Québec - Un Palais Montcalm métamorphosé

Québec — À quelques mois de l'ouverture d'un nouveau Palais Montcalm qui a coûté presque deux fois plus cher que prévu, la mairesse Andrée P. Boucher soutient que la nouvelle résidence des Violons du Roy sera si belle qu'on en oubliera les dépassements de coûts qu'elle a occasionnés.

«Quand ça va être terminé, quand ça va être beau, quand les gens vont entendre, quand les gens vont faire de la musique dans le Palais Montcalm devenu la Maison de la musique, on va tout oublier ce qui a précédé. Il n'y aura plus que la réalisation», a-t-elle déclaré hier après-midi, après avoir visité le chantier.

Lors du lancement des travaux en 2002, on prévoyait que la nouvelle Maison de la musique ouvrirait ses portes en septembre 2003 et qu'elle coûterait 12 millions de dollars. Trois années plus tard, la facture se chiffre à 22,2 millions. Mais Mme Boucher envisage maintenant l'avenir avec optimisme. «La musique, c'est l'âme d'un peuple, et il y aura ici, plus que nulle part ailleurs, cette expression de l'âme des Québécois et des gens de la ville de Québec.»

La mairesse était accompagnée hier d'Élise Paré-Tousignant, la présidente de la Société du Palais Montcalm, qui gère l'immeuble. Mme Tousignant, qui vient de recevoir l'Ordre du Québec pour son engagement dans l'enseignement et la diffusion de la musique, est l'ancienne directrice artistique du Festival du Domaine Forget, dans Charlevoix.

Une expérience dont on a cherché à tirer profit ici puisque la nouvelle salle de concert s'inspire de celle du Domaine Forget, qui est réputée pour la qualité de son acoustique. «Ce que nous bâtissons, c'est un écrin pour la musique, a dit Mme Paré-Tousignant. Je sais d'expérience que nous sommes à mettre en place un équipement de qualité, de calibre mondial, que nous envieront bien des villes sur la planète.»

Bernard Labadie

est enthousiaste

Bernard Labadie, qui vient, lui aussi, d'être honoré par l'Ordre national, avait interrompu ses vacances hier pour visiter son futur lieu de travail. «Le vieux Palais Montcalm avait la meilleure acoustique de Québec et on s'attend à ce que le nouveau soit d'un calibre supérieur», a-t-il fait remarquer.

Outre l'acoustique, la salle a ceci de particulier qu'elle permettra à certains spectateurs d'assister au concert depuis le fond de la scène, face au chef d'orchestre. «Ça donne une impression de proximité avec le public qui est très agréable», note M. Labadie, qui fait remarquer que la salle François Bernier du Domaine Forget et celle du Concertgebouw d'Amsterdam sont également conçues ainsi.

La nouvelle salle Raoul-Jobin pourra recevoir 979 personnes à la fois. Les mélomanes auront en outre le choix entre trois grandeurs de siège pour accommoder leurs rondeurs et la ventilation sera assurée par de discrets puits d'air disposés sous chacun des fauteuils.

De l'ancien Palais Montcalm, il ne subsiste en somme pas grand-chose. Seulement la façade, les murs de côté, les loges et le débarcadère. De là à suggérer qu'il ait mieux valu tout détruire, il n'y a qu'un pas que la mairesse de Québec n'hésite pas à franchir. «Si on avait tout jeté à terre, ç'aurait été beaucoup plus simple. [...] On a fait du neuf avec du vieux, c'est toujours plus cher.»

Construit en 1931, le Palais Montcalm a eu de nombreuses vocations. En plus de sa salle de spectacle, il a longtemps abrité une bibliothèque, et même une piscine! Salle emblématique de la capitale, il a été l'hôte, dans le passé, de vedettes de la chanson, d'ensembles classiques et de compagnies théâtrales. Vulnérabilisé par l'arrivée du Capitole de Québec au début des années 1990, il avait connu des années difficiles jusqu'à ce que soit lancé le projet de Maison de la musique.

Collaboratrice du Devoir