Spectacle - Bush-bashing sur la scène new-yorkaise

C'est à croire que le Tout-New York ma chère s'est donné le mot. Ce mois-ci, il est de bon ton, sur scène, de tirer à boulets rouges sur le président George W. Bush. À preuve, pas moins de trois spectacles affichent clairement leurs couleurs dans la Grosse Pomme avec des titres sans équivoque: Bush Is Bad, Laughing Liberally et Bush Wars.

Le Bush-bashing est une activité répandue à New York, bastion démocrate oblige. Sur scène toutefois, jamais la concertation n'avait été aussi grande. C'est le Triad Theater qui a ouvert le bal l'automne dernier avec Bush Is Bad: The Musical Cure for the Blue-State Blues, une revue musicale aux dents longues et à l'esprit déjanté.

Le succès a été si grand que la revue signée Joshua Rosenblum reprend l'affiche ce mois-ci et le mois prochain. Comédie hybride entre Forbidden Broadway et The Daily Show, Bush Is Bad propose une revue qui n'a pas la prétention de faire dans la dentelle. «Le spectacle est fait pour amuser, rassurer et même inspirer ceux qui sont déjà dégoûtés [de l'administration Bush]», préviennent ses créateurs sur leur site Internet, qui s'ouvre sur un président Bush écrasé... sous un piano à queue!

Samedi, ce sera au tour du Town Hall d'entrer dans la danse avec Laughing Liberally, d'Eric Krebs. Le spectacle ne durera qu'un soir mais les organisateurs prévoient déjà une tournée triomphale à la grandeur du pays de l'oncle Sam. Des stand-up comics viendront commenter l'actualité de la semaine, le tout étant entrecoupé de segments musicaux et vidéo. Leur but: «sauver la démocratie, un rire à la fois».

La formule est librement inspirée de Drinking Liberally, un concept inventé par Justin Krebs, père d'Eric. Placée sous le slogan «Promouvoir la démocratie, une pinte à la fois», Drinking Liberally a déjà distillé son message dans 41 États, annonçant de beaux lendemains à Laughing Liberally.

Les deux se veulent aussi constructifs que possible. «Ce ne sera pas qu'une soirée de "Bush-bashing" parce que ce serait trop facile. Heureusement, il y aura aussi des idées», a confié en entrevue à Reuters Jim David, un des humoristes qui prendront part à cet événement. Bien sûr, les politiciens seront les bienvenus. Des sièges ont d'ailleurs été réservés à leur nom... de même que pour leurs avocats, précise le site Internet de Laughing Liberally.

Surfant sur cette vague qui a déjà fait un tabac à New York, le Collective Unconscious mise pour sa part sur Bush Wars, une nouvelle comédie musicale de Nancy Holson. Décrite comme étant «extrêmement partisane», la revue musicale comprend 16 parodies qui passent au crible tous les travers de l'administration Bush.

En fait, Bush Wars entend littéralement «contre-attaquer l'horrible programme de l'administration Bush». De Dick Cheney, qu'on prend en flagrant délit au lit avec les compagnies de pétrole, à George Bush lui-même, qu'on retrouve en train de dîner aux côtés d'Oussama ben Laden, Bush Wars tire sur tout ce qui gratte à Washington. Et ça fait délicieusement mal, s'entendent pour dire les critiques new-yorkais.