« Proposer une offre de produits et services culturels complémentaire à celle de Montréal »

Depuis longtemps, le chant choral est important à Laval, notamment grâce au travail et à l’implication de Gregory Charles.
Photo: Jacques Grenier Depuis longtemps, le chant choral est important à Laval, notamment grâce au travail et à l’implication de Gregory Charles.

Nouvelle politique culturelle, Mondial choral, développement de la muséologie, arrivée d'une programmation jeunes publics à la Maison des arts, naissance de plus en plus de lieux de diffusion: d'un point de vue culturel, les choses bougent à Laval. Le moment est donc tout à fait choisi pour accueillir cette année, après une première expérience en 1995, le colloque Les Arts et la Ville, du 16 au 18 mai.

Si, depuis quelques années, la culture prend de plus en plus de place à Laval, le lancement de la nouvelle politique culturelle, en octobre dernier, a été déterminant dans la décision de la Ville de Laval de poser sa candidature afin de recevoir le 20e colloque Les Arts et la Ville.

«Notre ancienne politique culturelle datait de 1991 et depuis, beaucoup de choses ont changé à Laval. D'abord, notons qu'en plus des champs culturels plus traditionnels que nous reconnaissons, comme les arts visuels, la musique, la danse et le théâtre, nous avons ajouté les disciplines plus actuelles des arts médiatiques et des arts du cirque», explique le directeur du service de la vie communautaire, de la culture et des communications de la Ville de Laval, Paul Lemay.

Avec la nouvelle politique, la structure de concertation des organismes culturels a également été revue. «Nous avions auparavant deux commissions consultatives assez pointues. Nous les avons repensées et grâce à la diversité des nouveaux membres, nous couvrons maintenant tous les champs culturels. D'ailleurs, leur premier mandat est de nous conseiller un plan d'action pour appliquer la nouvelle politique culturelle en tenant compte des priorités», poursuit-il.

De plus, avec l'arrivée du Cosmodôme, du Musée Armand-Frappier et du Centre d'interprétation de l'eau, la muséologie s'est développée ces dernières années à Laval. «Ainsi, pour répondre aux nouveaux besoins, nous avons détaillé notre politique de soutien à la muséologie. Notre engagement se situe autant sur le plan de l'appui aux établissements existants qu'à celui du développement de nouveaux projets», indique M. Lemay.

Une identité propre

Le développement des musées à Laval, relié à la culture scientifique et aux hautes technologies, est un bon exemple de la spécificité que développe la ville par rapport à Montréal. Car, il faut bien l'avouer, rayonner à côté d'un grand centre comme Montréal représente un défi. «D'ailleurs, c'est un sujet que nous aborderons pendant le colloque. Mais en même temps, il ne faut pas oublier qu'être voisin d'une ville comme Montréal représente également un atout puisque nous faisons partie de l'offre de services et de produits culturels de la grande région métropolitaine», affirme M. Lemay.

Sur le plan de la stratégie, Laval tente de se démarquer par rapport à Montréal, de développer ses propres particularités. «Nous ne voulons pas développer un volet lavallois du Festival de jazz de Montréal. Nous souhaitons plutôt proposer une offre de produits et services culturels complémentaire à celle de Montréal», précise M. Lemay.

Laval, capitale du chant choral

D'ailleurs, là où Laval a particulièrement réussi à ajouter un élément intéressant à l'offre culturelle générale de la métropole, c'est bien dans le domaine du chant choral. «Depuis longtemps, le chant choral est important à Laval, notamment grâce au travail et à l'implication de Gregory Charles. Toutefois, nous étions à la recherche d'un élément qui allait encore plus associer Laval au chant choral, ce que nous avons trouvé, il y a trois ans, avec le Mondial choral. L'arrivée de ce festival a été très importante pour Laval. L'an dernier, l'événement a attiré un demi-million de spectateurs, ce qui n'est pas rien!», s'exclame M. Lemay.

Événement qui accueille des chanteurs de plusieurs pays du monde, le Mondial choral est également très ancré dans son milieu. «C'est certain qu'il y a les grandes compétitions nationale et mondiale, mais le festival, c'est aussi la présentation de plusieurs petits spectacles, poursuit-il. En fait, chaque jour, des chorales locales se produisent dans des églises et des petites salles de spectacle. Beaucoup de ces chorales proviennent de différents quartiers de Laval, ce qui témoigne de la force locale du mouvement.»

De plus en plus de lieux de diffusion

Au fil des ans, Laval a également vu quelques lieux de diffusion prendre forme ou se moderniser. C'est le cas de la salle André-Mathieu, qui a été complètement rénovée il y a quelques années. «L'acoustique a été complètement refaite», précise M. Lemay. De plus, le Théâtre Marcellin-Champagnat a ouvert ses portes, en 2004. «C'est une salle privée, de qualité, qui propose une programmation au grand public», poursuit-il.

De plus, la Maison des arts existe depuis longtemps, mais depuis une dizaine d'années, elle propose une programmation destinée aux jeunes publics. «La Maison des arts rejoint ainsi toutes les écoles de Laval et de la couronne Nord. Différentes troupes du Québec viennent y présenter leurs spectacles et c'est vraiment un franc succès. Auparavant, les écoles pouvaient accueillir des troupes dans leur gymnase, mais les conditions de diffusion étaient difficiles», explique M. Lemay.

Enfin, pour s'imposer encore davantage en tant que capitale du chant choral, Laval a tout un projet dans ses cartons: la construction de la Cité chorale. Ce projet réunirait tous les maillons de la chaîne culturelle: production, diffusion et formation. Pour ce qui est du volet formation, la Cité chorale offrirait un programme choeur-études. Ce grand projet, piloté par Gregory Charles, serait construit tout près de la nouvelle station de métro Montmorency et serait évidemment utilisé à son plein potentiel pendant le Mondial choral.

«Le maire de Laval, M. Vaillancourt, a l'intention d'aller de l'avant avec ce projet. En ce moment, des discussions ont lieu avec les différents ordres de gouvernement en ce qui a trait au financement», précise M. Lemay.

Collaboratrice du Devoir