Sylvie Cobo en spectacle au Studio-Théâtre de la Place des Arts - Audace et authenticité

La chanteuse Sylvie Cobo, que l'on connaît davantage comme percussionniste sous le nom de La Baronne, a choisi de s'installer au Québec. Elle sera en spectacle ce soir au Studio de la Place des Arts.

Originaire de Saint-Étienne, localité française située en banlieue de Lyon, et née de parents émigrés espagnols antifranquistes, Sylvie Cobo s'est installée au Québec depuis trois ans. Elle s'y est adaptée facilement, trouvant ici un milieu favorable à la création. «Les immigrés sont toujours en manque de quelque chose, mais leur situation leur permet de prendre du recul et de s'interroger beaucoup, ce qui est très stimulant pour un artiste.» Dans sa famille, on n'était pas musicien, mais on écoutait assidûment Barbara, Brel, Ferré, Brassens et Gainsbourg autant que Mozart, Beethoven, Vivaldi, Ravel et Fauré. «Nous étions d'un milieu modeste. C'est grâce à la musique que la culture est entrée à la maison», raconte-t-elle.

Depuis sa tendre enfance, Sylvie Cobo baigne donc dans la musique et se passionne pour toutes ses formes. «À l'adolescence, j'ai dérivé vers la musique rock, évidemment. Maintenant, j'écoute Alain Bashung [un mélange d'Edgar Poe et de Nick Cave], Juliette, Yann Perreault, Pierre Lapointe et Richard Desjardins pour leur écriture si personnelle, Chloé Sainte-Marie pour sa sensibilité et sa poésie, Marianne Faithfull et Peter Gabriel, entre autres.»

L'art de l'auteure-compositeure-interprète audacieuse se ressent de toutes ces influences aujourd'hui. Après avoir exercé divers métiers, dont ceux de ferrailleuse et d'ébéniste, Sylvie Cobo a compris qu'il fallait qu'elle revienne à sa passion de toujours, la musique, pour s'y consacrer entièrement. C'est d'abord comme une flamboyante percussionniste jouant et chantant sous le pseudonyme de La Baronne qu'elle s'est fait connaître. «Mes amis m'avaient donné ce sobriquet pour plaisanter, parce que je vivais alors avec quelqu'un qui avait un nom à particule.»

Effectuant un virage majeur, Sylvie Cobo a délaissé la batterie sur scène et chante maintenant accompagnée de musiciens. «Les performances en duo ou en trio à la batterie étaient très éprouvantes sur le plan physique autant que sur le plan nerveux et requéraient une énergie folle; et puis je ressentais le besoin de parler aux gens de plus près, de façon plus directe», explique-t-elle. «Assurer la batterie orientait mes spectacles dans un autre sens et devenait une sorte de barrière entre les spectateurs et moi. J'avais envie d'explorer autre chose. Je suis très contente de chanter au Studio-Théâtre de la Place des Arts, une salle intime et chaleureuse.»

La performeuse d'alors a donc tourné la page; elle est devenue une chanteuse qui mise sur des musiques plus élaborées. La diversité est d'ailleurs ce qu'elle apprécie particulièrement dans le milieu de la chanson. «La chanson se nourrit de formes d'expression très diverses. Elle reflète bien le nomadisme dont parle Jacques Attali; la réalité et les événements du monde ont un impact direct sur la culture, donc sur la chanson.»

La personnalité singulière de Sylvie Cobo, son originalité en tant qu'artiste, son parcours exempt de tout académisme ont toujours suscité de vives réactions, chez les spectateurs comme chez les critiques. «On m'aime beaucoup ou on ne comprend pas du tout ce que je fais; il n'y a pas de réactions tièdes», remarque-t-elle.

Sylvie Cobo en spectacle au Studio-Théâtre de la Place des Arts, accompagnée de ses musiciens, Matt Herskowitz au piano, Simon Esterez à la basse, Sylvain Pohu aux guitares et Nicolas Grégoire à la batterie. Ce soir, à 20h. Renseignements et réservation: % (514) 842-2112, ou Réseau Admission (avec frais): (514) 790-0245.

Collaboratrice du Devoir