Transformer durablement la mobilité à Montréal : les défis d’une grande métropole

Le REM de l’Est représente le plus important investissement en transport collectif de l’histoire du Québec et deviendra à terme une composante majeure de la revitalisation de l’est de la métropole. Alors que le projet procède à une importante consultation publique, retour sur les besoins d’un nouveau réseau de transport et les défis qui se posent pour le bâtir.

Les dernières années ont démontré que les habitudes d’utilisation des transports en commun sont en pleine évolution dans la métropole. En 2018, pour la première fois, le nombre de voitures immatriculées à Montréal a connu une légère baisse, ce qui démontre que l’automobile cède tranquillement le pas aux transports collectifs, à l’autopartage et à un engouement certain pour le vélo et la marche. À preuve, en 2018, la Société de transport de Montréal (STM) a établi un record en enregistrant plus de 450 millions de déplacements, ce qui représente une augmentation d’environ 5 % par rapport à l’année précédente. De plus, selon la Communauté métropolitaine de Montréal, les coûts associés à la congestion routière dans le Grand Montréal ont doublé au cours des 10 dernières années pour atteindre en 2018 la somme de 4,2 milliards de dollars. Ce chiffre représente les heures perdues derrière le volant, de même que les coûts liés à l’utilisation d’une voiture. L’ensemble de ces facteurs explique pourquoi les projets de transport collectif font plus que jamais partie des priorités gouvernementales, et pourquoi des sommes importantes sont investies pour assurer la mobilité durable des populations. C’est dans ce contexte que s’inscrivent de nombreuses initiatives comme le SRB PIE-IX, le prolongement de la ligne bleue, le REM en construction, le REM de l’Est et le projet de tramway à Québec.
Un besoin identifié depuis des décennies dans l’est Depuis trop longtemps, les quartiers résidentiels de l’est de la métropole sont mal desservis par le transport collectif. De plus, l’offre existante permet difficilement de se déplacer entre les destinations de l’est. Cette situation freine le développement de cette partie de l’île, et c’est pour cette raison que le projet du REM de l’Est est attendu avec enthousiasme par nombre de citoyens, de commerçants et d’employeurs.

Rappelons que le REM de l’Est reliera l’est et le nord-est de Montréal. Composé de deux antennes de métro léger électrique convergeant vers le centre-ville de Montréal, le réseau circulera sur un total de 32 km. Il comptera 23 nouvelles stations intégrées et accessibles universellement, 7 stations intermodales et 7 connexions à des terminus d’autobus.

Le REM de l’Est sera relié aux transports en commun existants, soit le métro, les trains de banlieue et les autobus, et il fera également le relais avec d’autres options de type vélo en libre-service ou autopartage.

 

Des retombées socioéconomiques majeures L’arrivée d’un tel réseau de transport en commun aura notamment pour effet de désengorger les routes et de diminuer la pression sur le métro. De plus, le REM de l’Est donnera l’élan nécessaire à de nombreux projets de développement. Aux heures de pointe, les voitures du train léger circuleront à une fréquence de 2 à 4 minutes et offriront aux populations des quartiers résidentiels aujourd’hui mal desservis par les transports publics un accès simplifié au centre-ville et à d’autres pôles d’emploi majeurs. Cela aura un impact sur l’attractivité des entreprises et la rétention de la main-d’œuvre dans l’est.

L’amélioration des temps de déplacement sur le réseau du REM de l’Est permettra d’accroître la productivité et contribuera à la réduction des pertes économiques liées à la congestion routière, et ce, en contribuant à un transfert modal de l’auto solo vers le transport collectif. Ce transfert modal entraîne plusieurs autres bénéfices, dont une estimation de réduction des émissions de GES de l’ordre de 35 000 tonnes par année, l’élimination de 165 millions de véhicules/km parcourus à l’horizon 2044 et la diminution de la pollution sonore liée à la congestion routière.
Les sections aériennes : un choix adapté pour faire face au passif en infrastructures des grandes métropoles Depuis l’annonce du projet en décembre  2020, c’est la décision d’y intégrer des sections aériennes, notamment le long du boulevard René-Lévesque, au centre-ville, qui a suscité le plus de réactions. Montréal ne fait pas figure d’exception : plusieurs métropoles à travers le monde sont aujourd’hui confrontées à ce type de défis. Avec un passif en infrastructures, notamment à cause de l’ampleur du réseau souterrain et de la largeur des corridors routiers, les possibilités d’insertion d’une nouvelle ligne de métro au cœur d’un centre-ville sont limitées. Comme pour plusieurs grandes métropoles, les besoins en transport à Montréal sont criants et le rattrapage à faire est important. Comment concilier ces besoins tout en assurant une intégration réussie ? La structure aérienne devient une avenue à considérer. Mais celle-ci ne peut pas se faire n’importe comment.

D’abord, il faut revenir à l’essence même d’un projet de transport collectif. Tout projet en transport collectif planifié et développé doit avant tout répondre à un besoin réel et offrir une desserte de transport suffisamment performante pour inciter à son utilisation régulière. Si l’offre n’est pas rapide et fréquente, et si des utilisateurs sont laissés sur les quais en raison d’une capacité insuffisante, les milliards investis dans la solution seront perdus. Le métro léger permet de répondre à ces besoins en apportant fiabilité, automatisation et fréquence. Avec son emprise dédiée, un métro léger est plus efficace, car il n’est pas ralenti ni affecté par les aléas du trafic routier, ce qui entraînerait des conséquences négatives trop importantes sur sa fréquence et sa rapidité.

Avant d’arriver à une solution aérienne, CDPQ Infra a effectué des analyses afin de valider si le tracé d’un tel métro léger pouvait être intégré en mode souterrain. Ces analyses, qui mettent en évidence des risques critiques et de nombreuses contraintes physiques en raison de la présence, dans le secteur du tracé, du métro (lignes orange, verte et jaune) et de conduites d’égout centenaires fragiles, ont rendu ce scénario non concluant. De plus, les travaux d’excavation pourraient provoquer l’effondrement de certains bâtiments situés le long du boulevard René-Lévesque.

Le tracé de référence du REM de l’Est.

Le choix d’une structure aérienne s’est donc avéré une solution pertinente pour assurer un mode de transport efficient et apte à desservir des milliers de personnes. Celle-ci permet aussi une intégration efficace dans un territoire densément bâti et offre certains bénéfices pour cette zone urbaine, comme le maintien des axes de circulation existants, la réduction de l’empreinte au sol et la création de nouveaux espaces publics sous les structures et aux abords des stations. C’est ce qui a été fait, notamment, par la ville de Miami, qui a choisi la structure aérienne compte tenu de la nappe phréatique qui empêchait une construction au sol. La ville en a profité pour aménager des espaces urbains sous les structures afin que la population se réapproprie l’espace, et elle a créé des parcs, des lieux de rencontre ainsi que des pistes cyclables.

De plus, la structure aérienne s’adapte aux arrondissements traversés, réduit considérablement la quantité d’acquisitions foncières à effectuer et prévient le clivage des quartiers. Cependant, si la solution aérienne s’avère concluante du point de vue du transport collectif et de son insertion au centre-ville, l’intégration représente son plus grand défi.

CDPQ Infra déploie tous les efforts nécessaires pour assurer une intégration réussie du réseau. Un comité d’experts indépendants et multidisciplinaires a été nommé par le gouvernement du Québec, et Lemay, une firme d’architecture de renom, a été mandatée pour définir la charte architecturale qui sera imposée dans l’appel d’offres du projet. La population sera également consultée en amont du lancement des travaux, afin que la structure aérienne dessinée par les experts puisse être socialement validée.

L’objectif présenté par l’organisation est que le REM de l’Est arbore une signature visuelle unique, inspirée des meilleures pratiques dans le monde. Le défi est important, mais sa réussite semble essentielle pour doter la métropole d’un nouveau lien de transport performant pour l’est. La section aérienne du REM de l’Est offrira également aux usagers des points de vue remarquables et lumineux sur le centre-ville de Montréal, sur les nombreux quartiers qu’il traversera, ainsi que sur le fleuve Saint-Laurent. Il procurera donc aux usagers une expérience unique en transport collectif.

Le projet du REM de l’Est représente bien les défis d’intégration auxquels plusieurs grandes villes font face. Se doter de structures extérieures de transport collectif comporte son lot de défis, mais permet de contribuer à bâtir efficacement une mobilité durable dans les prochaines décennies. Montréal peut saisir cette occasion pour faire figure de pionnière, en s’inspirant des meilleurs et en visant à faire encore mieux.

Consultations et dialogues avec les citoyens


CDPQ Infra entend bonifier le projet du REM de l’Est en maintenant un dialogue en continu avec les citoyens et les parties prenantes. Depuis le mois de mai et jusqu’en septembre 2021, plusieurs forums, tels que des séances d’information, des webinaires, des consultations publiques et une plateforme web interactive, sont offerts aux citoyens pour qu’ils puissent se prononcer. Pour conclure, notons qu’en 2022, le projet du REM de l’Est sera soumis à l’étude du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE). Les citoyens pourront à nouveau s’informer et s’exprimer à ce sujet dans le cadre de ce processus.



Pour en savoir davantage sur le REM de l’Est : www.cdpqinfra.com/fr/monrem

CDPQ Infra est l’une des seules organisations dans le monde à réunir la capacité financière et l’expertise technique pour concrétiser des mégaprojets d’infrastructures. Tant au Québec qu’à l’international, c’est toute la force de l’expertise de CDPQ Infra qui est mise à profit pour créer de nouvelles connexions et bâtir des projets réfléchis et durables. Ces projets de société sont pensés et réalisés pour les collectivités. 

Ce contenu a été produit par l’équipe des publications spéciales du Devoir en collaboration avec l’annonceur. L’équipe éditoriale du Devoir n’a joué aucun rôle dans la production de ce contenu.

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