Et pan dans le PAM!

Le milieu canadien des musées condamne fortement la décision fédérale de couper les budgets du Programme d'aide aux musées (PAM). «Nous sommes sous le choc, perplexes, et nous nous sentons trahis par ces compressions», dit John McAvity, directeur général de l'Association des musées canadiens (AMC). «Nous sommes sidérés et très, très, très surpris», ajoute Michel Perron, directeur général de la Société des musées québécois (SMQ).

Ottawa a annoncé lundi la réduction des budgets du PAM de 2,3 millions par année pour deux ans. L'enveloppe s'élevait à 11,8 millions en 2005-06 selon le cabinet de la ministre du Patrimoine canadien mais à seulement neuf millions selon les calculs de la SMQ. Le PAM soutient surtout les activités de diffusion des expositions au pays.

Cette réduction s'inscrit dans un cadre plus large visant la réduction du budget fédéral d'un milliard par année pendant deux ans. En même temps, le gouvernement Harper a annoncé que les surplus budgétaires de 13,2 milliards de l'année fiscale en cours seront consacrés en totalité au service de la dette. Ces décisions concorderaient avec les engagements électoraux des conservateurs.

Dans un communiqué émis hier, l'AMC rappelle que pendant la dernière campagne électorale, le Parti conservateur lui a fait parvenir un document écrit «qui s'engageait à faire adopter une nouvelle politique muséale accompagnée d'argent neuf». Le comité permanent du Patrimoine canadien a déposé la semaine dernière aux Communes une motion demandant au gouvernement de s'engager dans cette voie. «Les compressions annoncées défient toute logique [et envoient] un message troublant pour tous les membres de l'AMC», dit encore le texte.

La Société des musées québécois note que le budget du PAM n'avait presque pas bougé depuis la fin des années 70, stagnant autour d'une dizaine de millions. «C'est un non-sens de s'attaquer à un programme qui encourage le réseautage des musées canadiens», résume Michel Perron. Il affirme aussi que les excuses concernant l'inefficacité supposée du PAM ne tiennent pas la route. En fait, pour lui, le plus grand défaut de ce programme provenait du ministère lui-même, qui aurait pris énormément de temps à répondre aux demandes d'aide de la clientèle muséale depuis l'élection des conservateurs. «Certains musées québécois attendent des réponses à leurs dossiers depuis 11 mois, dit M. Perron. Si on voulait corriger l'inefficacité, il fallait commencer là.»

Les deux associations préparent des moyens de pression. La SMQ est en congrès la semaine prochaine, au Saguenay, et la discussion des réactions aux compressions sera ajoutée à l'ordre du jour de la rencontre des forces vives du secteur.