Exportation internationale : 10 défis à relever en 2022

Les dernières années ont été éprouvantes pour de nombreuses entreprises canadiennes, et ce n’est pas fini, car le contexte socioéconomique mondial actuel pose de nouveaux enjeux de taille. Tour d’horizon de la situation.

« Le moins qu’on puisse dire, c’est que cette année ne s’est pas déroulée comme la plupart d’entre nous l’avaient prévu, admet Stuart Bergman, vice-président et économiste en chef à Exportation et développement Canada (EDC). Une fois passé le cap de la mi-année, les perspectives économiques se sont assombries sous l’effet des vents contraires provoqués par la convergence rarissime de multiples aléas. »

Envie d’en savoir plus ? Voici le classement des principaux défis, identifiés par EDC, que devront relever les entreprises qui envisagent de prendre de l’expansion sur les marchés internationaux au cours des prochains mois.

1. Le conflit militaire en Ukraine

L’invasion surprise de l’Ukraine par la Russie et les sanctions qui ont suivi ont bouleversé les chaînes d’approvisionnement, notamment dans les secteurs des céréales et de l’énergie, alimentant du coup l’inflation partout dans le monde. Un élargissement possible du conflit pourrait aggraver les perspectives économiques et avoir un impact important sur les exportations canadiennes. « Pour l’instant, notre scénario de référence prévoit une guerre d’usure comme étant le scénario le plus probable », indique M. Bergman.

2. L’impact de l’inflation

En tentant de juguler l’inflation, les banques centrales ont peut-être sous-estimé l’impact du resserrement de leurs politiques monétaires sur le secteur financier. La hausse des taux d’intérêt causée par la pandémie a eu un impact certain sur la demande de produits et services, et tout indique que les dépenses à la consommation en Amérique du Nord connaîtront un important ralentissement.

3. Le risque d’une récession mondiale

Les hausses des taux d’intérêt répétées des banques centrales se poursuivront au cours des prochains mois, provoquant un ralentissement de l’économie qui laisse planer le spectre d’une récession. « Toute cette incertitude rend les consommateurs moins enclins à puiser dans leurs économies accumulées pendant la pandémie, et les entreprises sont plus prudentes en ce qui a trait à la production et aux investissements. Cela signifie que la croissance économique en Europe va probablement se retrouver au point mort dans un contexte où les prix seront très élevés. » Le vice-président d’EDC considère d’ailleurs que l’Europe est déjà en récession économique, bien que la perspective pour le Canada et les États-Unis soit un peu plus positive.

4. Les chaînes d’approvisionnement et les problèmes de main-d’œuvre

La pandémie et les différends commerciaux entre les États-Unis et la Chine, notamment, ont déstabilisé les chaînes d’approvisionnement mondiales et accentué les tensions du côté des exportateurs. Lorsqu’on ajoute une pénurie de main-d’œuvre généralisée, on obtient une tempête presque parfaite. « Il suffit d’une météo extrême, d’une incertitude géopolitique, ou même d’une nouvelle pandémie pour perturber à nouveau, et très facilement, les chaînes d’approvisionnement », prévient Stuart Bergman.

5. Les risques associés à l’endettement souverain

Dans un contexte où les coûts d’emprunt sont à la hausse et où la croissance est au ralenti, il y a lieu de prévoir que certains marchés émergents auront du mal à maintenir le rythme, provoquant ainsi une nouvelle crise de la dette souveraine. Plus de 50 pays se trouvent présentement dans une situation précaire, et bien que les Services économiques d’EDC ne prévoient pas de crise majeure pour l’instant, cette menace est bien réelle.

6. La crise énergétique mondiale

Pas de doute, la guerre en Ukraine, les sanctions imposées sur les exportations de gaz russe, ainsi qu’une importante sécheresse en Europe cet été – qui a provoqué une diminution de 26  % de la production d’électricité – constituent autant de facteurs dévastateurs pour le marché global de l’énergie. Comme l’explique Stuart Bergman, « les coûts de l’électricité en gros ont grimpé en flèche, tout comme le cours du gaz naturel ». La hausse des prix et les risques de pénurie ont alimenté l’incertitude économique partout dans le monde, et cette situation délicate risquerait de s’aggraver si le conflit devait se prolonger ou se propager à d’autres pays.

7. La sécurité alimentaire mondiale

L’incertitude plane présentement sur l’offre alimentaire mondiale, notamment en raison de la situation en Ukraine – un producteur agroalimentaire majeur –, qui perturbe les chaînes d’approvisionnement. Les denrées alimentaires et les fertilisants coûtent de plus en plus cher et, malgré le fait que les pays plus riches réussissent à tirer leur épingle du jeu, les consommateurs et les producteurs font les frais de la situation. Les pays émergents, qui sont nettement plus vulnérables, risquent pour leur part de connaître une hausse plus importante de l’inflation, ce qui entraînera d’importantes retombées. Il faut s’attendre à ce que plusieurs pays émergents imposent des restrictions sur leurs exportations, accordant la priorité à leurs besoins intérieurs plutôt qu’au commerce mondial.

8. La réglementation climatique

L’urgence d’agir pour relever les défis environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) de l’heure oblige gouvernements et industries à multiplier les initiatives et les engagements. « Pris au départ sur une base volontaire, ces engagements deviennent rapidement des exigences réglementaires, explique Stuart Bergman. Les entreprises qui ne sont pas prêtes pour ces changements ou qui n’ont pas pris en compte le coût de la transition pourraient être exclues du marché. »

9. Le ralentissement de la mondialisation

Conséquence directe de tous les défis mentionnés précédemment, une transformation majeure est en train de s’opérer dans les rouages du commerce international. La plupart des gouvernements tentent de réduire leur dépendance économique en revoyant leurs chaînes d’approvisionnement, en multipliant le nombre de leurs fournisseurs, en accumulant des stocks, et en favorisant l’intégration verticale et la production locale. Toutes les entreprises canadiennes qui misent sur l’exportation pour prospérer doivent suivre attentivement l’évolution des marchés mondiaux.

10. La défaillance d’entreprises

Tout au long de la pandémie, de nombreuses organisations ont dû emprunter la voie de l’endettement, qui a souvent été favorisé par les généreuses garanties sur les prêts consenties par les gouvernements. Mais l’inflation et des conditions financières plus contraignantes pourraient constituer un risque pour leur survie, et la possibilité qu’une vague de défaillances se produise est bien réelle. « La fragilité des entreprises face à la hausse des taux d’intérêt compromet l’économie mondiale », remarque le vice-président d’EDC.

La lumière au bout du tunnel

Malgré tous ces risques, les Services économiques d’EDC voient les perspectives économiques avec optimisme et s’attendent à une croissance de 2,2 % en 2022 et de 2,6 % en 2023. « Nous croyons que l’économie mondiale évitera une récession économique, mais ce ne sera pas le cas pour tous les marchés », affirme M. Bergman. À l’instar d’une bicyclette qui devient de plus en plus instable en ralentissant, l’économie est vulnérable et risque de changer de trajectoire au moindre obstacle. « Avec un vélo comme celui-là, tout ce que ça prend pour tomber à la renverse, c’est un petit caillou sur la route. Et le problème, c’est que notre route en est couverte… », conclut-il.

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