Rapport sur l'indice de circularité de l'économie du Québec : un guide pour faire plus et faire mieux

Quelle est la performance du Québec en matière d’économie circulaire et quels gestes doivent être posés pour l’améliorer ? Le Rapport sur l’indice de circularité de l’économie du Québec, qui sera rendu public le 26 mai dans le cadre de la deuxième édition des Assises québécoises de l’économie circulaire de RECYC-QUÉBEC, répond à ces questions.

Initié par RECYC-QUÉBEC et produit en collaboration avec Circle Economy, une organisation dédiée à la promotion mondiale du concept de l’économie circulaire, le Rapport sur l’indice de circularité de l’économie du Québec vient tout juste de voir le jour. Cette analyse rigoureuse constitue une première référence pour les décideurs qui ont identifié la circularité comme un modèle d’affaires à privilégier pour assurer le développement pérenne du Québec.

Depuis 2018, Circle Economy dévoile son Circularity Gap Report (CGR) annuel lors du Forum économique de Davos. Le CGR évalue l’état de l’économie circulaire mondiale et identifie les leviers essentiels d’une transition vers cette nouvelle économie. Il dresse aussi un tableau des défis et des occasions qui se présentent aux pays et aux divers secteurs d’activité en matière de circularité. Produit à l’échelle mondiale et plus particulièrement pour l’Autriche, les Pays-Bas et la Norvège, ce document est réalisé pour la première fois en français sur un territoire à l’extérieur de l’Europe.
Comprendre et comparer la performance du Québec Le rapport applique à l’économie québécoise les indicateurs de mesure mondiaux en matière de circularité. Le résultat : une première base de référence, qui permet de se comparer à d’autres pays. L’étude permet également de déterminer les leviers essentiels pour assurer la transition vers la circularité au Québec.

Ainsi, le Rapport sur l’indice de circularité de l’économie du Québec cherche à analyser le flux des ressources naturelles (minéraux métalliques et non métalliques), de la biomasse (forêt, agriculture) et des combustibles fossiles à travers l’économie québécoise. L’objectif est de suivre le parcours de nos ressources tout au long des différentes phases du cycle économique : extraction ou importation, production, exportation ou usage local, fin de vie.

En gros, cette analyse permet d’identifier les ressources nécessaires à notre économie, la façon dont elles sont utilisées et les besoins auxquels elles répondent. Elle mesure en particulier les besoins en ressources qui sont comblés de façon circulaire, c’est-à-dire en récupérant les matières en fin de vie pour les réintégrer dans le cycle économique. Le portrait ainsi dressé met en évidence les interventions possibles dans nos secteurs économiques les plus importants, soit le transport, l’habitation et l‘agroalimentaire.

Le Rapport sur l’indice de circularité de l’économie du Québec est le fruit d’une collaboration entre des experts et intervenants provenant du milieu universitaire, du monde des affaires, de divers organismes et des gouvernements. C’est un formidable travail d’équipe, qui dresse un portrait précis de la circularité de notre économie.
Des chiffres qui parlent D’après la toute dernière édition du CGR (2021), l’économie mondiale est circulaire à hauteur de 8,6 % alors qu’on la souhaiterait plutôt à 17 %. Doubler la circularité à l’échelle mondiale aurait non seulement un impact majeur sur l’utilisation de nos ressources, mais cela réduirait aussi l’écart nous séparant de l’atteinte des objectifs de réduction des GES de l’Accord de Paris.

Le taux de circularité des Pays-Bas, exemplaire, est de 24,5 %, celui de la Norvège, seulement de 2,4 %, tandis que celui du Québec atteint 3,5 %. Un peu mieux que la Norvège, mais cela signifie tout de même que 96,5 % des ressources que l’on consomme ne sont pas réintégrées dans notre économie. C’est le fameux « gap », ou écart, dont le rapport tire son nom, qu’il faut combler de toute urgence. Les chiffres sont clairs : il reste beaucoup de travail à faire pour accroître la circularité de notre économie, qui devrait, d’après l’analyse, pouvoir atteindre 9,8 % au cours des prochaines années.

Le Rapport sur l’indice de circularité de l’économie du Québec constitue un point de départ – et un modèle de comparaison – pour aider les principaux acteurs des secteurs économiques et environnementaux, dont fait partie RECYC-QUÉBEC, à développer notre économie autrement.
Des pistes de réflexion pour passer à l'action L’ensemble des propositions contenues dans ce rapport permet d’envisager à moyen et à long terme une nette amélioration de la circularité de l’économie québécoise, d’autant plus que plusieurs initiatives gouvernementales actuellement en cours y contribuent déjà.

En adoptant de nouveaux comportements, en stimulant les économies locales, en réduisant nos dépendances aux économies extérieures et en priorisant des actions dans certains secteurs clés, il est possible d’augmenter la circularité de notre économie, ainsi que sa performance, dans le respect de l’environnement. Devant l’urgence climatique, le passage vers l’économie circulaire est de plus en plus considéré comme un élément clé de la transition énergétique du Québec.
Le Rapport sur l’indice de circularité de l’économie du Québec sera diffusé le 26 mai en marge des Assises québécoises de l’économie circulaire. 

Comment augmenter notre performance ?

Six scénarios sont recommandés dans le Rapport sur l’indice de circularité de l’économie du Québec.

1 - Intégrer la circularité dans la gestion et l’optimisation des matériaux, notamment dans le secteur de la construction
Concevoir des espaces plus petits nécessitant moins de ressources ; utiliser des matériaux naturels et légers ; augmenter l’efficacité énergétique résidentielle.

2 - Privilégier la consommation responsable
Réduire et remplacer les objets à usage unique par des produits réutilisables ou ayant moins d’impact sur l’environnement ; concevoir des biens de consommation faits pour durer ; lutter contre l’obsolescence et le fast-fashion ; recycler encore plus et encore mieux.

3 - Tendre vers une agriculture circulaire
Stimuler la production et l’alimentation locales et dépendre moins des exportations ; recycler les surplus agricoles en fourrage pour le bétail et utiliser son fumier comme engrais ; réduire le gaspillage alimentaire et redistribuer les denrées inutilisées ; changer nos habitudes de consommation alimentaire ; composter.

4 - Intégrer la circularité dans les processus d’approvisionnement publics ou gouvernementaux
Exiger dans les offres de service des produits longue durée fabriqués avec un maximum de matières recyclées ; s’assurer que les matériaux employés dans le bâtiment et les infrastructures puissent être réutilisés et stimuler par ces demandes l’innovation environnementale chez les fournisseurs.

5 - Intégrer la circularité dans le secteur manufacturier et les méthodes de fabrication
Optimiser la chaîne de production en substituant des matériaux recyclés aux matériaux neufs ; pratiquer la symbiose industrielle en transformant les rejets d’une entreprise en matières premières pour une autre ; créer de nouveaux marchés pour utiliser les matières résiduelles.

6 - Propulser sans attendre la mobilité verte
Concevoir des véhicules longue durée requérant un minimum de matériaux et se réparant facilement grâce à des pièces de rechange accessibles ; prôner l’innovation technologique plutôt que matérielle ; promouvoir le transport en commun ou partagé ; réduire les déplacements en temps et en longueur ; assurer la circularité des métaux rares utilisés dans la fabrication des véhicules électriques ; et, bien sûr, diminuer de façon importante les émissions de GES. 

Des actions concrètes

Plusieurs initiatives en cours affecteront positivement la circularité de notre économie dans les prochaines années, notamment le déploiement :

• Du plan d’action québécois 2019-2024 de gestion des matières résiduelles, incluant les importantes réformes des systèmes de consigne et de collecte sélective ;

• De la stratégie de valorisation de la matière organique ;

• Du plan pour une économie verte 2030 ;

• Du plan québécois pour la valorisation des minéraux critiques et stratégiques.

La circularité en chiffres

Produit à l’échelle mondiale et plus particulièrement pour l’Autriche, les Pays-Bas et la Norvège, ce document est réalisé pour la première fois en français à l’extérieur de l’Europe.

8,6 % Indice de circularité de l’économie mondiale

24,5 % Taux de circularité des Pays-Bas

2,4 % Taux de circularité de la Norvège

3,5 % Taux de circularité actuel du Québec

9,8 % Taux de circularité souhaité pour le Québec dans un horizon proche

96,5 % Ressources québécoises qui ne sont pas utilisées en boucle

271 millions Tonnes de ressources utilisées chaque année au Québec pour combler nos besoins

32 Tonnes de ressources utilisées par habitant chaque année au Québec

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