Les grandes promesses du Festival d'été de Québec

Le groupe Attach Tatuq
Photo: Le groupe Attach Tatuq

Québec — C'est ce soir que ça commence, et on ne se fera pas prier. Avec le Brésilien Seu Jorge à la place d'Youville et les légendaires The Roots au Pigeonnier, le festin commence par le dessert. Chronique d'un festival prometteur, jour 1.

Le moins qu'on puisse dire, c'est que les organisateurs nous ont mis dans de bonnes dispositions en programmant Cat Empire deux jours avant le début des festivités. La bande d'Australiens a littéralement enflammé le théâtre Impérial mardi soir. La table est maintenant mise pour une année qui a tout pour plaire.

Il faut dire qu'à l'aube de ses 40 ans, le Festival d'été de Québec (FEQ) a concocté un menu très rock et, c'est bien connu, Québec est une ville de rock. Cette fois-ci, on nous offre le genre dans toutes les déclinaisons possibles: indie rock américain (Yellowcard, Story Of The Year) et canadien (Feist, Broken Social Scene), nouveau rock québécois (Malajube, Karkwa), ses déclinaisons plus «garage» (Les Dales Hawerchuk, Galaxie 500), le meilleur du rock français (Louise Attaque), du hard rock des vieux de la vieille (Twisted Sister, Scorpions) et bien sûr, comme à chaque année, Éric Lapointe.

C'est lui qui prend les Plaines ce soir, mais on sera ailleurs. Avec le fascinant Brésilien Seu Jorge ou avec les Roots, groupe emblématique de la scène hip hop. La venue de cette formation née en 1987 à Philadelphie est sans doute un des bons coups du programmateur Jean Beauchesne. «Ç'a été compliqué de les faire venir. Ils sont six à rassembler et ils ont tous des carrières individuelles», explique-t-il. «C'est une performance que tout le monde qualifie d'extrêmement énergique, débridée, volontaire.»

Ils seront précédés au Pigeonnier par les Québécois d'Attach Tatuq et les Autrichiens de Bauchklang, révélation du FEQ 2002. Seul groupe au monde à faire du hip hop a capella, Bauchklang est à la musique ce que le cirque est au spectacle. Il faut le voir pour le croire. «La maîtrise vocale de ces Autrichiens est complètement sidérante. Du dub au hip hop en passant par la house ou la techno, cette musique électronique exclusivement vocale restera sans doute un des bons coups de cette 35e édition», écrivait il y a quatre ans le collègue David Cantin. «On parie qu'on reverra un jour à Québec cet ensemble de beat box humain.» Il ne croyait pas si bien dire.

Plus d'offres au Off

Avis aux intéressés, le Festival Off de Québec est de retour du 12 au 15 juillet (www.quebecoff.org). Avec plus d'une cinquantaine de spectacles, la programmation niche cette année sous le signe de la découverte. «Le but principal du Off est de bonifier l'offre de spectacles à Québec pendant le Festival d'été», précise Martin Têtu, directeur général de l'événement. «Notre événement n'est pas en réaction au Festival d'été. On cherche plutôt à étendre la fête de la musique à d'autres coins de la ville.»

L'été dernier, la programmation du Off avait séduit par sa diversité et la pertinence de ses choix en présentant des artistes comme Buck 65, Martha Wainwright, Nicolas Repac, Malajube, Kid Koala et bien d'autres encore. Si la programmation de cette année ne peut pas compter sur de telles locomotives, les gens du Off ne s'en inquiètent pas outre mesure. «Il faut rester fidèle à notre mission et surtout ne pas tomber dans le piège du glamour, poursuit Martin Têtu. Notre action s'articule autour de deux axes: faire découvrir des groupes intéressants aux gens de la région et offrir une scène aux artistes de Québec qui se retrouvent souvent écartés de la programmation du Festival d'été.» On vous en reparle bientôt.

Collaborateurs du Devoir