Le bien-être animal, une priorité

Sabrina Caron traite ses vaches aux petits oignons, notamment en leur offrant un espace lumineux et une alimentation optimale.
Photo: Sabrina Caron traite ses vaches aux petits oignons, notamment en leur offrant un espace lumineux et une alimentation optimale.
Sabrina Caron est tombée dans le lait quand elle était petite. Mais si elle a grandi auprès des vaches sur la ferme traditionnelle fondée par ses grands-parents puis reprise par son père, elle s’est donné pour mission, au moment d’en prendre les rênes, de faire sa petite révolution. Rencontre avec une entrepreneure animée par la passion du métier.

« Lorsque j’étais toute jeune, les employés de la ferme me disaient que j’avais tout ce qu’il fallait pour reprendre l’entreprise de mon père. Mais ça n’est devenu évident pour moi que le jour où j’ai visité l’école vétérinaire du campus de Saint-Hyacinthe avec ma classe de biologie en secondaire IV. C’est difficile à expliquer, mais je me suis sentie dans mon élément et j’ai su que j’allais étudier dans ce domaine. » Cet intérêt pour le bien-être animal pousse la future diplômée de l’Institut de technologie agroalimentaire du campus de La Pocatière à prendre rapidement sous son aile certains dossiers qui interpellaient moins son père. « Petit à petit, j’ai amené de nouvelles idées, je me suis intéressée entre autres à la question de la longévité ainsi qu’au confort des vaches. En parallèle, je cherchais des solutions environnementales pour assurer la réduction de notre empreinte carbone. »

L’exercice lui permet de constater que les normes d’élevage ont énormément évolué au cours des quarante dernières années en raison du volume de connaissances accumulées pendant cette période. C’est ce qui fait en sorte que les pratiques d’élevage d’une ferme laitière sont plus efficaces, moins polluantes, moins contraignantes pour les producteurs et plus douces pour les animaux.

Des vaches heureuses

En 2009, Sabrina Caron s’attaque à plusieurs chantiers avec son conjoint et partenaire d’affaires Danny Giguère, à commencer par le remplacement d’un bâtiment datant de plus de 30 ans par un nouvel espace plus moderne, plus lumineux et offrant une qualité de l’air optimale. « On a fait ça pour que nos vaches soient heureuses. Si elles sont bien nourries et que toutes les bonnes conditions sont réunies pour leur offrir un milieu de vie confortable, elles vont donner un très, très bon rendement. C’est la même chose pour les humains : si tu n’es pas surmené, si ton cadre de travail est beau et si tu peux sortir de temps en temps pour t’aérer les esprits, la performance sera au rendez-vous. »

Autre amélioration : l’implantation d’un système de traite automatisé permettant aux vaches d’être autonomes et de se rendre en toute liberté à la station de traite. La robotisation fait en sorte que le lait est tiré au besoin plutôt que deux ou trois fois par jour, ce qui convient mieux à leur volume de production variable, plus abondant par exemple au début du cycle de lactation. Chaque visite est accompagnée d’une distribution de moulée, ce qui motive les vaches moins pressées.

« Nous ne sommes pas des méchants pollueurs. Nous cultivons les sols tous les jours de la bonne façon, nous traitons bien nos animaux et si on ne le faisait pas, on ne serait pas en affaires... Je suis certaine que les éleveurs et les agriculteurs font partie de la solution environnementale. »
 

Quand le troupeau va bien, la qualité de vie des producteurs s’améliore. Les nouvelles technologies d’automatisation, qui contrôlent également la régulation de la température et la ventilation des bâtiments, simplifient grandement leur quotidien. « Avec environ 175 vaches, incluant la relève, ce qui dépasse la moyenne nationale, nous arrivons à gérer la ferme à deux, avec un coup de main de mon père, sans avoir à superviser de personnel. » Tout ça avec des horaires flexibles et en respectant des normes d’élevage exigeantes.

Plus de lait, moins de méthane

En raison des avancées en génétique, des soins prodigués et de l’attention portée à leur bien-être, les vaches de la ferme Roland Caron sont très productives, ce qui entraîne des retombées positives pour l’environnement. « Mes vaches donnent deux à trois fois plus de lait que celles de mon grand-père. Leur bilan carbone s’est donc amélioré, car une seule vache produit moins de méthane – issu de leurs rots et de leurs pets, je le rappelle – que deux ! C’est la même chose pour l’eau : une vache qui produit du lait consomme 140 litres d’eau par jour, et celle qui produit le double de lait ne doublera pas sa consommation d’eau. »

Sabrina Caron rappelle en outre que des ajustements portés en continu à l’alimentation des vaches en lactation pour leur fournir précisément les nutriments nécessaires à leur santé et à leur production, sans excès ni gaspillage, permettent de réduire leur production de méthane.

Les agriculteurs et les éleveurs font partie de la solution

C’est on ne peut plus clair pour Sabrina Caron, qui prend la parole au nom de ses confrères et consœurs. « Nous ne sommes pas des méchants pollueurs. Nous cultivons les sols tous les jours de la bonne façon, nous traitons bien nos animaux, et si on ne le faisait pas, on ne serait pas en affaires. Je réfléchis à ça depuis longtemps et je suis certaine que les éleveurs et les agriculteurs font partie de la solution environnementale. Nous pouvons nous améliorer en adoptant de nouvelles techniques qui nous permettent d’emmagasiner dans le sol le carbone produit par des industries et de dépolluer l’air comme le font tous les végétaux. Nous avons la terre et les champs pour faire ça, et nous voulons tous faire notre part pour l’environnement. »

Des pratiques agricoles durables

La ferme Roland Caron a mis en place des pratiques exemplaires sur les terres où sont cultivés le foin, les céréales et le maïs pour alimenter le troupeau laitier.
En voici quelques-unes.

Le semis direct
L’automne venu, Sabrina Caron laisse les sols de sa ferme tranquilles. La couche protectrice de résidus de culture accumulée à la surface prévient l’érosion par l’eau et par le vent, et elle améliore, après quelques années, l’activité biologique sous la surface. « Au printemps, les semis directs sont faits avec un semoir spécialisé, sans labourer le sol. Comme la terre n’est pas retournée, on empêche le carbone, qui est capté par les racines dans le sol, de s’oxyder au contact de l’air et d’être converti en CO2. » De plus, le semis direct permet d’augmenter la matière organique dans le sol, qui devient ainsi plus résilient, et qui accumule mieux l’eau pour la restituer en cas de sécheresse.

Le recours à l’engrais « vert » et au fumier
Les cultures de couverture consistent à semer à l’automne des végétaux tels que des légumineuses, des graminées, du radis ou de la moutarde. Ils prennent alors racine, ce qui permet de prévenir l’érosion du sol et d’emmagasiner des nutriments. « Le sol reste riche et vivant, même l’hiver sous la neige. Cela permet de réduire grandement l’utilisation d’engrais au printemps et de diminuer les émissions de GES produites par leur fabrication et leur transport. » De plus, la ferme base la fertilisation des champs sur le fumier, un engrais naturel, en l’épandant au moment où les cultures en croissance en ont le plus besoin.

L’aménagement de bandes riveraines et la présence de ruches
« Ces zones tampons au bord des cours d’eau limitent les pertes de nutriments vers la rivière et ultimement le fleuve, ce qui appauvrirait nos sols. » Concrètement, il s’agit d’arrêter de faucher et de laisser la végétation prendre le dessus aux abords des cours d’eau. « Les branches s’accrochent à nos machines et nos bandes riveraines sont peut-être un peu moins belles, mais moi, je les trouve magnifiques parce qu’elles sont pleines de bestioles et de pollinisateurs. J’accueille d’ailleurs les ruches d’un producteur de miel sur ma ferme. Elles butinent partout dans nos champs et les abeilles sauvages profitent également de cette diversité. »

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