Le pari réussi de la piétonnisation

Photo: Bénédicte Brocard
Par Alain Tittley
Collaboration spéciale
 


Une solution qui a fait ses preuves pour stimuler la relance économique tout en améliorant la qualité de vie des Montréalais.

Pour contrer les effets de la pandémie et propulser la reprise économique, la Ville de Montréal a soutenu plusieurs projets de piétonnisation qui ont stimulé la vitalité commerciale de nombreux arrondissements, et qui ont remporté un vif succès auprès de la population.

C’est dans ce contexte que la Ville de Montréal a récemment lancé un appel à projets à l’ensemble de ses arrondissements pour appuyer de nouveaux plans de piétonnisation prenant effet à l’été 2021. Treize projets axés sur la qualité des aménagements et élaborés en concertation avec les commerçants locaux ont été retenus, puis mis en œuvre par les arrondissements. En tout, quatre millions de dollars ont été investis pour soutenir des initiatives d’aménagement piétonnier touchant des portions du boulevard Saint-Laurent, l’avenue du Mont-Royal et l’avenue Duluth, les rues Bernard, Saint-Denis, De Castelnau, Ontario, Wellington et Masson, la place du Marché-du-Nord ainsi que la rue Sainte-Catherine Est et Sainte-Catherine Ouest.

Photo: Julia Marois Émilie Gagnon, Le Comité
Une approche collaborative

Comme l’explique Noémie Lucas, commissaire au développement économique à la Ville de Montréal, la clé de la réussite pour des projets de cette envergure est une approche concertée, garante de résultats aussi tangibles que positifs. « Pour mettre en place un plan de piétonnisation cohérent, il est essentiel que l’ensemble des parties prenantes – comme les services municipaux, les arrondissements, les SDC ou les associations de commerçants, de gens d’affaires et de citoyens – soient impliquées tout au long du processus, et ce, depuis la conception jusqu’à la réalisation. »

Un point de vue que partage Claude Rainville, directeur général de la Société de développement commercial (SDC) de l’Avenue du Mont-Royal : « Nous sommes présentement dans une mouvance où il faut redéfinir et repenser le commerce de proximité dans un contexte de sortie de crise. On en parle beaucoup, on dit que c’est important, mais il faut réunir les conditions favorables pour que ça fonctionne. Il est essentiel de favoriser l’intégration de tous les éléments pour qu’il y ait une certaine harmonie sur le site et que l’achalandage soit au rendez-vous. »

Repenser l’espace public
Le fait est reconnu : la piétonnisation d’une artère commerciale favorise le développement d’un sentiment d’appartenance et de sécurité chez ses usagers. Elle doit toutefois être adaptée à la fréquentation d’une nouvelle clientèle et à une nouvelle façon d’utiliser l’espace public. Par exemple, des stations ont été spécialement aménagées sur certaines artères pour accueillir des personnes en télétravail. Dans tous les cas, des designers ont été mis à contribution pour rendre ces espaces aussi invitants que fonctionnels afin d’inciter les travailleurs non seulement à s’y installer, mais aussi à y retourner et à fréquenter les commerces avoisinants. « Le recours à des designers montréalais était une des conditions de l’appel à projets », souligne Noémie Lucas.

C’est dans ce contexte favorable à la créativité locale que Le Comité – une coopérative de travailleurs en aménagement urbain – a été mis à contribution dans le projet de piétonnisation piloté par la SDC du Quartier latin. « Notre mandat était de mettre en valeur la côte Saint-Denis en créant des aménagements durables, explique Émilie Gagnon, cofondatrice de la coopérative. Nos modules devaient être polyvalents et mobiles pour répondre à différents besoins. Nous avons donc conçu un placotoir convivial, qui agit comme symbole de la nouvelle identité visuelle de l’association commerciale. » Des aménagements de ce type redéfinissent pour la cofondatrice la vocation même des espaces publics. « Ils peuvent attirer des touristes ou devenir des points de rencontre pour les habitués de l’artère commerciale Saint-Denis », conclut-elle.

L’avenue du Mont-Royal, plus longue rue piétonne à Montréal
La Ville de Montréal a financé un projet estival de la SDC de l’Avenue du Mont-Royal portant sur l’aménagement du segment entre le boulevard Saint-Laurent et la rue Fullum. Une zone névralgique où l’on trouve quelque 400 commerces de proximité. « L’avenue du Mont-Royal piétonne s’étend sur plus de 2,5 kilomètres, commente Claude Rainville, directeur général de la SDC. De nombreuses personnes nous ont dit que le nouvel aménagement leur avait permis de découvrir des commerces dont elles ignoraient l’existence lorsqu’elles passaient sur la rue en voiture. D’instinct, les gens circulent dans le milieu d’une rue piétonnière. Ils prennent leur temps, et il y a quelque chose dans ce comportement qui évoque la qualité de vie, l’appropriation urbaine. C’est comme si le commerce faisait partie intégrante du domaine public plutôt que d’être seulement un lieu de transactions. »

Un levier commercial
Les artères piétonnières de la Ville de Montréal soutiennent les écosystèmes où elles sont implantées, et l’espace dégagé constitue pour les commerçants un véritable levier commercial.

Comme les projets sont soutenus par des campagnes promotionnelles, les commerçants bénéficient d’une visibilité accrue et de la valorisation de l’achat local.

Du côté des restaurateurs et des propriétaires de bars, le fait qu’ils puissent agrandir leurs terrasses et accueillir davantage de clients dans un environnement sécuritaire constitue un atout de taille. « Nous travaillons en étroite collaboration avec le Service de développement économique de la Ville pour être en mesure d’évaluer l’achalandage et la satisfaction des consommateurs qui fréquentent le site », ajoute Claude Rainville.

Photo: Julia Marois Andréanne Laurin, Épicerie Loco
Des commerçants engagés

Les répercussions de la piétonnisation sont nombreuses, et bien que certaines voix s’élèvent concernant la perte temporaire d’espaces de stationnement, un consensus positif semble se dégager chez les commerçants touchés. C’est le cas pour Andrée-Anne Laurin, propriétaire de Loco, une chaîne d’épiceries de quartier écologiques et zéro déchet. « Nous avons quatre épiceries à Montréal, dont deux sur des rues piétonnes, soit l’avenue du Mont-Royal et l’avenue Wellington à Verdun. La piétonnisation, ça crée un esprit de communauté entre les commerçants. On réussit vraiment à s’entraider et à créer un espace dynamique où l’on organise des activités ensemble. Les rues piétonnes incitent aussi la population à utiliser les transports actifs comme le vélo ou la marche, ce qui en fait de véritables espaces de vie. » Andrée-Anne Laurin ajoute qu’elle a apprécié l’approche collaborative des projets. « Nous avons été impliqués tout au long du processus et la SDC nous a fourni beaucoup d’informations pour soutenir notre réussite. » 
Les projets de piétonnisation déployés dans l’arrondissement Ville-Marie ont été financés par le gouvernement du Québec dans le cadre de plan de relance du centre-ville.

Le Service du développement économique de la Ville de Montréal accompagne et soutient les entreprises montréalaises dans leurs projets d’affaires. Il collabore avec les partenaires de l’écosystème afin d’accélérer l’économie de la métropole par une approche de durabilité, d’innovation et d’inclusivité.

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