Natashquan aura son festival du conte

Après un musée consacré aux personnages de Vigneault et le classement comme patrimoine du site historique des Galets, Natashquan aura son festival du conte et de la légende.

Dans le cadre de son projet de revitalisation de la région intitulé «Natashquan, le pays raconté», le petit village d'à peine plus de 1000 âmes — en comptant ceux de la communauté innue Nutashkuan — accueille à compter d'aujourd'hui et jusqu'au 16 juillet des poètes, des conteurs et des musiciens issus de la tradition innue et non autochtone. «Le conte, sans que nous en soyons conscients, fait partie du patrimoine de la région, et ça allait de soi pour nous de mettre sur pied un tel festival», souligne Josée Chaboillez, directrice artistique de l'événement. Comme pour plusieurs villages au Québec, l'exode des jeunes est une réalité sur la Côte-Nord. «Un tel festival contribue à la stimulation du milieu», ajoute-t-elle.

Avec une douzaine d'artistes, tels Michel Faubert, Simon Gauthier, Rita Mestokosho et Joséphine Bacon, le Festival du conte et de la légende de l'Innucadie veut célébrer la cohabitation plus que centenaire des Innus et des descendants des premiers Acadiens des Îles de la Madeleine. Le public est ainsi convié à un mariage unique, qui n'est pas juste une vue de l'esprit, affirme Mme Chaboillez. Antonine Maillet et Chloé Sainte-Marie, qui a appris et chante l'innu, seront les porte-parole de l'événement, qui se déroulera entre autres à l'Échourie, un café-terrasse récemment aménagé, et au musée Shaputuan de l'Institut culturel et éducatif montagnais. La «Nuit du conte en étoiles» réunira sur la plage une belle brochette de conteurs dont Jocelyn Bérubé, Simon Gauthier, originaire de Sept-Îles, ainsi que Paul-Émile Dominique et Charles-Api Bellefleur, chez les Innus. Pour la soirée de clôture, avec leur musique et leurs rythmes endiablés, les danseurs, «calleurs» et animateurs de veillées que sont les Jarrets noirs promettent une longue nuit chez le Père Landry.

Un festival dont la programmation met en valeur les trésors de la culture innue locale, mais qui n'exclut pas de s'ouvrir aux étrangers dans le futur.