La beauté du monde, ou l’importance de l’art dans nos vies

Le retour de la Victoire de Samothrace au Louvre, en 1945.
Photo: 1945 Musée du Louvre / Pierre Jahan Le retour de la Victoire de Samothrace au Louvre, en 1945.
Cette création originale de l’Opéra de Montréal, très attendue, nous fait revivre l’épopée du sauvetage des trésors du Louvre pendant la Seconde Guerre mondiale. Forte d’un livret de Michel Marc Bouchard et d’une musique de Julien Bilodeau, elle démontre le pouvoir réconciliateur de l’art et porte à réflexion dans le contexte géopolitique actuel.

Avis aux mélomanes et passionnés d’histoire : La beauté du monde s’appuie sur des faits bien réels qui ont profondément marqué l’histoire de l’art du XXe siècle. Le contexte : craignant les bombardements et les pillages des nazis avançant sur Paris, le directeur des musées nationaux de l’Hexagone, Jacques Jaujard, déploie un audacieux subterfuge avec la complicité de Rose Valland, ancienne directrice du Jeu de Paume. Celle-ci, véritable héroïne de l’ombre, recueille en secret des informations sur les collections privées dérobées à des juifs par les Allemands. Grâce à leur courage, des milliers de chefs-d’œuvre, dont font partie La Joconde et la Victoire de Samothrace, sont transportés dès 1939 aux quatre coins de la France pour y être mis à l’abri.

La genèse de l’opéra

« Michel Marc Bouchard m’a parlé de ce projet alors que nous mangions ensemble pour célébrer la dernière représentation des Feluettes, et j’ai trouvé l’idée fascinante », explique Michel Beaulac, directeur artistique de l’Opéra de Montréal. Celui qu’il considère comme un des plus grands dramaturges du Québec, commence dès lors à travailler à l’écriture de son deuxième opéra. « Avec une éloquence exceptionnelle, comme toujours, il a construit le livret à partir de faits historiques en projetant l’action sur une courbe dramatique extraordinaire et en créant des interactions remarquables entre personnages réels et fictifs », poursuit-il.

Photo: Brent Calis Michel Beaulac, directeur artistique de l’Opéra de Montréal.

Cette cohabitation réussie entre les faits et la fiction a profondément influencé l’approche musicale de Julien Bilodeau. « La beauté du monde est l’œuvre la plus ambitieuse de mon parcours artistique. Après Another Brick in the Wall – L’opéra, la possibilité de créer un grand opéra sur un sujet aussi passionnant que complexe avec un texte inédit de la main de Michel Marc Bouchard est un grand privilège. Nous avons cheminé pas à pas vers l’aboutissement d’une œuvre qui embrassait tous les sujets qui nous tenaient à cœur. Le processus de création a été guidé par Michel Beaulac, qui a joué un rôle fondamental, notamment dans les nombreux choix qui doivent être faits pour rassembler les équipes de la direction et de la mise en scène. »

Photo: PE Bergeron Le librettiste Michel Marc Bouchard (à gauche) et le compositeur Julien Bilodeau.

L’art sous toutes ses formes

La femme assise est le fil conducteur de la trame narrative. L’œuvre de Matisse, que Goering estime « dégénérée » comme toutes les formes d’art moderne à ses yeux, est présente du premier au dernier acte. Le récit, qui nous mène du Louvre au Jeu de Paume, culmine dans une gare, alors que des résistants libèrent des œuvres volées en ouvrant tout grand les portes d’un wagon. Quant à La femme assise, son histoire suit son propre cours : confié par le marchand d’art parisien Paul Rosenberg à Jacques Jaujard, lequel a dû le sacrifier aux nazis, le tableau est retrouvé 75 ans plus tard dans un appartement munichois – avec plus de 1400 œuvres spoliées – avant d’être restitué aux descendants du célèbre galeriste.

D’après Michel Beaulac, les spectateurs de La beauté du monde peuvent s’attendre à vivre une expérience aussi inspirante qu’inoubliable. « Cet opéra concrétise, par la musique, le chant et le théâtre, le fait que l’art est le phare de la civilisation et qu’on doit s’en inspirer dans toutes nos actions et nos prises de décision, particulièrement en situation d’opposition et de conflit. En fait, nous devrions considérer tous les musées du monde comme un seul grand musée universel qui met en valeur la beauté de l’humanité. »

L’opéra en trois actes La beauté du monde, mis en scène par Florent Siaud, sera interprété par l’Orchestre Métropolitain, sous la direction de Jean-Marie Zeitouni.

Représentations les 19, 22 et 24 novembre à 19 h 30 et le dimanche 27 novembre à 14 h, à la salle Wilfrid-Pelletier.

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