La salle de spectacles sera éjectée au mois d'août - Plan B pour le Spectrum

Spectra a encore dans sa manche un plan B pour la relocalisation du Spectrum, qui sera éjecté en août prochain par la société immobilière Sidev, nouveau propriétaire du quadrilatère.

L'entreprise qui gère cette salle à titre de locataire a bon espoir de trouver un commanditaire qui financera la construction d'un nouveau Spectrum au même endroit, identique à celui qui fait les beaux jours de la musique depuis 25 ans. «La solution qui reste pour se relocaliser à cette même adresse, c'est de se trouver un commanditaire [pour la construction]», explique en entrevue Alain Simard, président de l'Équipe Spectra. «Les plans existent, on a rencontré des gens, donc il y a encore un espoir de trouver un commanditaire rapidement.»

Spectra planche depuis six ans sur un projet de reconstruction-relocalisation. La compagnie qui mène le bal des gros festivals montréalais avait initialement signé un bail avec Famous Players afin de revamper le quadrilatère dans le contexte du futur Quartier des spectacles (QS) mais son partenaire a été vendu à Cineplex, ce qui a fait tomber le projet.

La proposition la plus récente portait sur un investissement de la part de la société immobilière Sidev, qui promettait d'allonger sept millions pour la reconstruction de la salle, ajoutés aux trois millions de Spectra, à la condition que la Ville lui confirme l'implantation d'une place des festivals. La promesse n'a pas été remplie à temps et le promoteur, qui vient de conclure l'achat du quadrilatère pour 5,5 millions de dollars, a décidé d'aller de l'avant, comme La Presse le révélait hier. Les bâtiments actuels seront donc rasés après la période festivalière et de nouveaux édifices abriteront une tour de bureaux de 60 millions de dollars et des locaux commerciaux d'une valeur de 10 millions.

Et si le plan B échoue? «Le plan C, c'est de relocaliser le Spectrum dans un autre endroit comme l'îlot Balmoral», avance M. Simard. L'idée, évoquée par le maire de l'arrondissement de Ville-Marie, Benoit Labonté, est cependant très loin d'être réalisée et, dans cette optique, la salle mythique ne rouvrirait pas avant plusieurs années. Le manitou de Spectra ne croit pas à l'idée d'investir un édifice déjà existant, hors de sa zone actuelle.

«Je ne connais pas de lieu existant qui pourrait accueillir le Spectrum, dit-il. C'est une salle adorée des Montréalais et des artistes pour une raison: le volume, l'intimité. Donc, pour tout projet de relocalisation, où qu'il soit, c'est important pour nous de garder le même volume, et même de remettre les rideaux noirs et les petites lumières. Mais tout le monde est conscient de l'importance du Spectrum pour les Montréalais et veut trouver une solution pour sa survie.»

Le Groupe Gillett, qui a produit une vingtaine de spectacles au Spectrum en 2006, se désole de l'éventualité d'une fermeture, si temporaire soit-elle. «C'est une institution à Montréal, une salle mythique et un incontournable pour une jauge de 1000 personnes», indique Myriam Vallée. Le producteur devra adapter son calendrier à cette nouvelle réalité.

«C'est un symbole, le Spectrum: cette salle a une âme», clame Jacques Primeau, ancien producteur influent de la scène montréalaise et actuel vice-président du Partenariat du Quartier des spectacles, qui signale le paradoxe derrière cette histoire. «En suscitant l'engouement, on crée une surenchère [immobilière] qui fait disparaître un joueur clé de la dynamique du QS. Il y a un appui politique très clair de la part de la Ville et de l'arrondissement pour le QS, mais là, il faut trouver des solutions financières.»

Le Devoir

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