeil de promoteurs immobiliers qui souhaiteraient la remplacer par des tours à logements. Une manifestation sera organisée devant l'édifice, samedi midi, pour demander à Québec de classer l'immeuble comme monument historique.

La décision imposant un moratoire sur la vente de biens patrimoniaux pourrait précéder l'annonce d'une analyse approfondie de la vocation de la congrégation religieuse. Les sulpiciens fêteront le 350e anniversaire de leur arrivée au Canada en 2007. Plusieurs messieurs souhaitent en profiter pour réexaminer leur mission (évangélisation et formation des prêtres) dans le monde contemporain.

Les décisions au sujet de cet éventuel examen de conscience seront prises dans environ un an. Les choix à faire concernant les propriétés s'en trouveront influencés, la mission déterminant les besoins immobiliers.

Pour l'instant, sauf erreur, une seule propriété sulpicienne pourrait échapper au moratoire. Il s'agit de l'église Sainte-Élisabeth-de-Portugal, dans Pointe-Saint-Charles, un édifice des années 1950 dont la mise en vente devrait être annoncée sous peu.

Les sulpiciens ont été de grands propriétaires terriens en Nouvelle-France. Ils possédaient plusieurs seigneuries, dont celle de Montréal, acquise en 1663. Leur vieux séminaire, dans le Vieux-Montréal, détient le record d'occupation continue d'un site dans la métropole. Les archives des messieurs y sont entreposées. Elles forment un fonds de 450 mètres linéaires.

Les sulpiciens ont en main une étude proposant cinq hypothèses de développement pour le site patrimonial de la rue Sherbrooke Ouest, où l'on retrouve le Collège de Montréal et le Grand Séminaire.