Repousser les limites de l’imaginaire

Ciel à outrances, une saisissante immersion sonore qui nous fait voyager dans l’espace-temps.
Photo: Ciel à outrances, une saisissante immersion sonore qui nous fait voyager dans l’espace-temps.
L’expérience audio-immersive de l’artiste multidisciplinaire Brigitte Poupart nous invite à revisiter les événements du 11 septembre 2001 par le biais de cinq trames narratives. Incursion dans le processus créatif de Ciel à outrances, une émouvante réalisation poétique présentée au Centre PHI.

Coproduit par Transthéâtre, Studio PHI et Headspace Studio, Ciel à outrances explore une nouvelle frontière de l’immersion : la technologie du son binaural. Un phénomène qui se produit lorsque deux sons de fréquences différentes sont diffusés indépendamment dans chaque oreille, et qui prend tout son sens lorsqu’il s’inscrit dans une démarche artistique. Le sujet, exposé à cette nouvelle dimension sonore, est littéralement plongé au centre d’un univers ambiophonique. « Mon objectif de départ et le résultat qui s’ensuit se résument en une expérience sonore immersive d’une trentaine de minutes dans laquelle le spectateur, muni d’écouteurs, est entraîné dans une œuvre faisant appel à la mémoire, lance Brigitte Poupart. L’interactivité de la scénographie et des éclairages contribue à animer et guider cette plongée introspective en jouant sur les perceptions sonores, visuelles et tactiles. »

Franchir le mur du son

L’idée de produire un tel parcours a germé lorsque Brigitte Poupart a découvert, lors d’une résidence à New York, la suite poétique Ciel à outrances de Madeleine Monette. « Ce recueil nous transporte non pas dans le réalisme sensationnaliste des évènements du 11 septembre, mais plutôt dans une fiction poétique. » De retour à Montréal, l’artiste est allée à la rencontre du Centre PHI pour proposer une coproduction qui s’est vite concrétisée, et qui a fait surgir de nombreuses questions. « Comment faire cohabiter l’expérience intime et personnelle de la narration de poèmes avec une ambiance sonore commune ? Comment créer des déclencheurs visuels, tactiles ou physiques qui accompagneront un contenu narratif ? Quels sont les autres dispositifs permettant d’appuyer la mise en scène de l’histoire pour contribuer à l’immersion sonore sans toutefois devenir disruptif ? Pour y répondre, j’ai choisi cinq poèmes qui relatent autant d’expériences en périphérie de la tragédie. Par la suite, j’ai imaginé les lieux où camper les personnages, et j’ai dessiné les espaces où ils vivent pour recréer le volume par réverbération – le room tone – des espaces en 3D. »
L’artiste ajoute que, face à l’œuvre, chacun peut recréer avec son imaginaire le décor de ces lieux. « Personne n’aura tout à fait la même trame sonore, qui varie en fonction de la position dans l’espace et de la déambulation. »

« Brigitte permet aux mots de traverser littéralement notre corps, d’habiter littéralement notre tête. On est saisis de part en part par les bruits, la musique, les voix des personnages. La tragédie se déploie en nous, sur fond de destruction et de cendre, en nous donnant un sentiment puissant d’appartenir à la communauté humaine. C’est ce que je cherchais à faire dans Ciel à outrances. »

L’art pour tous

À la croisée de l’art, de l’innovation et de la technologie depuis ses tout débuts, PHI explore en continu un espace créatif en pleine mouvance – non seulement comme curateur, mais aussi comme créateur, diffuseur et producteur, avec l’objectif d’offrir des expériences avant-gardistes au grand public. Mission accomplie avec Ciel à outrances, une œuvre inédite qui s’adresse à tous. « L’expérience du visiteur est au cœur de nos préoccupations, et l’aménagement de nos espaces se veut tout aussi accueillant pour le public que pour les artistes, affirme Phoebe Greenberg, la fondatrice de PHI. Ce qui ne nous empêche toutefois pas de maintenir une approche rigoureuse en ce qui a trait à l’appréciation et à la présentation du travail des créateurs. » C’est peut-être ce niveau d’exigence qui a contribué à nourrir une certaine image élitiste de PHI, que rejette l’entrepreneure culturelle. « Notre programme de résidence soutient les artistes locaux, et nous explorons sans relâche de nouvelles avenues pour nous engager auprès de la communauté montréalaise. »
L’année 2022 marque le quinzième anniversaire de la Fondation PHI et le dixième du Centre PHI. Un moment charnière qui s’annonce sous le signe du renouveau. Avec un parcours artistique sans faute, un public établi, un vaste réseau de créateurs, de collaborateurs et d’installations, PHI est en mesure de mettre ces synergies en lumière pour propulser des œuvres contemporaines de calibre mondial. « Nous avons toujours soutenu l’exploration de nouveaux territoires narratifs offerts aux artistes. Au fil des ans, la technologie a influencé leur façon d’articuler leurs intentions, et notre mission est d’encadrer ces développements dans une perspective de rayonnement global », conclut Phoebe Greenberg.

CIEL À OUTRANCES

Une expérience de Brigitte Poupart,
textes de Madeleine Monette.
Centre PHI, jusqu’au 15 mai 2022.
centre.phi.ca
Fondée par l’entrepreneure culturelle Phoebe Greenberg, PHI est une infrastructure en perpétuelle évolution soutenant l’art et les artistes qui sondent les réalités de notre époque et l’accessibilité mutuelle – et radicale – entre eux et les publics. Ses composantes, la Fondation PHI, le Centre PHI et le Studio PHI, s’intéressent et s’engagent avec une variété de disciplines, des médiums multiples et des modes de présentation publique divers, liés par un engagement commun envers une réflexion et des idées d’avant-garde.

Ce contenu a été produit par l’équipe des publications spéciales du Devoir en collaboration avec l’annonceur. L’équipe éditoriale du Devoir n’a joué aucun rôle dans la production de ce contenu.

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