Du Grand Nord à la Lune

Les travaux de recherche sur le pergélisol terrestre de la professeure Pooneh Maghoul de Polytechnique Montréal ont des répercussions tout simplement remarquables. À preuve : ils ont capté l’intérêt de l’Agence spatiale canadienne dans le cadre du programme d’accélération de l’exploration lunaire. En effet, le Canada se joint à l’ambitieux projet mené par la NASA et ses partenaires internationaux concernant le retour des humains sur la Lune, cette fois pour y rester.

Spécialiste en géotechnique, la professeure Pooneh Maghoul a développé une approche innovante pour étudier le comportement des sols gelés des régions nordiques soumis à l’effet des changements climatiques. « La fonte accélérée du pergélisol met en péril les habitations et les infrastructures », explique la professeure agrégée au Département des génies civil, géologique et des mines à Polytechnique Montréal. En effet, les impacts de la crise climatique se font déjà sentir dans de nombreux territoires nordiques, ce qui explique pourquoi les travaux de la chercheuse visaient au départ à aider les communautés du Grand Nord à s’adapter aux changements. « Quand le sol dégèle, il devient comme de la sloche », commente-t-elle.

Une percée dans l’analyse des sols fragilisés Pooneh Maghoul et son étudiant Hongwei Liu ont développé une méthode non intrusive par rapport à la collecte traditionnelle d’échantillons par extraction pour déterminer la stabilité actuelle et future des sols. « En analysant les ondes sismiques, on est capable de déterminer la stratigraphie du site de pergélisol, son état de dégradation et les zones à risque », précise-t-elle. Cette technique permet également de détecter les quantités de gel et d’eau présents dans le sous-sol, tout comme l’emplacement d’une poche de liquide. Une méthode qui a capté l’intérêt de l’Agence spatiale canadienne (ASC), qui collabore avec la NASA pour le projet de base habitable sur la Lune.

Photo: Thierry du Bois Pooneh Maghoul, professeure agrégée au Département des génies civil, géologique et des mines à Polytechnique Montréal.
Est-ce qu’il y a de l’eau sur la Lune ? La technologie développée par la professeure Maghoul – tout comme son expertise en la matière – est utilisée dans le cadre du programme d’accélération de l’exploration lunaire de l’ASC. « Pour établir une base permanente sur la Lune, il faut pouvoir utiliser les ressources que l’on trouve sur place : eau, minéraux, oxygène, précise-t-elle. La méthode de recherche d’eau sur la Lune est la même que celle qu’on utilise sur la Terre pour le pergélisol, et on peut observer les vibrations qui sont très nombreuses sur le sol lunaire en raison des météorites et des tremblements de Lune. » La professeure travaille au sein d’une équipe financée par un programme de l’ASC. Issus de disciplines et d’universités différentes, les cinq chercheurs ont des expertises complémentaires. « Ma mission est de déterminer s’il y a présence d’eau et aussi d’appuyer un de mes collègues afin de caractériser des tunnels de lave », spécifie Pooneh Maghoul. Formés par une coulée volcanique qui s’est refroidie et contractée, laissant des vides sous le sol, ceux-ci pourraient s’avérer des endroits sûrs pour établir les premières bases habitables.

Le génie québécois à la conquête de l’espace « Surmonter les défis d’ingénierie pour installer une base lunaire est toujours inédit. Il faut être avant-gardiste et avancer des idées innovantes pour avoir un impact », reconnaît la professeure de Polytechnique Montréal. Lorsque le Canada aura envoyé ses premiers robots sur la Lune vers les années 2026‑2028, Pooneh Maghoul et ses collègues pourront commencer à récupérer des données et dévoiler enfin s’il y a ou pas présence d’eau.




Polytechnique Montréal est une université entièrement vouée au génie. Elle compte l’un des plus grands centres de recherche au Canada. Son groupe aérospatial est très actif dans la recherche et le développement orientés vers les grands enjeux sociaux d’aujourd’hui et de demain.

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