Onze Québécois sont honorés lors de la remise des Prix du Québec - Mavis Gallant devient le premier écrivain d'expression anglaise à recevoir le prix Athanase-David

L’oeuvre de nouvelliste de Mavis Gallant est considérée comme une des plus importantes du monde. Source: Frédéric Raevens
Photo: L’oeuvre de nouvelliste de Mavis Gallant est considérée comme une des plus importantes du monde. Source: Frédéric Raevens

Les Prix du Québec ont couronné hier soir cinq femmes d'envergure, dont Mavis Gallant, Prix David en littérature, Hélène Loiselle, Prix Denise-Pelletier pour les arts d'interprétation, et Léa Pool, Prix Albert-Tessier pour le cinéma.

Angela Grauerholz a reçu le prix Paul-Émile Borduas en arts et Marie-Éva de Villers le prix Georges-Émile Lapalme pour la promotion de la langue française. Quant au prix Gérard-Morrisset pour le patrimoine, il est remis à Paul-Louis Martin.

Le plus ancien de ces prix prestigieux décernés par le gouvernement québécois, le prix Athanase-David, marque cette année un tournant en couronnant pour la première fois depuis 1968 un écrivain anglophone, Mavis Gallant, qui vit à Paris depuis 50 ans et qui demeure largement méconnue au Québec, même si son oeuvre de nouvelliste est considérée comme une des plus importantes du monde. Avec ce prix, Mavis Gallant, âgée de 84 ans, est maintenant reconnue par les siens.

Pour sa part, Hélène Loiselle, comédienne rigoureuse et discrète, reçoit le prix Denise-Pelletier, pour une carrière prestigieuse qui a été de toutes les aventures, autant les grandes séries télévisées que les créations théâtrales, autant les radioromans que les téléthéâtres.

Le prix Albert-Tessier est décerné à Léa Pool, originaire de la Suisse, dont toute l'oeuvre cinématographique est marquée par l'errance et l'exil.

Le prix Paul-Émile Borduas souligne le travail d'Angela Grauerholz, dont l'oeuvre contemporaine se distingue par l'utilisation des photographies, des installations et du design.

Paul-Louis Martin, Prix Gérard-Morrisset, élu maire de Saint-André-de-Kamouraska l'année dernière, est un vigoureux défenseur du territoire.

Quant au prix Georges-Émile-Lapalme, on s'étonne presque que Marie-Éva de Villers ne l'ait pas reçu avant, elle qui a fait de la défense du français au Québec l'oeuvre de sa vie, particulièrement avec son Multidictionnaire.

Dans le domaine des sciences et des sciences humaines, le prix Armand-Frappier a été remis à Fernand Labrie, directeur du centre de recherche du CHUL et chercheur de réputation mondiale sur le cancer de la prostate.

Le chercheur en océanographie et en sciences atmosphériques Lawrence A. Mysak reçoit le prix Marie-Victorin (sciences de la nature et génie).

Patrick Glenn, professeur en droit comparé à l'université McGill et considéré comme un des plus éminents juristes actuels, reçoit le prix Léon-Gérin en sciences humaines.

Le prix Wider-Penfield en recherche biomédicale est remis au neurologue Georges Karpati, fondateur du groupe de recherche neuromusculaire de l'Institut neurologique de Montréal, qui a particulièrement étudié la dystrophie musculaire.

Enfin, le prix Lionel-Boulet en recherche et développement en milieu industriel est remis au chercheur et chimiste Yvan Guindon, qui a fait sa marque à l'Institut de recherches cliniques de Montréal.

Le Devoir publiera samedi un cahier spécial sur tous les Prix du Québec 2006.