Montréal, capitale du bioalimentaire

Photo: Julia Marois
Par Alain Tittley
Collaboration spéciale
 
 
Un secteur en pleine croissance et un levier de développement incontournable pour la relance économique.

La crise sanitaire que nous venons de traverser a démontré que notre indépendance alimentaire est aussi essentielle que fragile. Parce que les principaux acteurs du secteur bioalimentaire font face à de nombreux défis pouvant compromettre la réalisation de leurs projets ou en menacer la pérennité, la Ville de Montréal a mis en place des programmes de soutien qui font école. La bonne nouvelle: on assiste aujourd’hui à l’émergence d’un écosystème agroalimentaire qui porte fruit. Les initiatives montréalaises en agriculture urbaine, par exemple, sont largement reconnues hors frontières. Et la métropole, avec 46 fermes répertoriées sur son territoire, se classe en tête de file à l’échelle internationale.

«Le secteur bioalimentaire joue un rôle stratégique dans le développement économique montréalais, affirme Charles-André Major, commissaire au développement économique de la Ville de Montréal. Les entreprises de production, de transformation ou de commercialisation de ce secteur occupent une place névralgique dans une optique de résilience et d’autonomie alimentaire. Ensemble, ces industries fournissent 5% du PIB et 13% des emplois de la région, et leur potentiel de développement est très important.»

Pour soutenir la production agroalimentaire locale, Montréal s’est engagée à aider les acteurs de ce secteur à prendre un virage écologique et novateur en offrant du soutien financier, de l’accompagnement, de l’incubation et un maillage technique. La Ville, en collaboration avec ses partenaires, a en outre mis en place plusieurs mesures permettant de soutenir l’émergence et la croissance de l’agriculture urbaine commerciale.

Photo: Julia Marois Éric Duchemin, AU/LAB
Un OBNL au cœur du développement de l’agriculture urbaine
Le Laboratoire sur l’agriculture urbaine (AU/LAB), un OBNL de recherche, d’innovation et d’intervention en agriculture urbaine à vocation communautaire, réunit des chercheurs et des praticiens dans ce secteur émergent. Cet organisme agit sur plusieurs plans afin d’assurer le développement et la pérennité des entreprises qui y travaillent.

Éric Duchemin, le directeur scientifique et formation d’AU/LAB, mène depuis plus de dix ans des recherches interdisciplinaires sur les dossiers de l’agriculture urbaine. Pour lui, les retombées de différentes subventions sont tangibles. «Dans le cadre d’un projet pilote, par exemple, AU/LAB développera et mettra en œuvre des services d’aide technique et d’accompagnement destinés aux entrepreneurs agricoles aux stades du démarrage et de l’accélération ou qui sont à la recherche d’un lieu de production. D’autre part, nous soutenons les propriétaires et gestionnaires immobiliers souhaitant accueillir des projets en agriculture urbaine. Nous visons également le développement d’un programme de maillage entre ces deux types de clientèles afin de faciliter et d’accélérer la réalisation des projets.»

L’organisme appuie ainsi l’initiative Vigne en ville, qui étudie le comportement des vignes rustiques en milieu urbain, comme l’explique Camille Huot, coordonnatrice mobilisation-partenariats chez AU/LAB. «Sur le toit du Palais des congrès de Montréal, où l’on cultive la vigne, nous effectuons différentes études et expérimentations pour favoriser l’émergence de pratiques agricoles innovantes et écologiques.»

Depuis sa fondation, il y a six ans, l’OBNL fonctionne en mode innovation. «Chaque jour, on expérimente, on développe et on ose faire les choses différemment, ajoute Éric Duchemin. Si on ne le fait pas, personne ne va le faire. Par la suite, on transfère ces connaissances à d’autres organismes en offrant des formations en agriculture urbaine qui permettent de consolider et de favoriser le développement du secteur. C’est de l’expertise que l’on développe grâce au soutien de la Ville de Montréal.»

Une coopérative qui en mène large
La Centrale agricole occupe un immense espace de 39 000 pi2 au cœur du District central de Montréal. Pas étonnant qu’il s’agisse de la plus grande coopérative d’agriculture urbaine au Québec. «Ce qui nous distingue, explique Jean-Philippe Vermette, qui est directeur, intervention et politiques publiques de La Centrale agricole, c’est que nous accueillons sous un même toit une dizaine d’entreprises et d’acteurs de ce secteur. Les membres produisent non seulement des herbes aromatiques et des champignons, mais aussi du poisson, et même des insectes comestibles. De plus, l’immeuble accueille le plus grand vignoble sur toit au monde, ainsi que des transformateurs alimentaires, notamment un microtorréfacteur de café et un fabricant de collations.» La Centrale agricole réunit en outre plusieurs coopératives et OBNL qui contribuent activement à l’avancée du secteur bioalimentaire à Montréal.

Montréal soutient la mission de La Centrale agricole afin qu’elle puisse offrir des services et des activités répartis en quatre grands volets: l’hébergement d’entreprises, la contribution à la recherche et à la formation, le soutien à la commercialisation, ainsi que l’ouverture sur la communauté et le rayonnement international. «La coopérative, c’est un modèle d’affaires innovant et inspirant, explique le commissaire Charles-André Major. Ça marche, c’est fédérateur et c’est avantageux pour toutes les personnes impliquées.»

Photo: Julia Marois Virginie Boivin, Big Bloc ateliers champignons
Plus spécifiquement, La Centrale agricole offre aux entreprises et aux organismes des biens et services tels que des locaux de production adaptés à l’agriculture urbaine, des espaces partagés de formation, de transformation alimentaire et de mise en marché, ainsi qu’un soutien à la recherche et au développement. Les résultats issus de ces travaux sont transférés et diffusés à travers des vitrines technologiques et des formations. «L’idée, c’est de créer de la synergie entre nos membres autour du concept de l’économie circulaire, ajoute Jean-Philippe Vermette. Les déchets de l’un deviennent la ressource de l’autre. Les résidus de torréfaction, par exemple, peuvent servir à fabriquer des trousses de culture pour les champignons qui, à leur tour, seront vendus au Marché Jean-Talon.»

Montréal, leader de la production alimentaire locale
Les initiatives propulsées par AU/LAB et La Centrale agricole illustrent bien jusqu’à quel point l’agriculture urbaine et le secteur bioalimentaire sont en plein essor. L’objectif à long terme de l’engagement de la Ville de Montréal est clair: fournir à la population montréalaise des aliments de qualité produits localement par des entrepreneurs qui participent à la transition écologique et qui font preuve d’innovation et de créativité. «Notre potentiel de développement est énorme, constate le commissaire Charles-André Major. Dans l’ouest de l’île, par exemple, seule une fraction des terres agricoles disponibles est cultivée en ce moment. Avec l’agriculture urbaine commerciale, l’avenir est plein de promesses», conclut-il.

 


Le secteur bioalimentaire montréalais en bref

Premier centre de transformation alimentaire de la province
5% du PIB et 13% des emplois de la région 

729 entreprises de transformation 

46 fermes urbaines
4% du territoire consacré à l’agriculture 



Le Service du développement économique de la Ville de Montréal accompagne et soutient les entreprises montréalaises dans leurs projets d’affaires. Il collabore avec les partenaires de l’écosystème afin d’accélérer l’économie de la métropole par une approche de durabilité, d’innovation et d’inclusivité.

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