Musée national des beaux-arts du Québec - Un projet de 90 millions pour Québec

Les grands musées québécois recommencent à rêver d'agrandissement. Le Musée national des beaux-arts du Québec vient d'acquérir le site voisin du monastère des dominicains et rêve d'y construire un pavillon de 90 millions de dollars. La semaine dernière, le Musée des beaux-arts de Montréal (MNBAQ) dévoilait son propre projet immobilier de quelque 40 millions.

L'achat du site conventuel (sauf l'église Saint-Dominique), pour un montant de 3,9 millions, est financé par l'homme d'affaires Pierre Lassonde, président du conseil d'administration du MNBAQ. Le quart du projet devra être financé par le secteur privé, ce qui laisse tout de même environ 65 millions à partager entre les différents ordres de gouvernement. À Montréal, le MBAM doit trouver 14 millions auprès des mécènes et 26 millions auprès de Québec et Ottawa.

Les plans du MNBAQ prévoient l'ajout d'une construction neuve sur le site du monastère. Le musée souhaite dévoiler les maquettes d'un concours international d'architecture dans le cadre des célébrations du 400e anniversaire de la Vieille Capitale en 2008. Une fois le gagnant choisi, il faudra ensuite trois ans de travaux pour réaliser le chantier.

Comme tous les grands musées du Québec, l'institution des Plaines d'Abraham manque d'espace pour déployer sa collection permanente sans cesse enrichie par des acquisitions sous forme d'achats ou de dons. Le MNBAQ n'expose que 2 % de ses quelque 30 000 oeuvres, alors que les normes internationales recommandent le déploiement d'environ 12 % des collections.

Le projet du monastère vise l'aménagement d'une aile de 8000 mètres carrés. On y retrouverait des salles réservées à l'art contemporain, mais aussi des accrochages consacrés au Québec des régions vu par des peintres et une zone spécialisée en photographie.

Construire est une chose; entretenir une autre. À Montréal, les millions reçus éventuellement du privé serviraient à alimenter un fonds pour assurer le fonctionnement du nouvel édifice, une surcharge évaluée à plus de 600 000 $ annuellement. Le ministère de la Culture refuse de financer la construction d'un équipement et d'assumer ensuite ses frais d'entretien. Il a été impossible vendredi de savoir quelles étaient les intentions du MNBAQ à ce sujet budgétaire.

Le Québec n'a pas vu naître de nouveau projet muséal depuis l'inauguration du nouveau Musée d'art contemporain et du Musée Pointe-à-Callière, au moment des célébrations du 350e anniversaire de Montréal, en 1992. L'aile la plus récente du MBAM et celle du MNBAQ datent de la décennie précédente.

Les grands projets muséaux ne cessent de pousser ailleurs dans le monde. Boston vient tout juste d'inaugurer un nouveau centre consacré à l'art contemporain. Le Detroit Institute of Arts complète son propre plan dépassant les 175 millions. Les grands musées de Toronto achèvent des projets de rénovation totalisant le demi-milliard.

Pour l'instant, rien n'assure que le montage financier va réussir pour permettre la réalisation des agrandissements des musées des beaux-arts de Montréal et de Québec. La ministre de la Culture, Line Beauchamp, rencontrée au Devoir au début du mois, s'est montrée ouverte aux deux projets, sans rien promettre. Ottawa n'a laissé filtrer aucune intention. En fait, le fédéral n'a pas encore fourni les deux ou trois millions réclamés pour la transformation d'un autre monastère, celui d'Oka, en centre multifonctionnel pour le tourisme, l'agro-alimentation et la formation professionnelle.

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