Patrimoine - La Ville de Québec donne sa bénédiction à la démolition de la chapelle des Franciscaines

La chapelle du monastère des Franciscaines, située sur la Grande-Allée à Québec, tombera sous le pic des démolisseurs. C'est du moins ce qu'a décidé mardi la commission d'urbanisme de la Ville de Québec. Et cela, malgré les protestations émises par des citoyens.

En août dernier, le sort incertain de cette petite chapelle avait soulevé l'indignation des groupes de protection du patrimoine, qui avaient sommé la Ville de refuser le permis de démolition demandé par un promoteur immobilier.

Mais la commission d'urbanisme de la Vieille Capitale est restée sourde aux arguments des détracteurs du projet, qui prendra forme à deux jets de pierre des plaines d'Abraham. Ce projet immobilier de plus de 50 millions de dollars prévoit la construction de deux tours de sept étages qui abriteront des logements pour personnes âgées. Le promoteur Michel Cardin, qui attendait le feu vert de la Ville depuis deux ans, s'est engagé à préserver le monastère des soeurs franciscaines mais pas la chapelle, endommagée par des infiltrations d'eau.

Hier, les porte-parole de la Coalition Héritage Québec se sont indignés de cette décision de la commission pourtant censée veiller à la protection du patrimoine sur le territoire de la ville de Québec.

«Malgré l'adoption récente d'une politique du patrimoine de la ville de Québec, adoptée en juin dernier par le conseil municipal, malgré qu'il soit maintenant reconnu que "le patrimoine est une richesse collective", malgré tout l'argent déployé pour élaborer des consultations et des politiques [...], le vent de destruction de notre patrimoine qui s'est levé sur Québec s'est transformé en ouragan», a fait valoir hier Anne Guérette, présidente-fondatrice de la Coalition Héritage Québec.

Le même organisme, fondé il y a un an pour sauvegarder le patrimoine culturel, s'était scandalisé de la décision de la Ville de démolir l'église Saint-Vincent-de-Paul dans l'arrondissement historique du Vieux-Québec, et ce, sans permis du ministère de la Culture du Québec.

Choquée par ce nouveau revers, la coalition demande l'intervention urgente des élus provinciaux ou le décret d'un moratoire pour empêcher cette nouvelle destruction.

Pour Anne Guérette, cette décision de la Ville envoie un bien mauvais message à la veille des célébrations du 400e anniversaire de Québec. «La commission d'urbanisme est souveraine, le conseil municipal est impuissant et le zonage est déficient. Cela montre qu'il y a un vide et un besoin pressant pour revoir toute la réglementation sur le zonage dans la ville de Québec», a-t-elle insisté hier.