Secteur minier : La nature au service de la nature

Photo: Eldorado Gold Québec
Faire pousser des végétaux indigènes – avec l’aide d’insectes pollinisateurs comme le monarque ! – pour verdir des montagnes de roches. Mandater des bactéries mangeuses de cyanure pour traiter des eaux usées et les retourner, cristallines, dans la nature… Le vulgarisateur scientifique Martin Carli, qui coanime l’émission Génial! à Télé-Québec depuis déjà douze ans, a été témoin de ces étonnantes initiatives de réhabilitation environnementale entreprises par le secteur minier québécois.
 

Depuis toujours, les scientifiques se tournent vers la nature pour innover et trouver des solutions à une foule de problèmes. «Ultimement, ça nous ramène au fait que si l’humain a beaucoup d’imagination, celle-ci est limitée à ce qu’il a déjà vu, lance Martin Carli. C’est pour cette raison qu’on ne compte plus les innovations qui ont vu le jour à la suite des observations dans la nature. N’oublions pas que l’inventeur du Velcro s’est inspiré des chardons agrippés dans le poil de son chien et que la robotique tente en ce moment de reproduire les mouvements étranges des chauves-souris en vol. Ce genre d’exemples pleut dans des domaines aussi diversifiés que la technologie, le génie, la biologie et la chimie. » Pas étonnant, donc, que nos minières, qui emploient un nombre sans cesse grandissant de scientifiques spécialisés dans ces disciplines, misent sur la force de la nature pour restaurer l’environnement.

Martin Carli au pays de l’or vert

À la mine Lamaque d’Eldorado Gold Québec, à Val d’Or, on produit – vous l’aurez deviné – de l’or. Et ce minerai très important, le plus précieux au pays, ne sert pas seulement à garnir les coffres forts ou les coffres à bijoux! « L’or est incroyablement ductile et c’est un remarquable conducteur d’électricité, précise Martin Carli. En raison de ces propriétés, c’est un allié indispensable dans la fabrication des circuits électroniques, ce qui explique qu’on en trouve dans tous les appareils intelligents de la planète. »

Or, la production du minerai entraîne la formation d’empilements de roches stériles lorsqu’elle est en cours. Dans un souci de réhabilitation environnementale, un ambitieux projet de végétalisation a été lancé pour les intégrer au paysage et contribuer au rétablissement de la biodiversité. « Premier défi à relever : s’assurer que les amoncellements formés par l’extraction minière – les haldes – ne posent pas de risques environnementaux avant de procéder, précise le scientifique. Par exemple, si la présence de sulfure est élevée, le contact avec l’oxygène à l’air libre peut générer de l’eau acide potentiellement dommageable pour l’environnement. Il faut alors recouvrir les résidus d’une couche protectrice prévenant ce type de réaction. »

Heureusement, le problème ne se pose pas à la mine Lamaque, où la concentration en sulfure des roches est très faible, mais où la concentration en carbonates est suffisamment élevée pour neutraliser les acides. Une particularité qui a simplifié la tâche à un groupe de scientifiques issus de différentes universités québécoises, qui se sont mobilisés pour entreprendre une ambitieuse étude sur le processus de reverdissement. « Ces roches sont pauvres en matières organiques et en nutriments essentiels à l’implantation et à la croissance de végétaux, commente Martin Carli. On doit donc identifier des espèces capables de croître dans un environnement austère, car on ne peut pas aller acheter des graines au centre de jardinage! C’est pourquoi différentes cellules expérimentales ont été établies un peu partout sur le site de la mine afin de permettre l’observation sur le terrain de végétaux candidats.»

L’asclépiade à l’assaut des roches

Une des espèces rustiques retenues, que l’on reconnaît à ses fleurs roses disposées en ombelles, est bien connue des amateurs d’horticulture. Cette variété indigène qui se propage facilement – un atout – est en fait une plante hôte qui attire les monarques, puisqu’elle constitue la seule et unique source de nourriture pour ses chenilles. En développant des techniques de végétalisation pour reverdir un site minier, on crée du même coup un habitat propice pour ces papillons, ce qui contribue à leur rétablissement. En retour, parce qu’un service en attire toujours un autre dans la nature, les papillons participent à la pollinisation des fleurs, ce qui favorise la prolifération des plants. Un bon plan de match pour recouvrir des haldes tout naturellement!

Cette remarquable initiative de protection de la biodiversité est menée par l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue, en collaboration avec l’Insectarium de Montréal et des partenaires miniers. Elle s’inscrit dans le programme Vers le développement minier durable de l’Association minière du Canada, qui a été adopté par l’Association minière du Québec en 2014 et auquel ses membres doivent obligatoirement adhérer. L’objectif : préserver les milieux naturels et, en cas de pertes inévitables, compenser celles-ci par des projets porteurs visant à rétablir la biodiversité. « L’arrimage entre des végétaux indigènes et des insectes pollinisateurs est très prometteur, commente Martin Carli, et cette collaboration avec des équipes scientifiques est fructueuse. La mine a besoin de réponses, et la communauté académique a besoin de trouver des pistes de solutions. Tout ça peut mener à autre chose. »

En attendant, les expériences poursuivent leur cours à la mine Lamaque, et si elles s’avèrent concluantes, l’asclépiade pourrait bien verdir et fleurir le site minier.

Les bactéries à la rescousse

Martin Carli a également rendu visite, et plus d’une fois, au complexe minier LaRonde d’Agnico Eagle en Abitibi, où on produit aussi de l’or. Dans cette mine, qui est la plus profonde des Amériques, on relève un tout autre défi grâce à un processus révolutionnaire d’épuration qui mise sur une des forces tranquilles de la nature : les bactéries. Des alliées un peu moins romantiques que les fleurs, mais tout aussi efficaces!

Pour isoler l’or du minerai récolté, on doit utiliser du cyanure, ce qui entraîne la présence de thiocyanates nocifs pour l’environnement dans l’eau de l’usine de transformation. Problème résolu de façon exemplaire par l’équipe de traitement des eaux de la mine, qui a mis au point un procédé d’épuration novateur, qui mise sur les propriétés de certaines bactéries. Le coanimateur de Génial! en explique le fonctionnement. « Les eaux usées sont chauffées, puis envoyées dans un bioréacteur propice à la croissance de micro-organismes. Celui-ci recèle une foule de petits disques de plastique, que les bactéries vont coloniser pour former au final un biofilm. Ce que ces bactéries ont de particulier, c’est qu’elles aiment se nourrir de composés chimiques à base de cyanure, qu’elles dégraderont par la suite en nitrates. D’autres bactéries, friandes de nitrates, prennent ensuite le relais, et après quelques autres étapes, l’eau sera par la suite rejetée dans l’environnement. » Cette méthode étonnamment efficace fait en sorte que l’eau peut à nouveau circuler dans la nature et y accueillir des poissons et des végétaux.

La science au service de l’environnement

Reconnu à l’échelle mondiale comme un leader de l’innovation en matière de développement durable, le secteur minier du Québec s’investit sans relâche pour réduire son empreinte environnementale en misant entre autres sur le pouvoir de la nature, que ce soit en utilisant judicieusement des bactéries aux propriétés uniques, en misant sur l’interaction entre des végétaux et des insectes, en restaurant des parcs à résidus avec du compost produit par des résidents de MRC, ou en érigeant des éoliennes dans le Nord-du-Québec et d’immenses murs de captation d’énergie solaire dans le but de réduire les émissions de GES

Martin Carli a visité de nombreux sites miniers afin de réaliser des reportages pour l’émission Génial! et ces expéditions à caractère pédagogique lui ont permis de constater in situ la portée de ces initiatives. « Il est rassurant d’assister à de telles recherches de solutions qui mènent à des résolutions scientifiques pour la réhabilitation de l’environnement», conclut-il.
Photo: Courtoisie Télé-Québec. Stéphane Bellavance et Martin Carli, animateurs de Génial! à Télé-Québec
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Mission
Créatrice de richesses, l’industrie minière du Québec s’est dotée de processus rigoureux en matière de développement durable afin de mettre en valeur le potentiel minéral québécois dans le respect des gens et de l’environnement. À la base de tous les objets qui nous entourent, l’industrie minière est réellement la force intérieure du Québec.

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