Visite humanitaire

Cette photo est issue du projet de traitement de la tuberculose à Kuito, province de Bi, en Angola. Médecins sans frontières travaille dans ce pays depuis 1983. Ce projet traite environ 700 personnes, dont 20% d'enfants.
Photo: Cette photo est issue du projet de traitement de la tuberculose à Kuito, province de Bi, en Angola. Médecins sans frontières travaille dans ce pays depuis 1983. Ce projet traite environ 700 personnes, dont 20% d'enfants.

Partir en mission humanitaire à l'étranger, apporter une aide médicale à des pays dans le besoin: c'est la mission que s'est donnée Médecins sans frontières. Et grâce à l'exposition itinérante gratuite Il est temps d'agir, chaque visiteur peut maintenant devenir volontaire l'espace de quelques minutes et vivre l'expérience d'une mission humanitaire dans un pays en développement.

Lors de notre visite, l'imposante remorque qui accueille l'exposition de Médecins sans frontières (MSF) avait fait halte au square Phillips. Longue de 16 mètres, elle était difficile à manquer malgré la foule de touristes et d'amateurs de jazz qui avait envahi le petit espace en plein coeur du centre-ville.

Dès l'arrivée sur les lieux, on nous propose de faire tourner une roue de toutes les couleurs, qui nous indiquera dans quel pays nous devrons passer les prochaines minutes de notre mission. À chacun de ces pays est associée une maladie spécifique (paludisme, maladie de Chagas, VIH ou tuberculose). Dans notre cas, la roue s'est arrêtée sur une case de couleur orange: la Bolivie. Sur le carton qu'on nous remet, on découvre le rôle que nous devrons jouer au cours de cette mission: logisticien(ne), sorte d'homme (ou de femme) à tout faire de la mission devant apporter un soutien technique dans différents domaines (véhicules, énergie, information, stock, etc.). Convaincus de l'importance du rôle que nous aurons à jouer (et qui n'a rien à envier à ceux de médecin, spécialiste en laboratoire ou infirmier-ère), nous nous dirigeons fièrement vers l'entrée de la remorque.

Nous pénétrons à l'intérieur avec en tête des images boliviennes de vêtements multicolores, de la cordillère des Andes et du lac Titicaca. Mais, à peine entrés, un volontaire nous renseigne sur la maladie de Chagas, transmise par les insectes cachés dans les murs des maisons pauvres et qui affecte le coeur et les systèmes digestif et nerveux. Elle tue près de 50 000 personnes chaque année. En Bolivie, près de la moitié de la population en est atteinte.

Nous réalisons tout à coup que nous ne sommes pas là pour admirer des photographies d'enfants souriants malgré la misère et de paysages sauvages à l'autre bout du monde. L'exposition de MSF vise d'abord à faire ouvrir les yeux des visiteurs sur le travail des volontaires, mais surtout sur la souffrance de millions de personnes à travers le monde et leur difficulté d'avoir accès à des médicaments à prix abordables.

Les membres de Médecins sans frontières, une organisation médicale fondée en 1971 par un petit groupe de médecins et de journalistes, ont participé à près de 4000 missions dans 70 pays, toujours dans le but d'assurer l'accès aux secours d'urgence aux pays dans le besoin.

Sur les murs de la remorque, des renseignements sur le pays que nous visitons, sur les conditions de vie et les maladies qui y sévissent nous permettent d'en savoir plus et de s'imprégner tout à fait de l'expérience.

La visite n'aura duré que quelques minutes, et pourtant, nous avons l'impression d'avoir voyagé très loin et d'en avoir appris beaucoup. De retour à l'extérieur, quelques photographies prises lors de missions humanitaires donnent un visage à la souffrance dont nous venons de réaliser l'importance. Nous voilà donc renseignés sur la Bolivie et la maladie de Chagas; une seconde visite à l'intérieur de la remorque permettra cette fois de nous rendre compte des ravages causés par le VIH, le paludisme et la tuberculose en Afrique du Sud, en Sierra Leone et en Ouzbékistan.

L'exposition itinérante de MSF roulera sa bosse à travers la province avant de terminer sa course à Toronto, en août, où elle fera partie de la XVIe Conférence internationale sur le sida. À Montréal depuis le 28 juin, elle est présentée sur les quais du Vieux-Port jusqu'à dimanche, pour ensuite poursuivre sa route à Sherbrooke, du 12 au 16 juillet, et à Québec, du 19 au 23 juillet.