Guy Cogeval n'ira pas au Musée d'Orsay

Le directeur Guy Cogeval nie catégoriquement quitter le Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM) pour le prestigieux Musée d'Orsay à Paris. Il précise en revanche qu'il lui faut rentrer en France d'ici à la fin de l'année prochaine s'il veut conserver ses droits au sein de la caste privilégiée des conservateurs d'État.

Guy Cogeval, directeur du MBAM depuis 1998, a annoncé sa démission la semaine dernière. Son mandat se terminait l'an prochain, mais il a demandé au conseil d'administration de l'établissement de la rue Sherbrooke de le soulager dès maintenant de ses obligations.

Le directeur démissionnaire du MABM a brièvement répondu à quelques questions hier à l'émission Maisonneuve en direct de Radio-Canada. La plus brûlante portait sur la rumeur voulant qu'il remplace Serge Lemoyne, le président du Musée d'Orsay.

«C'est une rumeur complètement fausse, a répondu M. Cogeval. Je suis en lien étroit avec le Musée d'Orsay. Je connais un certain nombre de conservateurs qui y travaillent parce que j'ai été leur professeur [à l'École du Louvre] et je suis spécialiste du XIXe siècle. On pense donc naturellement à moi. Mais un très grand directeur est en place, Serge Lemoyne, et il est encore là pour un moment. C'est donc une rumeur un peu facile.»

Cela dit, il a ajouté que «parmi les hypothèses envisagées», il y a celle du retour en France. «À partir de la fin de l'année prochaine, je ne pourrai plus être réintégré dans la fonction publique. C'est un élément qui a pesé dans mon choix. Je devais commencer à m'activer.»

En France, les musées nationaux (Louvre, Orsay, Versailles, etc.) et certains services de la direction des musées de France sont dirigés par des conservateurs du patrimoine, une fonction publique de l'État. Ces conservateurs sélectionnés par de sévères concours peuvent également être mis à disposition dans les musées dits classés.

M. Cogeval a redit en entrevue qu'il souhaitait renouer avec l'histoire de l'art qu'il aurait négligée au cours des dernières années. Il a expliqué avoir inauguré une quinzaine d'expositions depuis un an. «L'année 2006 a été, de l'avis général, une des plus riches de l'histoire récente du musée, avec beaucoup d'expositions. Pendant ce temps, je n'ai pas publié et je n'ai pas pu lire plus de trois ou quatre livres. Comme historien de l'art à un certain moment j'ai besoin de prendre de la distance et de réfléchir.»

Le conseil d'administration du MBAM se réunira le 28 novembre pour décider de la marche à suivre pour trouver un remplaçant à M. Cogeval. Pour l'instant, la conservatrice en chef du musée, Nathalie Bondil, semble la mieux placée pour prendre la relève. «Le conseil ne peut pas ne pas envisager sa candidature», a résumé Danielle Champagne, directrice des communications du musée, dans une courte entrevue au Devoir.