Patrimoine de l'humanité de l'UNESCO - 37 sites en lice

Paris — Trente-sept sites, comme celui de Bissotoun en Iran avec son temple médique et ses inscriptions d'époque babylonienne ou les Causses-Cévennes et leurs Cités templières en France, sont en lice pour être inscrits dans quelques jours au patrimoine de l'humanité de l'Unesco.

La liste établie par l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (Unesco) dans le but de protéger des richesses culturelles et naturelles jugées exceptionnelles sera parachevée à Vilnius lors de la 30e session du Comité du patrimoine mondial, du 8 au 16 juillet.

L'Unesco ne divulgue pas les lieux candidats pour éviter la «politisation» du débat.

Selon les informations de l'AFP, la ville côtière de Lota au Chili, berceau de l'exploitation du charbon, celle allemande de Ratisbonne, en Bavière, au riche passé médiéval et Renaissance, ou encore le parc national de la Lopé au Gabon figurent parmi les dossiers déposés par 30 pays, issus de tous les continents.

L'an dernier, 24 sites avaient été retenus, dont la colline de Qalaat au Bahreïn, la ville de Mostar (Bosnie-Herzégovine) ou le centre reconstruit du Havre (France). Mais le nombre des nouveaux élus devrait cette fois être inférieur.

Certains dossiers ne convainquent pas ou sont insuffisamment étayés, or «le Comité devient de plus en plus exigent», fait-on valoir au siège de l'Unesco à Paris.

La tendance depuis plusieurs années est en outre de privilégier les sites «naturels» (où l'homme n'est pas intervenu), et d'«essayer d'améliorer la représentativité de la liste, où la Vieille Europe est surreprésentée».

«Une candidature du Cameroun est considérée avec plus de bienveillance qu'une candidature allemande, espagnole, française ou italienne», résume Dieter Offenhäusser, qui représente l'Allemagne.

Au total, 812 biens disséminés dans 137 États sont déjà inscrits au titre d'une Convention adoptée en 1972 et ratifiée par 182 pays, qui encourage la coopération internationale pour sauvegarder le patrimoine commun.

Il s'agit majoritairement de «biens culturels» créés par l'Homme (plus de 600), comme les temples d'Abou Simbel en Égypte ou les cathédrales baroques d'Amérique latine.

Quelque 200 sites «naturels» ou «mixtes» figurent également au patrimoine mondial, comme les îles Galapagos, qualifiées de «musée vivant», le parc national africain de Serengeti ou la Grande Barrière de corail d'Australie.

Le label puise son origine dans la décision, dans les années 1950, de construire le barrage d'Assouan en Égypte, qui, sans mobilisation internationale, aurait englouti la vallée des temples d'Abou Simbel, trésors de l'Égypte ancienne. Des campagnes internationales ont depuis permis de sauver d'autres sites menacés, de Venise à Borobudur (Indonésie).

Mais comme une inscription au patrimoine mondial n'ouvre droit à des crédits — très limités — qu'en cas de péril, l'impact se mesure surtout en termes de renommée et de retombées touristiques.

«C'est une affaire de prestige international. On joue d'un coup en Ligue des champions, aux côtés des Pyramides et de la Grande Muraille de Chine, et c'est un atout» quand on cherche des fonds, relève M. Offenhäusser.

Les candidatures concernent cette année 27 sites culturels, 8 naturels et 2 mixtes. Trois dossiers sont transfrontaliers. L'extension de quatre sites déjà inscrits sera également discutée: au Népal, en Serbie, en Suède et en Finlande.

Le Comité peut en outre retenir des sites proposés dans le passé et d'abord écartés faute de garanties, sur les mesures de conservation notamment.

En 2003, l'Unesco a aussi adopté une Convention pour protéger le patrimoine immatériel de l'humanité. Quatre-vingt-dix chefs-d'oeuvre y ont déjà été inscrits, dans un processus de désignation différent, comme le carnaval d'Oruro en Bolivie ou le patrimoine oral du Guélédé (Bénin, Nigeria et Togo).