Télévision - Le CRTC exige plus de fictions canadiennes

Le CRTC vient d'imposer de nouvelles mesures aux trois grands réseaux canadiens-anglais, CTV, Global et CHUM: d'ici cinq ans, ils devront consacrer 6 % de leurs revenus à la production de fictions canadiennes.

Cette mesure décrétée vendredi dernier par l'organisme réglementaire fédéral représente une augmentation de 80 % des sommes actuellement consacrées aux fictions canadiennes.

L'écoute des fictions canadiennes par l'auditoire canadien-anglais est en baisse et ne se compare aucunement à l'écoute des fictions par les francophones. Autant les Québécois adorent les émissions québécoises, autant les Canadiens anglais demeurent fortement attirés par la télévision américaine.

En 2004, le CRTC avait amorcé une consultation auprès du milieu télévisuel pour étudier différentes mesures afin d'encourager la production et l'écoute de fictions canadiennes-anglaises.

La cible de 6 % avait été évoquée par le CRTC tout au long de cette consultation. L'Association québécoise des producteurs de films et de télévision se montrait ouverte à cette initiative et proposait même de l'imposer sur une période de trois ans au lieu de cinq. Par contre, l'Association canadienne des radiodiffuseurs, le puissant lobby de l'industrie télévisuelle privée, n'appréciait pas du tout la mesure et proposait plutôt un pourcentage moins élevé. La semaine dernière, le CRTC a tranché en rendant officielle la cible de 6 %.

En 2003-04, les dépenses des télédiffuseurs privés en matière de dramatiques canadiennes ont représenté 3,3 % de la totalité des revenus de l'industrie, participation des diffuseurs au Fonds canadien de télévision non retenue. L'année précédente, le pourcentage était de 3,7 %.

Le CRTC demande également aux diffuseurs d'accroître l'écoute des fictions canadiennes. En ce qui concerne les télédiffuseurs conventionnels, on demande de porter d'ici cinq ans à 16,5 % l'écoute des dramatiques canadiennes par rapport à l'écoute de toutes les dramatiques qu'ils diffusent. Ce pourcentage est de 9,2 % à l'heure actuelle et varie selon les réseaux: en 2003-04, l'écoute était de 10,5 % chez CTV, 9,1 % chez CHUM et 8,4 % chez Global.

Le CRTC reconnaît que ces mesures représentent «tout un défi» mais dit qu'il s'agit d'un objectif «atteignable» si les entreprises profitent d'un programme de mesures incitatives créé en 2004.