Le mystérieux peuple du maïs

Grâce aux artefacts, on apprend à connaître la société iroquoienne matrilinéaire, dont les villages et campements s’étalaient autrefois depuis le lac Ontario jusqu’au Saguenay.
Photo: Grâce aux artefacts, on apprend à connaître la société iroquoienne matrilinéaire, dont les villages et campements s’étalaient autrefois depuis le lac Ontario jusqu’au Saguenay.

À l'arrivée de Jacques Cartier, en 1534, les rives du fleuve Saint-Laurent sont habitées depuis déjà plusieurs siècles par les Iroquoiens. Au XVIe siècle, on estime qu'ils étaient près de 10 000 à cultiver le maïs dans la vallée du Saint-Laurent. Pourtant, 60 ans plus tard, lorsque Samuel de Champlain débarque à son tour sur les berges du fleuve, les Iroquoiens ont disparu... Avec l'exposition Les Iroquoiens du Saint-Laurent, peuple du maïs, le Musée de la Pointe-à-Callière offre au public de découvrir ce peuple sédentaire méconnu afin de percer le mystère des premiers cultivateurs des rives du fleuve.

Vers l'an 800, le maïs, déjà cultivé depuis des millénaires en Amérique centrale, fait son apparition dans le Sud-Ouest ontarien. Ce sont les Iroquoiens qui l'introduiront dans la vallée du Saint-Laurent. À travers quelque 130 artefacts provenant de sites archéologiques du Québec, de l'Ontario et de l'État de New York, cette exposition plonge le visiteur dans la vie quotidienne des premiers cultivateurs de la région.

Les nombreux vases aux motifs typiquement iroquoiens, les meules à main et même des grains de maïs carbonisés constituent des preuves de l'importance du maïs dans la vie, voire la survie des Iroquoiens du Saint-Laurent, auxquels on consacre une exposition pour la toute première fois. Cette plante, dont on cultivait la forme primitive (assez différente du maïs que nous savourons aujourd'hui), a en effet véritablement transformé le mode de vie des peuples amérindiens qui, en la cultivant, sont passés du nomadisme à la sédentarité.

Quelques indices

Dans la salle des expositions temporaires, dont une partie rappelle le décor d'une maison longue, les bijoux, pipes et harpons ont aussi une histoire à raconter. Grâce à ces objets, on apprend peu à peu à connaître cette société matrilinéaire, dont les villages et campements s'étalaient autrefois depuis le lac Ontario jusqu'au Saguenay. Le village d'Hochelaga — dont le véritable emplacement, au pied du mont Royal, reste toujours inconnu — est également représenté au moyen d'une maquette, et on nous donne des détails sur le site Dawson au sud de l'université McGill, l'emplacement le plus probable d'Hochelaga.

Refroidissement climatique, maladies, guerres intestines? Tout comme l'emplacement exact du village d'Hochelaga, la disparition des Iroquoiens des berges du Saint-Laurent demeure un mystère. Mais l'exposition du Musée de la Pointe-à-Callière examine toutefois les différentes hypothèses pour expliquer leur départ soudain. On y trouve également quelques objets déterrés lors de récentes fouilles sur le site archéologique de Cap-Rouge, à Québec.

Chose certaine, près de cinq siècles après leur disparition de nos régions, l'histoire des peuples iroquoiens continue de se perpétuer à travers les nombreux artefacts qu'ils ont laissés derrière eux. Ces véritables marqueurs de temps racontent, à leur manière, le récit des premiers Nord-Américains.

n Dans le cadre de cette nouvelle exposition, Pointe-à-Callière a lancé, en collaboration avec les Éditions de l'Homme, l'ouvrage Les Iroquoiens du Saint-Laurent, peuple du maïs, une première publication pour le grand public et l'archéologie nord-américaine. Abondamment illustré, cet ouvrage est principalement rédigé par l'archéologue Roland Tremblay et rassemble de nombreux renseignements sur les peuples autochtones du Québec.

Les Iroquoiens du Saint-Laurent peuple du maïs

Musée de la Pointe-à-Callière

Jusqu'au 6 mai 2007

Tél: 514 872-9150 www.pacmusee.qc.ca.