Gestion durable du secteur laitier : six actions clés

Les producteurs de lait du Québec comptent parmi les plus proactifs de la planète en matière de développement durable. Aperçu des principales pratiques qu’ils mettent en œuvre pour assurer la protection de l’environnement et pour réduire leur empreinte carbone.

 1.
LA SÉQUESTRATION DU CARBONE DANS LES SOLS
Quand les systèmes racinaires arrivent à la rescousse

La très grande majorité des fermes laitières cultivent du blé, du maïs, du soja et des plantes fourragères vivaces entrant dans la composition du foin et de l’ensilage pour nourrir leurs vaches, et certaines produisent en parallèle des produits maraîchers destinés à la vente ou à la consommation familiale. Ces cultures sont essentielles à la vie humaine et animale, et de nombreuses actions peuvent être prises pour améliorer la gestion des sols et diminuer l’utilisation de pesticides et d’engrais minéraux et de synthèse chimiques. Les producteurs peuvent réduire les labours, laisser les champs couverts par des résidus ou des cultures pendant la saison hivernale et opter pour les semis directs afin de favoriser la captation biologique du carbone, notamment par les systèmes racinaires, tout en prévenant l’érosion de la couche arable. Ces pratiques demandent de la patience et une machinerie spéciale, mais donnent de très bons résultats en quelques années.

 2.
LE RECOURS À UNE ÉNERGIE RENOUVELABLE
Et ça inclut la transformation du fumier !

Même si le Québec a la chance de pouvoir compter sur son hydroélectricité, une énergie propre et renouvelable à 99 %, la pression exercée sur cette ressource ne cesse d’augmenter, et d’autres avenues doivent être explorées. En parallèle, il est clair que nous devons réduire notre dépendance aux énergies fossiles. C’est ainsi que certains producteurs misent sur l’installation d’éoliennes et de panneaux solaires. Mais il y a une autre source d’énergie renouvelable que l’on trouve en abondance (vraiment !) sur les fermes laitières : il s’agit du fumier et du lisier, soit les déjections solides et liquides des vaches, qui peuvent être transformés en biogaz. La COOP Agri-Énergie de Warwick, qui regroupe treize producteurs laitiers de la MRC d’Arthabaska, est la toute première au Québec à se consacrer à ce projet de valorisation, qui donne déjà des résultats concrets. La matière organique des bovins est récoltée à la ferme, puis transportée au complexe de biométhanisation, lequel a été choisi en raison du nombre élevé de fermes laitières dans le secteur et de sa proximité avec le réseau gazier. Le fumier et le lisier sont purifiés et traités sur place, puis convertis en énergie renouvelable. Voilà un bel exemple d’économie circulaire à boucle courte, qui fait en sorte que nos producteurs de lait deviennent aussi des producteurs d’énergie !
3.
L’AMÉLIORATION DE LA NUTRITION ANIMALE
Objectif : minimiser les émissions de méthane

La digestion des vaches produit naturellement du méthane, et une façon efficace de réduire ces émissions est de porter une attention particulière à leur alimentation. Grâce aux conseils de spécialistes en nutrition animale et au coup de pouce offert par les robots d’alimentation qui contrôlent les dosages, les producteurs peuvent calibrer la nourriture de leurs vaches avec une grande précision dans le but de minimiser les effets de leur digestion sur l’environnement. Et ce, tout en leur offrant ce qu’il faut pour être en bonne santé. Qu’est-ce qui est au menu dans l’étable ? Des recherches ont démontré que les régimes à base de grains et de plantes fourragères de qualité comme la luzerne, fauchées quand elles sont tendres et appétissantes, permettent de faciliter la digestion dans le rumen des vaches. Ce type d’alimentation fait en sorte que plus de lait est produit avec moins d’animaux, ce qui génère moins de méthane. Pour assurer leur santé, les vaches ont même droit à des additifs alimentaires comme des levures, des enzymes, des extraits de plantes et des huiles essentielles.

La production laitière canadienne n’utilise qu’environ 0,02 % de l’approvisionnement en eau douce du sud du Canada, où sont établis la majorité des producteurs.
 

4.
L’OPTIMISATION DE LA CONSOMMATION D’EAU
Les mots d’ordre : réduire, réutiliser, recycler

Si l’on compare l’empreinte en eau d’autres pays producteurs de lait, le Québec obtient de bons résultats en utilisant l’équivalent de 10,2 litres d’eau pour produire un kilogramme de lait, ce qui équivaut à 72 secondes sous la douche. C’est beaucoup mieux que la Nouvelle-Zélande (249,3 litres), les Pays-Bas (66,4 litres) ou encore l’Australie (14,1 litres). Au cours des dernières années, la consommation d’eau associée à la production d’un litre de lait au pays a été réduite en moyenne de 6 %, tandis que la quantité d’eau destinée aux sols a diminué de 11 %. Des stratégies qui ont fait leurs preuves sont à l’origine de cette excellente performance. Parmi celles-ci, le maintien d’une température fraîche dans les étables, qui contribue à augmenter le confort des vaches et fait en sorte qu’elles ont moins besoin de s’hydrater. Autres mesures mises en place : la prévention et la réparation des fuites dans les systèmes d’alimentation en eau et d’évacuation des eaux usées, ainsi que la récupération et la valorisation de l’eau utilisée pour le nettoyage de l’équipement et des systèmes de refroidissement.

 5.
LA PROTECTION DES SYSTÈMES HYDRIQUES
Pour prévenir le ruissellement, la contamination et la pollution

Les producteurs de lait se préoccupent de préserver et de maintenir la qualité de l’eau naturellement présente sur leurs terres. Lorsque leur propriété, par chance, est dotée de milieux humides naturels, ils s’efforcent de les protéger. D’abord pour favoriser la biodiversité, et ensuite pour profiter de leur action filtrante qui prévient d’éventuelles contaminations. Une autre façon de préserver la qualité de l’eau est l’optimisation des cultures, notamment en misant sur les légumineuses, les plantes fourragères pérennes et les cultures de couverture, qui sont des plantes fixatrices d’azote atmosphérique. Leur présence, qui permet de fertiliser la culture suivante, réduit grandement, voire élimine le besoin d’avoir recours à des engrais de synthèse chimiques contenant de l’azote pour fertiliser les sols, ce qui prévient le ruissellement de cet élément potentiellement polluant dans les cours d’eau à proximité. Enfin, les bandes riveraines, qui sont des plantations d’arbres et d’arbustes séparant les zones terrestres des zones aquatiques, agissent aussi comme des filtres qui préservent la qualité de l’eau. Tout en faisant la promotion de la biodiversité !

6.
LA CRÉATION D’HABITATS POUR LES POLLINISATEURS
Parce que les abeilles et les insectes sont les alliés indispensables des agriculteurs

Le nombre d’abeilles, on le sait, a grandement chuté dans les dernières années. Une situation inquiétante, car leur travail est essentiel pour les cultures destinées à l’alimentation des humains et des animaux d’élevage. C’est pour cette raison que 25 % des producteurs de lait du Québec ont installé des ruches sur leurs terres. Certains en sont propriétaires, d’autres louent des ruches à des apiculteurs ou leur permettent tout simplement de les installer sur leur ferme. Les producteurs de lait créent aussi des environnements accueillants pour les pollinisateurs sauvages et autres insectes utiles, notamment en laissant des bandes de terrain en friche, en favorisant la diversité florale et en implantant des cultures de couverture.

Pour en savoir plus sur les efforts des producteurs de lait du Québec.
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Les Producteurs de lait du Québec s’occupent des tâches administratives et politiques reliées à la production laitière. Ainsi, les producteurs peuvent se concentrer sur ce qu’ils aiment le plus et font le mieux : prendre soin de leur ferme et de leurs animaux !

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